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INVESTITURE DE UMARO SISSOCO EMBALO


Le président déclaré vainqueur de la présidentielle bissau-guinéenne, Umaro Sissoco Embalo, a été investi hier, jeudi 27 février. L’homme a donc tenu parole. En effet, il avait annoncé l’événement par un message sur son compte Twitter personnel. Le lieu choisi pour abriter la cérémonie est une salle de réunions d’un hôtel de la place. Pour une investiture atypique, c’en est une. Et le qualificatif employé pour décrire l’événement se justifie pour trois raisons. La première est liée au canal utilisé pour annoncer ladite cérémonie. En effet, pour un événement d’une telle solennité, un compte twitter personnel n’est pas indiqué pour l’annoncer. Dans bien des pays où ce genre d’événements ont été déjà organisés, ce sont généralement les canaux officiels d’informations de l’Etat qui tiennent informé le public. Et c’est le protocole d’Etat qui est à la manœuvre . Le deuxième élément qui justifie le caractère atypique de cette investiture, est lié à l’endroit où elle s’est tenue. Généralement, en Afrique, les investitures se déroulent dans des lieux emblématiques ou symboliques. En tout cas, elles se tiennent rarement en des endroits mondains comme ce fut le cas, hier, à Bissau. En effet, c’est dans une salle de réunions d’un hôtel que les charges et les attributs de chef de l’Etat ont été confiés à Umaro Sissoco Embalo. Le troisième et dernier élément qui confère à l’investiture de Umaro Sissoco Embalo, son caractère singulier, est lié à ceci. C’est la Cour suprême qui devrait, en principe, piloter les choses.

On peut craindre que les choses se terminent mal .

Dans le cas présent, c’est une frange du parlement qui a donné son quitus pour que la cérémonie se tienne. Et cela est révélateur de la tension qui existe entre la Cour suprême et la Commission nationale électorale. En effet, l’institution judiciaire, deux mois après la tenue de l’élection, a toujours tenu un langage équivoque à propos des résultats au point que les populations ne savent plus finalement à quel juriste se vouer pour éclairer leur lanterne. Tout ce que l’on sait, c’est que la Commission nationale électorale a confirmé, pour la quatrième fois, la victoire de Umaro Sissoco Embalo. La dernière date seulement du 25 février dernier. Nonobstant cela, la Cour suprême reste inflexible : elle exige encore et toujours la vérification des procès-verbaux du scrutin. Il est fort probable donc qu’elle ne reconnaisse pas l’investiture, telle qu’elle s’est déroulée hier. En tout cas, cette cérémonie est venue en rajouter à l’imbroglio. Et dans un pays comme la Guinée-Bissau, l’on peut craindre que les choses se terminent mal ce d’autant plus que le candidat malheureux est toujours dans la logique de la contestation de la victoire de Umaro Sissoco Embalo. En tout cas, hier, régnait autour de l’hôtel Azalaï, à Bissau, une atmosphère tendue qui n’augure rien de bon pour le pays.

Pousdem PICKOU


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