HomeA la uneMANIFS AUX ETATS-UNIS ET EN AFRIQUE CONTRE LA GUERRE EN IRAN : Trump l’a cherché, il l’a trouvé

MANIFS AUX ETATS-UNIS ET EN AFRIQUE CONTRE LA GUERRE EN IRAN : Trump l’a cherché, il l’a trouvé


Le 28 mars dernier, des millions de personnes ont envahi les rues aux Etats-Unis et dans plusieurs capitales africaines pour dire non à la guerre, non à l’arbitraire et non aux conséquences économiques et humaines déjà catastrophiques de l’intervention de Donald Trump en Iran, menée en étroite coordination avec son allié de toujours, Benjamin Netanyahu. Une part croissante de l’opinion américaine rejette l’idée d’une guerre perçue comme servant avant tout les intérêts d’un allié stratégique, en l’occurrence Israël, sans objectif clair pour les Etats-Unis eux-mêmes.

 

 

Aux Etats-Unis, les engagements militaires mal maîtrisés se paient dans les urnes

 

 

L’absence de cap précis, conjuguée au souvenir encore vif des conflits passés (Irak, Libye, Afghanistan et Syrie) alimente une inquiétude grandissante chez de nombreux Américains, qui n’y voient plus une démonstration de puissance, mais un gaspillage coûteux, tant sur les plans humains que financier, pour des résultats jugés, au mieux incertains, au pire désastreux. Les manifestants du week-end ont clairement mis en cause deux logiques politiques, celle de l’interventionnisme brutal du Premier ministre israélien, et celle d’un véritable gangstérisme international incarné par le président américain. Tous ont dénoncé l’érection de la loi du plus fort en principe, ainsi que les conséquences économiques et humaines dévastatrices de ces bombes et missiles qui s’abattent sans relâche sur le Moyen-Orient depuis le 28 février. Le coût astronomique des opérations, conjugué à l’impopularité croissante de cette nouvelle aventure de l’armée américaine dans cette région inflammable du globe, pourrait compromettre l’avenir politique de Donald Trump, réduire son soutien électoral et transformer un pari stratégique en fiasco historique. Aux Etats-Unis, comme chacun le sait, les engagements militaires mal maîtrisés se paient dans les urnes, surtout lorsqu’ils affectent directement le niveau de vie des citoyens. Certes, l’Iran, bien qu’il ne soit pas un adversaire marginal, ne remportera probablement pas cette guerre sur le plan militaire. Mais il peut, en revanche, rendre toute victoire de Trump et Netanyahu incertaine, coûteuse et politiquement toxique, à quelques mois des élections législatives en Israël et des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Mais au-delà des enjeux économiques et électoraux, les manifestants de samedi ont exprimé une inquiétude supplémentaire : celle d’un durcissement de la politique migratoire américaine, susceptible de fermer les frontières aux victimes collatérales du conflit. Un paradoxe, dès lors que ces mêmes autorités pourraient refuser d’accueillir ceux qui fuient les conséquences de l’instabilité qu’elles contribuent à créer dans le Golfe persique. Les Africains qui ont battu le pavé, samedi dernier, notamment au Sénégal ont mis en garde les autorités américaines contre cette éventualité.

 

Le président Trump ferait mieux d’entendre les cris d’alerte et de détresse qui fusent de toutes parts

 

Ils semblent d’autant plus déterminés à faire entendre leurs voix que la guerre rapide et décisive promise par Trump, pourrait se muer en un bourbier interminable, laissant derrière elle des infrastructures énergétiques en ruines et des populations encore plus plongées dans la précarité, et donc plus enclines à migrer vers l’eldorado américain.  Le président Trump ferait donc mieux d’entendre les cris d’alerte et de détresse qui fusent de toutes parts. Chaque bombe larguée sur l’Iran, chaque dollar gaspillé, chaque vie brisée poussent des populations à l’exil et, ce faisant, accentuent sa vulnérabilité électorale. S’il continue d’ignorer les avertissements ou de feindre l’indifférence, il s’expose à une catastrophe personnelle dont peu le plaindront : beaucoup diront simplement que le malheur qu’il subit est celui qu’il a lui-même semé, ou qu’à force de le chercher, il l’a trouvé.

 

« Le Pays »

 


No Comments

Leave A Comment