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MISE AU POINT D’UN VACCIN CONTRE LE PALUDISME

Le salut viendra-t-il de Nanoro au Burkina Faso ?

C’est un immense espoir qu’a suscité la sortie du professeur Adrian Hill de l’Université d’Oxford, vendredi dernier, sur la mise au point du vaccin le plus efficace à ce jour, contre le paludisme. Les chercheurs de cette prestigieuse université britannique et leurs partenaires de l’Unité de recherche clinique de Nanoro au Burkina Faso, ont, au terme d’un essai clinique  réalisé au pays des Hommes intègres, révélé que ce nouveau vaccin au nom rébarbatif de R21/Matrix-M, a atteint une efficacité record de 77%, avant d’ajouter que son homologation par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et sa commercialisation dans les deux ou trois prochaines années pourraient sonner le glas de la maladie parasitaire la plus courante et la plus meurtrière en Afrique. Cette information fera certainement date, notamment en Afrique au sud du Sahara où le paludisme fait plus de 400 000 morts par an dont majoritairement des enfants en bas âge. Honneur donc à tous ces chercheurs dont les résultats permettront de réduire considérablement la charge mondiale de morbidité palustre, et ‘’youyou’’ aux parents des 450 enfants du Burkina qui ont servi de cobayes en 2019, alors que le pays est connu pour être l’un des plus vaccino-sceptiques du continent. On espère qu’il y aura autant d’entrain et d’enthousiasme à l’occasion de la dernière étape du test prévue dans les mois à venir, et au cours de laquelle 4800 enfants dans 4 pays différents  recevront, par voie vaccinale,  les antigènes appelés à déclencher une réponse immunitaire visant à éliminer les parasites, notamment le fameux plasmodium falciparum qui est l’agent de la forme la plus nocive du paludisme.

 

L’espoir de voir les scientifiques bouter le parasite hors de notre continent est permis

 

En attendant que les résultats définitifs de ces recherches rondement menées par les experts d’Oxford et de Nanoro viennent mettre définitivement fin aux « crimes contre l’humanité » impunément perpétrés depuis des décennies par la femelle du moustique, nous devons rester sur nos gardes, en appliquant les mesures préventives recommandées que sont l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation intra- domiciliaire de produits à effet rémanent. Ces mesures sont d’autant plus salvatrices qu’elles sont, à ce jour, les seules susceptibles de nous protéger efficacement contre la piqûre de l’anophèle qui transmet le palu, surtout quand on sait « qu’il est plus facile d’attraper les oreillons par contagion qu’un moustique au lasso par occasion et par surprise », pour reprendre la célèbre formule de Pierre Dac. Pour autant, l’espoir de voir les scientifiques bouter le parasite hors de notre continent, est permis avec les dernières avancées sur le terrain de la prévention, qui font quelque peu oublier tous les résultats mitigés enregistrés en la matière depuis la découverte de la maladie en 1880 par le médecin militaire français, Alphonse Laveran. C’est donc le compte à rebours qui a ainsi commencé pour cette championne du monde de la mortalité infantile, et tout indique que nous chanterons dans un avenir proche, son requiem, comme on l’avait fait pour des maladies tout aussi dévastatrices que sont la peste et le typhus. En tout état de cause, la communauté scientifique chapeautée par l’Organisation mondiale de la Santé et les millions de paludéens potentiels d’Afrique noire et d’Asie du Sud-Est, devront une fière chandelle à l’Université d’Oxford et au Burkina Faso à travers ses Unité et Institut de Recherche sis à Nanoro et à Bobo-Dioulasso, pour avoir permis la mise au point de ce vaccin dont les résultats dépassent déjà les attentes, et dont l’avantage par rapport aux précédents est qu’il peut être produit massivement et à moindre coût, au grand bonheur de tous ceux qui en ont besoin.

 

 

Hamadou GADIAGA

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