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MORT DE 13 SOLDATS FRANÇAIS AU MALI


Le 25 novembre 2019 restera une date noire dans l’histoire de l’armée française. En effet, ce jour-là, treize soldats français trouvaient la mort dans  le crash de deux hélicoptères de combat entrés en collision, lors d’une opération complexe menée contre des groupes terroristes au Sahel. Après les premiers moments d’émotion, et malgré les explications de l’Etat-major général des Armées françaises, l’heure est toujours aux interrogations. Et la première question qui taraude bien des esprits, est la suivante : que s’est-il réellement passé sur le théâtre des opérations,  pour qu’on en arrive à un tel drame qui pèse non seulement par la lourdeur des pertes en vies humaines, mais aussi par l’importance des dégâts matériels ? Bien malin qui saurait répondre à cette question. Mais aussi dramatique que soit la situation, la thèse de l’accident paraît de loin la plus rassurante. Car, si ce drame devait être la résultante d’un haut fait de guerre de l’ennemi,  il y aurait de quoi s’inquiéter davantage.

Ce drame est pain-bénit pour les terroristes qui pourraient chercher à en tirer des dividendes à des fins de propagande

 

En effet, cela pourrait vouloir dire que les terroristes disposent d’une force de frappe beaucoup plus redoutable qu’elle n’y paraît.  Car, tant qu’il s’agit de nos armées sous-régionales, on peut toujours tenter d’expliquer les différents revers subis par le manque de formation adéquate de nos combattants d’une part,  et par l’insuffisance voire l’inadéquation du matériel de guerre, d’autre part. Des arguments que l’on ne peut pas brandir dans le cas de la France qui, quoi qu’on dise, a non seulement une expérience avérée dans la guerre contre le terrorisme dans le monde, mais aussi a déjà fait ses preuves sur des théâtres d’opération autrement plus dangereux, comme en Afghanistan, par exemple. C’est pourquoi, au-delà des questionnements sur les circonstances exactes du drame, l’on peut aussi s’interroger sur ses conséquences dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Entre une opinion nationale de plus en plus critique face aux pertes en vies humaines de soldats français, avec des voix qui s’élèvent de plus en plus pour demander le retrait des forces françaises du Sahel,  et un défi sécuritaire qui, à l’épreuve du terrain, s’annonce de plus en plus lourd à supporter financièrement, Paris va-t-elle changer de paradigme ou renforcera-t-elle plutôt son engagement dans la lutte contre les forces du mal dans cette partie de la planète ? En attendant d’y voir clair, on peut déjà se convaincre que ce drame est pain-bénit pour les terroristes qui pourraient chercher à en tirer des dividendes à des fins de propagande. L’autre conséquence de ce drame est que dans le feu de l’action, non seulement l’étau à pu se desserrer autour des terroristes, mais aussi c’est une tragédie qui pourrait  freiner, dans l’immédiat et pour un moment, l’élan des forces françaises dans une opération qui aurait pu porter un coup mortel à la bête immonde, et réduire considérablement la voilure des groupes terroristes qui ne cessent de semer la mort et la désolation dans ladite région.

En protégeant le Sahel, la France se protège elle-même. Et l’Europe avec.

 

 

En outre, l’on peut se demander combien de temps on mettra encore pour monter à nouveau une telle opération d’envergure, quand on sait que les terroristes qui sont toujours à la recherche de nouvelles cachettes, ont une capacité de mobilité très rapide. Car, si « chat échaudé craint l’eau froide », un terroriste prévenu en vaut aussi deux. En tout état de cause, la seule issue pour espérer venir à bout de l’hydre est de continuer le combat sur le terrain, malgré le lourd tribut payé par nos armées. Et si l’on peut comprendre la douleur et l’amertume des Français dont certains  demandent le retrait de leurs forces du Sahel, l’on est aussi porté  à croire qu’un éventuel retrait de la France ne mettrait pas plus les populations françaises à l’abri des forces du mal. Car, si les terroristes arrivent à annexer le Sahel et à s’y sanctuariser, ce serait pour en faire leur base pour mieux attaquer l’Occident. C’est dire si en protégeant le Sahel, la France se protège elle-même. Et l’Europe avec. C’est pourquoi plus tôt on ira à l’opérationnalisation de la force Takuba, du nom des forces spéciales de plusieurs pays européens censées venir renforcer l’existant sur le terrain, mieux cela vaudra.  Il y va de l’intérêt de tous.

 

 « Le Pays »


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