HomeA la uneNOUVEAU NAUFRAGE DE MIGRANTS EN MER AU LARGE DE DJIBOUTI : Le mal est aussi profond que l’océan

NOUVEAU NAUFRAGE DE MIGRANTS EN MER AU LARGE DE DJIBOUTI : Le mal est aussi profond que l’océan


Nuit sombre que celle du 8 au 9 octobre dernier, qui a vu le naufrage d’une embarcation de fortune au large de Djibouti. Le bilan provisoire fait état d’au moins cent trente-neuf morts et près d’une centaine de portés disparus. Le drame s’est produit lorsque le navire qui transportait plus de trois cents personnes en route pour le Yémen, a chaviré à quelques encablures des côtes djiboutiennes. Une nouvelle tragédie qui vient s’ajouter à la longue liste des naufrages de migrants en mer, et qui interpelle sur un phénomène qui perdure s’il ne prend pas de l’ampleur, malgré les risques encourus. Et chaque année, cette route migratoire qui passe par la Corne de l’Afrique en direction des pays du Golfe via le Yémen, enregistre de nombreux candidats à ce voyage périlleux qui a fait plus de neuf cents morts pour la seule année 2025, selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations.

 

La réussite de la traversée n’est pas une garantie au bout de l’effort

 

 Il en est de même pour l’axe de la méditerranée régulièrement pris d’assaut par des vagues entières de migrants à la recherche d’un hypothétique eldorado sur le Vieux continent. Et ce, au péril de leur vie, dans une envie de partir qui reste toujours plus forte que la peur de mourir. C’est dire si le mal est profond. Aussi profond que l’océan qui, tel un démon insatiable, finit souvent par engloutir beaucoup de ces pauvres-hères qui prennent parfois des risques inconsidérés dans leur envie irrépressible de se retrouver de l’autre côté de la mer. Comme si leur vie en dépendait. Ou encore comme s’ils ne pouvaient pas se réaliser chez eux. Mais entre difficultés économiques et sociales, instabilité politique, conflits armés, conditions climatiques parfois hostiles, les causes sont nombreuses et connues. Mais les conséquences restent aussi lourdes que dramatiques pour la grande masse de ces migrants qui n’arrivent pas à réaliser le rêve de cette traversée. Quand ils ne meurent pas de faim ou de soif dans les sables chauds du désert, c’est la mer qui finit par être le tombeau de bien de ces infortunés qui doivent déjà survivre aux éprouvantes conditions du voyage et aux mauvais traitements de passeurs véreux. C’est dire si la réussite de la traversée n’est pas une garantie au bout de l’effort. Au contraire, entre politique de refoulement systématique aux frontières et durcissement des conditions d’entrée dans les pays d’accueil, les chances de succès paraissent bien minces. Mais cela n’entame pas la détermination de ces personnes à faire le grand saut, après avoir consenti d’énormes sacrifices pour réunir l’argent du voyage, parfois avec le concours de la famille. Et c’est là toute la problématique de ce phénomène qui a la peau dure et qui nécessite une approche holistique afin d’en déterminer les tenants et les aboutissants, en vue de solutions durables et pérennes.

 

Démantèlement d’un autre camp de migrants, en prélude à la visite du couple royal espagnol ce 13 octobre 2026

 

 Autrement, les mêmes mesures cosmétiques continueront de produire les mêmes effets d’afflux massif de migrants à certains points névralgiques de passage, comme c’était récemment encore le cas à Ceuta. Du nom de cette enclave espagnole située à la lisière du Maroc, où les autorités de Madrid ont procédé, pas plus tard que le 11 octobre dernier, au démantèlement d’un autre camp de migrants, en prélude à la visite du couple royal espagnol ce 13 octobre 2026. Toujours est-il qu’au-delà des tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid, cette visite royale sur fond de fermeture de camps de réfugiés, est comparable à un cautère sur une jambe de bois. D’autant plus que l’on peut douter que de telles mesures superficielles et provisoires puissent contribuer à soigner un mal aussi profond. C’est dire l’immensité du défi que constitue cette crise migratoire qui pousse des millions de personnes à quitter leur pays d’origine, à la recherche de meilleures conditions de vie ailleurs. Et le continent africain est d’autant plus touché que le manque d’opportunités d’emploi pour la jeunesse et les inégalités économiques et sociales, poussent de nombreuses personnes à tenter l’aventure pour aller chercher fortune ailleurs. Et ce, dans un contexte où les inégalités économiques croissantes, les instabilités politiques, les conflits armés et la mauvaise gouvernance restent autant de raisons de départ pour ces personnes en manque total de perspectives. Pour en revenir au drame du 9 octobre dernier, au nombre des victimes, on compte des femmes et des enfants. Et c’est une situation qui doit beaucoup interpeller.

 

« Le Pays »

 


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