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NOUVELLE   MOBILISATION DU PEUPLE SOUDANAIS CONTRE LE GENERAL AL-BURHAN

 Déterminé…jusqu’à la mort!  

Le 30 novembre 2021 était un jour de nouvelle mobilisation au Soudan, contre le coup d’Etat du 25 octobre dernier perpétré par le général Al-Burhan contre la transition. Un rassemblement de tous les dangers, d’autant que les révolutionnaires avaient  décidé de se diriger vers le palais présidentiel.  Et ce, une semaine seulement après l’accord secret et controversé signé entre le chef de la junte et le Premier ministre Abdallah Hamdock pour le rétablissement de ce dernier à son poste de chef du gouvernement. Le fer de lance de la contestation est la société civile soudanaise appuyée des comités de résistance auxquels se sont joints de nombreux partis politiques et l’organisation des martyrs de la révolution, pour une nouvelle « marche du million ». Et ce, malgré la répression et la quarantaine de morts déjà enregistrés dans ses rangs, depuis le début de la contestation. C’est dire toute la détermination du peuple soudanais à s’opposer au pouvoir kaki qui l’a tenu en servitude pendant plus d’un demi-siècle et aujourd’hui incarné par le général al-Burhan qui continue de concentrer l’essentiel du pouvoir entre ses mains, au grand dam de ses compatriotes mobilisés dans la rue.

 

Jusqu’où ira le bras de fer entre le peuple et la junte au pouvoir à Khartoum ?

 

Même le rétablissement du Premier ministre civil à son poste, n’a pas suffi à désamorcer la crise encore moins à faire baisser la tension. Au contraire, en raison de son accord foireux passé avec le général putschiste pour regagner la primature, Abdallah Hamdock est aujourd’hui qualifié par les croquants de traître qui « est descendu des épaules du peuple qui le portait pour monter dans un char de l’armée ».  Le moins que l’on puisse dire, c’est que le peuple soudanais ne veut pas se laisser détourner de son objectif. Si fait que malgré la répression barbare du pouvoir, il reste non seulement lucide, mais semble aussi prêt au sacrifice suprême dans  son combat pour le changement. Celui de se défaire une fois pour toute, de la férule des militaires qui, visiblement, se plaisent tellement au pouvoir qu’ils n’entendent pas retourner dans leurs casernes. Pourtant, Dieu seul sait, et avec lui le peuple soudanais qui porte sa croix et souffre le martyre depuis des décennies, si ces derniers sont loin de répondre aux aspirations  des populations. C’est dire si à travers ces manifestations, c’est dans une véritable « guerre » d’émancipation  que le peuple soudanais est engagé contre ses propres dirigeants. Un combat de longue haleine qui ne semble pas pouvoir venir à bout de la résistance et de la résilience des manifestants qui restent focalisés sur leur objectif. La question que l’on pourrait se poser est de savoir jusqu’où ira le bras de fer entre le peuple et la junte au pouvoir à Khartoum. La question est d’autant plus fondée que le général al-Burhan et ses frères d’armes sont conscients de jouer, quelque part, leur survie politique, alors qu’ils ne semblent pas enchantés par l’idée de devoir subir le même sort que leur mentor, Omar el-Béchir, s’ils venaient à perdre le pouvoir.

 

Aucun dictateur, aussi puissant soit-il, n’est jamais sorti vainqueur d’un bras de fer engagé avec un peuple déterminé

 

C’est dire si les chances sont grandes de les voir résister jusqu’au bout, tout en essayant d’user du bâton et de la carotte pour desserrer l’étau. C’est sans doute ce à quoi répondent les libérations de prisonniers, qui se sont poursuivies toute la semaine, en raison de l’accord passé avec le Premier ministre. Mais le peuple soudanais n’est pas dupe. Il sait faire la différence entre des mesures cosmétiques visant à briser sa lutte et une réelle volonté de faire droit à ses revendications. Et la position du Premier ministre Abdallah Hamdock est d’autant plus inconfortable que le peuple ne se reconnaît pas dans ses accords passés avec la junte pour être rétabli dans ses fonctions. C’est dire si au lieu d’être la solution, il est lui-même devenu un problème supplémentaire dans la crise de confiance entre le peuple soudanais et les putschistes du 25 octobre dernier. C’est le lieu de dénoncer l’attitude de la communauté internationale qui semble avoir abandonné le peuple soudanais entre les mains de ses bourreaux. Autrement, comment comprendre qu’elle tende à se satisfaire du rétablissement du Premier ministre Hamdock dans ses fonctions quand bien même ce geste n’a pas gré aux yeux du peuple soudanais qui continue de demander le départ pur et simple des militaires du pouvoir ? C’est dire si les Soudanais ont raison de ne pas compter sur la communauté internationale. Ils ont compris la nécessité de compter d’abord sur leurs propres forces s’ils veulent avoir gain de cause dans ce bras de fer qui les oppose à la junte au pouvoir à Khartoum.  Tout le mal qu’on leur souhaite, c’est que le sacrifice du sang versé de leurs martyrs, ne soit pas vain.  En tout état de cause, l’histoire nous enseigne qu’aucun dictateur, aussi puissant soit-il, n’est jamais sorti vainqueur d’un bras de fer engagé avec un peuple déterminé. C’est dire si le peuple soudanais est sur la bonne voie, pour peu qu’il ne baisse pas les bras.

 

 « Le Pays »

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