PLAINTE POUR BLANCHIMENT CONTRE DES PROCHES DU PRESIDENT DE LA RDC : Cet autre caillou dans le soulier de Félix Tshisekedi
Alors qu’un nouveau front dirigé par son prédécesseur Joseph Kabila, s’est récemment ouvert contre lui, et qu’il n’en a pas fini avec les rebelles de l’AFC/M23 qui sont en train de lui pourrir le mandat dans l’Est du pays où la situation sécuritaire reste délétère, le président congolais, Félix Tshisekedi, est en passe, si ce n’est déjà fait, d’être englué dans une affaire dont il aurait aimé se passer. Une affaire qui est loin d’être nouvelle en Afrique et qui, du Gabon des Bongo à la Guinée équatoriale des Obiang en passant, entre autres, par le Congo de Denis Sassou Nguesso, a défrayé la chronique en raison de l’implication présumée de proches de ces dirigeants africains, dans des affaires dites de « biens mal acquis ».
Cette affaire tombe très mal pour Félix Tshisekedi
Des patrimoines faramineux composés de biens meubles et immeubles souvent bâtis en Europe et qui font d’autant plus scandale qu’ils sont présentés comme le fruit de la corruption et de détournements de fonds publics. Des actes hautement répréhensibles qui ont fait l’objet de plaintes contre plusieurs clans présidentiels africains, notamment en France, et qui restent pendantes devant la Justice sur le Vieux continent. Et c’est ce qui semble arriver au président congolais, Félix Tshisekedi, dont des résidences appartenant à des membres de sa famille, ont fait l’objet de perquisitions en Belgique. C’était le 14 octobre dernier. Des actes qui font suite à une plainte déposée par une Organisation non gouvernementale (ONG), en juillet 2025, devant la Justice fédérale belge, contre des proches du président congolais épinglés dans un rapport dénonçant le pillage des ressources minières du Katanga et soupçonnés de blanchiment. Au total, une dizaine de personnes sont mises en cause, au nombre desquelles le frère, la mère et l’épouse du chef de l’Etat. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire tombe très mal pour le célèbre chauve du palais de la Nation de Kinshasa, qui accumule les tuiles sur son crâne dégarni. Et à la crise sécuritaire persistante à l’Est qui met déjà le pays à mal, est venue s’ajouter une crise sanitaire d’ampleur avec la résurgence de l’épidémie d’Ebola qui est encore loin d’être maîtrisée. Si l’on ajoute à cela les tensions politiques liées aux velléités supposées ou réelles du chef de l’Etat de tripatouiller la Constitution pour prolonger indûment son bail à la tête de l’Etat, l’on comprend que cette affaire est un autre caillou dans le soulier de Félix Tshisekedi. Et elle pourrait d’autant plus le gêner aux entournures que même s’il n’est pas directement cité, il s’agit tout de même de parents très proches qui sont mis en cause pour des faits présumés de « corruption, détournement et infractions pénales financières », selon la Justice belge. Des faits graves, de nature à mettre en doute la probité morale et la crédibilité des mis en cause, et qui apportent de l’eau au moulin des contempteurs du chef de l’Etat qui l’accusent d’avoir trahi la cause du peuple.
C’est le lieu de tirer le chapeau à toutes ces organisations engagées dans la lutte contre la corruption internationale
Et d’être plus préoccupé par la question du fameux troisième mandat dont ils lui prêtent l’intention, qu’à trouver des solutions aux problèmes des Congolais. Toujours est-il que cette plainte qui vise certains de ses proches, n’est pas pour arranger les affaires de Félix Tshisekedi. Car, de l’opposition au pouvoir où il est parvenu, il ne peut pas avoir dénoncé la mal gouvernance de ses prédécesseurs pour se voir reprocher les mêmes inconduites aujourd’hui. Encore moins se retrouver dans l’engrenage d’une affaire de prévarication des ressources publiques et d’enrichissement illicite, qui contribue à ternir son image et à affaiblir son pouvoir. Quoi qu’il en soit, il faut se féliciter que la Justice belge se montre compétente pour connaître d’une telle affaire qui aurait eu peu de chances d’aboutir en RDC. Reste à espérer qu’elle saura tirer cette affaire au clair, pour situer les responsabilités des uns et des autres qui revendiquent aussi la nationalité belge. Et qui croyaient trouver dans la capitale de l’ancienne puissance coloniale, un lieu sûr pour camoufler les fruits de leurs rapines. C’est le lieu de tirer le chapeau à toutes ces organisations engagées dans la lutte contre la corruption internationale et la traque des biens mal acquis de dirigeants africains. Car, d’Est en Ouest du continent noir et du Nord au Sud, ils sont nombreux à se servir du peuple comme marchepied pour parvenir au pouvoir qui devient dès lors comme un legs familial ou une rente viagère. Il faut que ça change !
« Le Pays »