HomeOmbre et lumièrePOSTES DE PEAGE AU BURKINA FASO : Les agents en sit-in du 31 mai au 3 juin

POSTES DE PEAGE AU BURKINA FASO : Les agents en sit-in du 31 mai au 3 juin


Le mardi 31 mai 2016, les usagers et riverains des routes nationales du Burkina Faso ont assisté à une situation inhabituelle. Les agents des postes de péage sont en sit-in et ce, jusqu’au 3 juin, de 8h à 12h. Pour savoir ce qu’il en est, nous nous sommes déportés à un poste de péage pour constater de visu la situation.

 

Il est 10h au poste de péage de la RN1, route de Bobo-Dioulasso, à la sortie de Ouagadougou, ce mardi 31 mai 2016. A ce poste, c’est un mardi pas comme les autres. En effet, tous les guichets de péage sont fermés, les barrières levées et les agents, en petits groupes, regardent les véhicules passer. Arrivés au niveau du guichet, comme d’habitude, les usagers ralentissent pour prendre le ticket de péage, mais hélas, ils constatent que le guichet est fermé. Ou bien c’est un agent du péage qui, par de grands gestes et sourire aux lèvres, les incite à passer. Après hésitation, les usagers concernés  accélèrent et les voilà partis sans s’acquitter de leur obligation. Et il en sera ainsi tous les jours pour tous les usagers empruntant les routes nationales. Ce, de 8h à 12h, du 31 mai au 3 juin 2016. Pourquoi cette situation ? « Depuis le 6 août 2015, nous avons déposé notre plateforme revendicative auprès du directeur général du Trésor et de la comptabilité publique et jusqu’à ce jour, aucun point de la plateforme n’a été traité. C’est la raison pour laquelle nous sommes en sit-in », a répondu Hubert Sawadogo, Coordonnateur général des comités CGTB péages que nous avons rencontré sur place. Et quels sont les points essentiels de cette plateforme ?  « L’annulation de la privatisation du péage et l’intégration des agents dans la Fonction publique parce que nous ne pouvons pas travailler à renflouer les caisses de l’Etat alors que nous ne bénéficions pas des avantages de cette caisse. C’est une injustice qu’il faut réparer », nous confie Hubert Sawadogo. Il poursuit : « nous demandons l’annulation parce que toute les prévisions assignées aux différents postes de péage sont atteintes ou même dépassées chaque année. Donc, il n’y a pas de raison de privatiser le péage. En fait, la privatisation est un risque pour nous, parce que nous ne voulons pas perdre nos emplois ».

Le sit-in des agents du péage occasionnera certainement des pertes financières. En témoigne le nombre de véhicules, toutes catégories, qui ont traversé le poste de péage de la RN1 en moins de 30 mns. Dans l’un de ces véhicules, se trouvait un usager en partance pour Bobo-Dioulasso, qui a souhaité garder l’anonymat. Pour lui, « ne pas s’acquitter du droit de passage lui permet d’économiser. Mais, il ne cautionne le sit-in que si les revendications des agents des postes de péage sont justes et fondées ».

L’arrêt de travail momentané au niveau des guichets de péage provoque des pertes collatérales. En effet, les petits commerçants, qui profitent des arrêts momentanés des cars de transport de personnes et des véhicules de particuliers  pour présenter leurs marchandises, disent ressentir l’effet du sit-in parce qu’ils ont du mal à écouler leurs marchandises. Peut-être qu’ils ne sont pas encore au bout de leurs peines, parce que Hubert Sawadogo a affirmé que : «  Si après le sit-in nous ne sommes pas entendus, nous passerons à la vitesse supérieure, à savoir la grève ».

 

Françoise DEMBELE

 

 


Comments
  • Juste un prétexte pour se faire récompenser après par les chauffeurs en guise de gratitude. Pourront-ils bien renouer après, même dans la satisfaction? C’est dur les cicatrices .

    3 juin 2016

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