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PROBLEMATIQUE DES EMBUSCADES ET DES ENGINS EXPLOSIFS IMPROVISES  

Quel antidote ?

Les attaques terroristes au Sahel en général et au Burkina en particulier,  ont consisté, au début du phénomène, en des assauts contre des camps militaires, des brigades de gendarmerie et des commissariats de police. Très vite et par bonheur, la parade a été, peut-on dire, trouvée si fait que des cibles de cette nature sont devenues pratiquement inexpugnables. Résultats, les forces du mal ont changé de mode opératoire. Depuis un certain temps, en effet, leurs armes principales sont les embuscades et les EEI (Engins explosifs improvisés). En anglais, on les appelle des IED (Improvised Explosive Device). Pas plus tard que le 12 septembre dernier, des éléments de la gendarmerie nationale sont tombés dans une embuscade tendue par des individus armés non identifiés, entre Sakoani et Matiacoali sur l’axe Kantchari-Fada N’Gourma. Le bilan humain est de quatre (4) éléments tués,  de quelques blessés et de portés disparus. Des événements de ce genre, malheureusement, sont de plus en plus fréquents. Et chaque jour que Dieu fait, ils endeuillent la Nation et plongent des familles dans la désolation. De ce point de vue, il urge de trouver à la problématique des embuscades et des engins improvisés, un antidote. Cela peut être envisagé à deux niveaux. Le premier niveau est le niveau macro. Premièrement, le gouvernement doit faire en sorte que l’Etat occupe militairement et administrativement le territoire. Ne dit-on pas, à juste titre, que la nature a horreur du vide ? Le lieu où s’est produite l’attaque du 12 septembre dernier en est l’illustration parfaite : des distances de plus de quatre- vingts (80) kilomètres entre les localités, aucune présence de l’autorité, ni même de population. Certes, le gouvernement semble avoir perçu le problème. Car, récemment, il a projeté de créer de nouvelles entités administratives et militaires.

 

 

On peut exhorter les Burkinabè à se mettre debout pour aider à trouver la parade

 

Et sauf erreur ou omission de notre part, Diapaga a été retenue dans ce cadre. Il faut absolument s’affranchir des lenteurs administratives endémiques pour faire de cette promesse, une réalité, et cela, dans les meilleurs délais. Par ailleurs, toutes les intelligences du pays (militaires comme civiles) doivent être mises à contribution pour endiguer les EEI et les embuscades. Et c’est l’Etat qui a le devoir de les mettre en synergie pour atteindre les effets escomptés. Et l’on a pas besoin de crier sur tous les toits, une telle initiative. Les réseaux sociaux doivent avoir le même souci de la discrétion. Car, il est absurde de tenir informé l’ennemi, que l’on est en train de s’organiser pour mieux combattre. Le second niveau où il faut agir, est en lien avec les populations. Il est vrai qu’elles collaborent déjà avec les Forces de défense et de sécurité. Mais, elles doivent davantage le faire pour briser les reins des terroristes. A cet effet, il faut renforcer et innover le système de renseignement. C’est cette stratégie, par exemple, qui a permis à l’armée révolutionnaire du Vietnam de vaincre la première puissance militaire du monde, c’est-à-dire les Etats-Unis. A ce propos, il faut retenir que durant cette guerre de libération, les forces de Hô Chi Minh, en plus du renseignement, ont jeté leur dévolu sur les embuscades et les engins explosifs improvisés. Et dans une guerre asymétrique, comme c’est le cas aujourd’hui dans notre pays, il pourrait être intéressant que les forces régulières s’essayent aux techniques des embuscades et des EEI pour faire davantage mal aux terroristes. Il faut également initier les populations aux techniques de déminage. Cela, semble-t-il, n’est pas si sorcier que cela. En tout cas, plus on tiendra les populations dans l’ignorance, plus l’on réduira nos chances de venir à bout du problème des engins explosifs improvisés. L’on doit d’autant plus aller dans ce sens que les populations des zones rurales ont déjà payé un lourd tribut aux engins explosifs improvisés. C’est le cas de ces pauvres femmes et enfants qui ont déjà sauté sur les EEI avec leurs charrettes, en partance ou de retour des champs. A défaut de les initier aux techniques de déminage, on peut leur donner des rudiments susceptibles de les outiller à la détection de ces engins de la mort. C’est vrai, c’est très difficile voire impossible de prévoir une embuscade, mais en partant du postulat selon lequel, tout problème est censé avoir une solution, l’on peut exhorter les Burkinabè dans leur ensemble, en tout cas tous ceux d’entre eux qui ont encore un grain d’amour pour ce pays, à se mettre debout pour aider à trouver la parade à la problématique. Et le plus tôt sera le mieux. Car, ces engins sataniques ont déjà fait suffisamment du mal au pays.

 

Sidzabda  

 

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