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PROMESSE DE REVELATIONS FAITE PAR HAYA SANOGO : Les Maliens n’attendent que ça

PROMESSE DE REVELATIONS FAITE PAR HAYA SANOGO : Les Maliens n’attendent que ça

Amadou Haya Sanogo, l’ex-chef de la junte militaire malienne, a parlé. De sa résidence surveillée de Sélingué, il a plus ou moins révélé ce que serait sa ligne de défense dans cette affaire d’assassinat de militaires dits bérets rouges. Il est inculpé pour « assassinat et complicité d’assassinat ». Pour le moins, il promet un grand déballage à « son prochain procès » qu’il dit attendre avec impatience, la conscience tranquille. Parce que n’ayant rien à se reprocher. Cette sortie ne peut qu’apporter du baume au cœur des parents des victimes qui attendent depuis quatre ans la manifestation de la vérité. L’ancien puissant président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE)-organe dirigeant des putschistes de 2012 à 2013-donne l’impression que sa deuxième comparution risque de faire trembler la République. Mais ce qu’il faut craindre, c’est de le voir faire de la diversion en se servant du prétoire pour tenter de justifier son putsch de mars 2012 qui a sérieusement plongé le Mali dans une crise politique qui a fait le lit des djihadistes. Ce que les Maliens attendent de l’ex-putschiste Amadou Haya Sanogo, c’est de faire jaillir la lumière sur la mort de la vingtaine de militaires d’élite, et rien d’autre. Alors, sa promesse de « faire trembler des acteurs politiques maliens » avec des dossiers explosifs, peut être perçue comme un vague à l’âme. Lorsqu’il s’attaquait aux fondamentaux de la démocratie en s’emparant du pouvoir le 26 mars 2012, à seulement trois mois de la fin du mandat d’Amadou Toumani Touré, l’ex-putchiste ne pouvait imaginer qu’il empruntait la destinée d’Icare. En prison depuis le 27 novembre 2013, ce tournant du destin d’Amadou Haya Sanogo est commun à tous les satrapes dont le passé finit toujours par les rattraper. Bafouant les règles élémentaires des droits humains au moment de leur gloire, Amadou Haya Sanogo ne fait pas mieux que les autres dictateurs qui, après leur chute, cherchent toujours à se débiner de la justice. Et quand elle les rattrape, ils versent dans les dénégations. Ils ne reconnaissent jamais ce qu’ils ont fait.

Il n’est pas exclu que cette sortie du général soit un avertissement à l’endroit du régime actuel

Avant l’épisode des bérets rouges, l’on a toujours souvenance des sévices corporels que des opposants subissaient lorsqu’ils osaient critiquer la gestion du CNRDRE. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, sait  quelque chose de la férocité des putschistes du 22 mars ; lui qui a failli être lynché par des manifestants qui, selon toute vraisemblance, étaient manipulés par les hommes de main du général Haya Sanogo. Hier sans état d’âme, celui-là même qui a obtenu son grade de général quatre étoiles au forceps, veut se montrer aujourd’hui comme un parangon de vertu. Ce qui n’est pas sans rappeler un Laurent Gbagbo ou d’autres tortionnaires qui, après leur chute, se réfugient derrière la religion pour se donner bonne conscience. Et quand la machine judiciaire se met en branle pour chercher à réparer les torts qu’ils ont causés, ils crient à la cabale politique. Cela dit, il n’est pas exclu que cette sortie du général par rapport à son prochain procès, soit un avertissement à l’endroit du régime actuel. C’est un secret de Polichinelle de dire que l’ex-chef de la junte militaire a pesé de tout son poids dans l’élection du président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK). Beaucoup s’interrogeaient sur la force de la relation qui unit IBK et le Général Haya Sanogo. En pareilles circonstances, c’est la règle des compromissions. Souvent, pour le meilleur et pour le pire. Et écroué deux mois seulement après l’investiture d’IBK, le célèbre prisonnier de Sélingué va, sans nul doute, vouloir laver son honneur à travers des dénégations ou des délations. Quoi qu’on dise, l’arrestation pour le moins facile  de celui-là qui était l’homme le plus craint de Bamako est comme un affront, même s’il laisse croire qu’il a du respect pour le président malien. Pour sûr, il ne manquera pas de faire son baroud d’honneur.

Drissa TRAORE

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