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REGLEMENTATION DE L’UTILISATION DES DRONES AU BURKINA FASO  

Une mesure salutaire  

Le  Conseil des ministres, en sa séance du mercredi 31 mars dernier, a adopté des mesures réglementant l’utilisation des drones au Burkina Faso. Si d’aucuns peuvent penser que c’est de la poudre jetée aux yeux des populations par le gouvernement pour donner l’impression qu’il travaille, la technologie des drones encore largement futuriste étant éloignée des préoccupations du citoyen lambda, l’on se doit tout de même de s’en féliciter. Ne dit-on d’ailleurs pas que « gouverner, c’est prévoir ? »  Si l’Exécutif burkinabè s’est empressé de réglementer le domaine, c’est certainement parce qu’au-delà de la révolution technologique qu’ils constituent, les drones, dans leur utilisation, peuvent avoir des conséquences dommageables à bien des égards sur la vie des citoyens. En effet, l’on sait que ces engins volants téléguidés peuvent porter atteinte à la vie privée des gens et qu’il existe dans leur manipulation, des risques d’accidents aux conséquences parfois désastreuses. L’on garde encore, en effet, en souvenir, le drone qui avait crashé dans une cour d’habitation à Bobo-Dioulasso, ne causant fort heureusement que de légers dégâts matériels. Mais là où les nuages s’amoncellent le plus sur nos têtes dans l’utilisation des drones, c’est leur concours à la dégradation des conditions sécuritaires dans le pays. Même si l’on n’en est pas encore, au Burkina Faso, à l’utilisation de drones armés à l’américaine, il y a de véritables risques d’utiliser ces petits engins sans pilote pour donner, par exemple, la position des forces de l’ordre à des groupes armés. Il faut donc le dire, il y a péril en la matière et il vaut mieux prévenir que guérir. Le gouvernement a donc vu juste. Il a eu le nez creux.

 

 

C’est un secteur qu’il faut encadrer

 

 

En attendant de voir le contenu de ces  textes pris pour réglementer ce domaine très sensible, l’on peut souhaiter que l’arsenal juridique mis en place n’exprime pas une phobie pour l’innovation technologique et qu’il ne soit pas, de ce fait, destiné à freiner l’expansion d’une invention qui, au-delà de son utilisation militaire et paramilitaire pour le renseignement,  la surveillance et la défense du territoire, peut avoir des effets bénéfiques très importants pour des activités civiles dans les domaines scientifique, social et  économique. L’on sait, en effet, déjà  que les drones sont, par exemple, très utiles et pratiques pour faire des relevés géographiques à usages divers au service de la science et de l’aménagement du territoire. Ils sont aussi utilisés dans le journalisme pour les reportages en zones de guerre et le secours humanitaire en cas de catastrophes naturelles pour atteindre les zones sinistrées. Au plan économique, ils constituent un marché croissant puisqu’ils alimentent une véritable industrie du loisir avec toutes les possibilités qu’ils offrent en termes de prises de vue pour la photographie  et le cinéma. Dans un pays comme le Burkina Faso, les drones sont utilisés dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage   par exemple pour repérer et reconnaître des hétérogénéités du sol ou connaître rapidement des dégâts sur une parcelle et leurs causes (animaux, sécheresse, eaux, attaques acridiennes, etc.) Ils peuvent être aussi utilisés pour surveiller le bétail en transhumance. Au regard de toutes ces potentialités, il est évident que c’est un secteur qu’il faut encadrer. Cela dit, la grande question est la suivante : « comment faut-il conjuguer les inconvénients et les avantages de l’utilisation des drones pour qu’elle soit bénéfique au développement socio-économique du Burkina Faso ?  L’on espère que les textes pris par le gouvernement permettront de répondre de façon adéquate à la question. Les jours à venir nous apporteront plus de précisions.

 

Sidzabda 

      

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