HomeA la uneRELANCE DES DISCUSSIONS SUR L’ACCORD DE PAIX D’ALGER AU MALI : Pourvu que soient levés tous les goulots d’étranglement !

RELANCE DES DISCUSSIONS SUR L’ACCORD DE PAIX D’ALGER AU MALI : Pourvu que soient levés tous les goulots d’étranglement !


Depuis sept ans qu’ils ont été signés entre le gouvernement malien et les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), les accords de paix d’Alger censés mettre fin aux divergences entre les protagonistes et ramener la paix et la concorde au pays de Modibo Kéïta, ont du mal à connaître une mise en œuvre sur le terrain. C’est la preuve que malgré l’entente sur le fond du problème, des difficultés subsistent encore et pas des moindres. Entre autres, l’intégration des combattants des groupes armés dans l’armée « reconstituée » ainsi que la question des grades et de la hiérarchie. C’est dans ce cadre que depuis le 1er août dernier, le gouvernement de la transition et les groupes armés du Nord, signataires de l’accord, sont en conclave à Bamako après dix mois de léthargie, sous l’œil vigilant du médiateur algérien et de la communauté internationale à travers l’ONU et la CEDEAO qui en sont parties prenantes. Une relance du processus qui est d’autant plus à saluer que cela entretient non seulement l’espoir d’une sortie de crise, mais elle est aussi l’objet de fortes attentes, notamment de la part de la CMA qui s’est récemment inquiétée de la lenteur dans la mise en œuvre du processus.

 

Le pays a besoin de guérir de ses blessures et de se relever de ses meurtrissures

 

 Il en va de même pour le médiateur algérien qui a aussi récemment donné de la voix pour exhorter les protagonistes à aller de l’avant dans le sens du respect de leurs engagements. C’est dire si cette semaine de discussions qui s’est ouverte, est une opportunité, pour les Maliens, d’aplanir leurs divergences et de faire bouger les lignes dans le sens de l’esprit et de la lettre de l’accord de paix d’Alger.  Pourvu donc que soient levés tous les goulots d’étranglement ! Car, depuis sept ans que dure la danse du tango dans l’application de ces fameux accords,  le Mali ne fait que s’enfoncer chaque jour un peu plus dans le chaos, avec une crise sécuritaire qui a connu bien des mutations ;  se métastasant du septentrion du pays pour gagner le Centre qui est aujourd’hui en passe d’en être l’épicentre. En outre, les dernières sorties de la CMA qui parlait « d’abandon » des accords, étaient loin d’être rassurantes en ce qu’elles n’excluaient pas la possibilité de reprendre les armes. Or, le Mali n’a pas besoin de ça. Il n’a pas besoin de greffer à la crise sécuritaire en lien avec le terrorisme qui donne suffisamment de fil à retordre aux FAMa, une autre crise politique d’envergure sur fond de reprise des hostilités avec les groupes armés du Nord. Au contraire, le pays a besoin de guérir de ses blessures et de se relever de ses meurtrissures qui  tendent à hypothéquer son avenir et à anéantir ses efforts de développement. Cela passe par un dénouement heureux de cette situation conflictuelle entre frères ennemis à travers l’application en bonne intelligence, de ces accords de paix qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom ; tant ils se présentent comme une étape incontournable pour le retour de la quiétude sur les rives du fleuve Djoliba.  

 

 

Tout le mal qu’on leur souhaite, c’est de tenir des concertations fructueuses

 

 

C’est pourquoi les protagonistes doivent éviter de faire de ces discussions, une rencontre de plus, sans véritable impact sur une situation de statu quo qui n’apporte rien à un Mali déjà trop mal embarqué dans la lutte contre le terrorisme pour se permettre le luxe de multiplier les fronts d’attaques. C’est dire si dans le cas d’espèce, la bonne foi et la sincérité doivent être les choses les mieux partagées entre les parties aux discussions. C’est dire aussi si en la matière, il serait beaucoup plus convenable, pour les participants, de venir avec un esprit constructif, en ne cherchant pas systématiquement à tirer chacun la couverture sur soi, au détriment de l’autre. C’est à ce prix que Bamako et les ex-rebelles du Nord pourraient se donner de meilleures chances de parvenir au consensus nécessaire au retour de la concorde, pour mieux s’attaquer à l’ennemi commun : le terrorisme qui est en passe de désarticuler le pays.  Tout le mal qu’on leur souhaite donc, c’est de tenir des concertations fructueuses qui leur permettront d’accorder les violons et de solder les comptes, dans l’intérêt supérieur du Mali. Notamment les comptes que le gouvernement de la Transition cherche visiblement à régler avec des dignitaires de l’ancien régime à travers les procédures judiciaires ouvertes à leur encontre. Pourvu que les choses se passent dans les règles de l’art, loin de toute volonté de chasse calculée aux sorcières, qui ne contribuerait qu’à diviser davantage les Maliens au moment où le pays a le plus besoin de l’union de tous ses fils et filles pour mieux faire face à l’adversité et à l’hydre terroriste qui le menace jusque dans les fondements de son existence.

 

« Le Pays »

 


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