A la uneFocus

REMISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE OUMAR MARIKO

Pourquoi maintenant ?

Il aura passé près d’un mois en prison. Mais depuis le  4 janvier 2022, il respire l’air de la liberté. L’opposant malien, Oumar Mariko, puisque c’est de lui qu’il  s’agit, a été remis en liberté provisoire par le Tribunal de grande instance de la Commune IV du district de Bamako qui le poursuit pour «  injures grossières et enregistrement illégal » à l’encontre du Premier ministre Choguel Maïga. Son co-accusé, Bakary Camara, poursuivi pour avoir diffusé les propos injurieux en question sur les réseaux sociaux, avait lui aussi été arrêté. Tous les deux viennent d’être élargis en attendant leur procès prévu pour le 15 février prochain, soit dans un mois et demi. Mariko et son co-accusé seront-ils condamnés ou bénéficieront-ils d’une relaxe ? Difficile de répondre à la place du juge qui, pour l’instant, est en train d’instruire à charge et à décharge. Seulement, quand on suit de très près l’évolution de la situation au Mali, l’on a l’impression que les autorités maliennes de la transition, à travers cette affaire d’injures contre le chef du gouvernement, cherchaient à réduire la voilure de Mariko connu pour être un opposant qui n’a pas sa langue dans sa poche. Car, on le sait, présenté comme l’une des figures de la contestation ayant conduit à la chute du dictateur Moussa Traoré en 1991, le président du Sadi fait partie des rares hommes politiques maliens qui, depuis la chute d’Ibrahim Boubakar Keïta (IBK), ne fait pas de quartier à la junte au pouvoir.

 

La junte au pouvoir gagnerait à se départir de ses réflexes militaires

 

Il fallait donc trouver des voies et moyens pour le réduire au silence surtout que se profilaient à l’horizon, les fameuses Assises nationales de la refondation (ANR) qui ont abouti aux résultats que l’on sait, c’est-à-dire à la prolongation annoncée de la transition  pour une durée de cinq ans. Avec donc l’épée de Damoclès de la Justice qui plane sur sa tête, Mariko, on l’imagine, ne prendra pas le risque d’égratiner davantage les autorités de la transition au risque d’aggraver son sort. Voyez-vous ? C’est la preuve que le Mali, sous le régime de la transition, ne se porte pas mieux qu’avant. Bien au contraire, l’on assiste, depuis l’arrivée des militaires au pouvoir, à un embastillement continu des opposants de poids sur fond de restriction des espaces de liberté. Au même moment, l’on assiste, sous le couvert de la lutte contre la corruption, à une véritable chasse aux sorcières qui fait craindre des lendemains incertains pour le Mali qui, par ailleurs, fait face à une crise sécuritaire à nulle autre pareille qui a fini par fragiliser son tissu social. Cela dit, pour un Mali uni et réconcilié avec lui-même, la junte au pouvoir gagnerait à se départir de ses réflexes militaires en privilégiant le dialogue avec l’ensemble de la classe politique malienne. Et cela passe nécessairement  par l’arrêt de l’instrumentalisation de la Justice.

B.O

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer