SAISINE DE LA JUSTICE AMERICAINE PAR KABILA FACE AUX SANCTIONS PRISES A SON ENCONTRE : Sera-t-il entendu ?
Joseph Kabila contre-attaque! Accusé de vouloir «déstabiliser» le pouvoir de Félix Tshisekedi en collaboration avec les rebelles de l’AFC/M23, l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé, le 21 août dernier, une contre-offensive judiciaire pour contester vigoureusement les sanctions financières qui lui ont été imposées, fin avril 2026, par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain qui lui reproche également d’avoir incité des militaires congolais à la désertion. Devant la Justice fédérale américaine, Joseph Kabila rejette «des accusations vagues, insuffisamment étayées et dépourvues de dates, de montants ou de preuves concrètes». Le leader du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) est dans son bon droit de se défendre s’il estime que son image a été écornée par ces accusations suivies de sanctions financières robustes. Et son initiative de défendre sa cause devant la Justice américaine, loin d’être un acte de défiance vis-à-vis de Washington, est une démarche à saluer. Seulement, sera-t-il entendu dans sa saisine ? On attend de voir. Espérons que l’affaire sera jugée en toute équité. C’est tout le mal que l’on puisse souhaiter à l’ex-dirigeant congolais au regard de la tournure politique que pourrait facilement prendre ce dossier. Cela dit, si Joseph Kabila estime qu’il n’est pas coupable de toutes ces graves accusations qui pèsent contre lui, au lieu de se contenter de dénoncer une décision «arbitraire et politique», il gagnerait à apporter les preuves de son innocence qu’il clame.
Ce recours vise à desserrer l’étau autour de Joseph Kabila
Parce qu’en justice, les faits et les éléments de preuves parlent plus que les grandes déclarations de victimisation. En tous les cas, si Joseph Kabila a décidé de saisir la Justice américaine pour attaquer ces sanctions, c’est qu’il mesure toute la portée de son action. En fait, l’ancien président congolais cherche à obtenir la levée du gel de ses avoirs et à réhabiliter son image sur la scène internationale. Il cherche surtout à s’éviter une «mort» politique certaine. Pour cause, cette condamnation empêche, de fait, l’ancien «raïs» de retourner à Kinshasa pour tenter de se replacer au centre de la scène politique, une ambition qu’il nourrit depuis qu’il a quitté le pouvoir en 2019. Ce recours est d’autant plus important pour Kabila qu’il vise à desserrer l’étau autour de lui. En effet, en plus de ces sanctions financières du Trésor américain, le fils de Laurent-Désiré Kabila est sur la liste noire des Etats-Unis qui l’accusent d’apporter un «soutien financier et politique» à des groupes qui sont «les principaux vecteurs de violence et d’instabilité» dans la région des Grands Lacs, en Afrique centrale. Sans oublier que le leader du PPRD a été condamné à mort par contumace en 2025 par la Justice de son pays. Autant dire que Kabila est mal barré. Et c’est Félix Tshisekedi qui se frotte actuellement les mains, lui qui frisonne de désir de s’offrir un troisième mandat très controversé à la tête de la RDC. Son gouvernement avait d’ailleurs déclaré qu’il saluait les sanctions américaines comme «une étape importante dans la lutte contre l’impunité». Ces misères vécues par l’ancien président congolais, viennent nous rappeler qu’en politique tout comme dans la vie, l’on récolte toujours ce que l’on a semé. Et Joseph Kabila semble être rattrapé par ses propres turpitudes. Car, à l’évidence, on ne saurait lui donner le bon Dieu sans confession.
Siaka CISSE
