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SOMMET EXTRAORDINAIRE DU G5 SAHEL A BAMAKO : On ne peut pas combattre les maux rien qu’avec des mots

 

Un sommet en chasse un autre. C’est le moins que l’on puisse dire du sommet extraordinaire du G5 Sahel qui ouvre ses portes aujourd’hui même, 6 février 2017 à Bamako, au Mali. Quatrième du genre après les deux sommets extraordinaires tenus à Nouakchott, en Mauritanie en février et décembre 2017, et celui de N’Djamena en novembre 2015, la rencontre de Bamako se tient sous le thème suivant : «Situation sécuritaire au Mali et son impact au Sahel ». Pour le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la menace en valait l’urgence, ce d’autant plus que ce sommet intervient dans un contexte marqué par la résurgence du terrorisme dans son pays qui, aujourd’hui plus qu’hier, a perdu le Nord, au propre comme au figuré. En témoigne l’attentat du 18 janvier à Gao où une centaine de soldats ont été massacrés. Et ce n’est pas tout. Car, alors que le Mali pleurait toujours ses fils trucidés à Gao, quatre autres militaires ont été froidement abattus à Ménaka, le 4 février 2017, par des hommes lourdement armés non identifiés. Pour un comité d’accueil sanglant, c’en est un pour les chefs d’Etat du G5 Sahel qui, il faut le dire, traînent les pas face à un problème éminemment sérieux. Si fait que l’on en vient, par moments, à se demander s’ils peuvent réellement lutter contre le terrorisme. En matière de lutte contre le terrorisme, on le sait, seule vaut une synergie d’actions. C’est en cela qu’il faut déplorer  l’absence de l’Algérie et de la Libye au sein de ce regroupement qui, très récemment, s’est doté d’une Stratégie pour le développement et la sécurité et d’un Programme d’investissements prioritaires. Or, ces deux pays sus-cités y avaient leur place pour les raisons suivantes.

Il faut aller au-delà des rencontres

La Libye, c’est connu, est devenue le pays fournisseur de terroristes de tout poil. Mieux, c’est la ruche d’où partent des essaims de djihadistes qui envahissent le Sahel. Quant à l’Algérie, au-delà du fait qu’elle a de l’expérience en matière de lutte contre le terrorisme, elle constitue une puissance militaire dont les hauts faits d’armes ne sont plus à démontrer. Mais pour des raisons de leadership, la France, pour ne pas la nommer, semble l’avoir écartée du dossier malien si fait que l’Algérie qui partage pourtant une longue frontière avec le Mali, ne compte aucun soldat dans les rangs de la MINUSMA. Même la signature, en juin 2015, de l’accord d’Alger sur le Mali, n’était, pour certains, qu’une forme de rattrapage destinée à calmer les autorités algériennes. C’est donc ceci qui pourrait expliquer cela. En tout cas, c’est le lieu d’en appeler à la responsabilité des dirigeants africains dans leur ensemble pour une prise de conscience supplémentaire des enjeux communs. Car, comme on le sait, on ne peut pas combattre les maux du continent, rien qu’avec des mots. Il faut désormais aller au-delà des rencontres au sommet, en traduisant en actes concrets certaines résolutions et Dieu seul sait si elles sont nombreuses, qui dorment dans les tiroirs. C’est à ce prix que l’on pourra, à défaut de venir à bout du terrorisme, réduire la voilure des djihadistes, un peu comme le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria l’ont fait avec les éléments de Boko Haram aujourd’hui à la peine.

Boundi OUOBA

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