HomeA la uneTRANSITION POLITIQUE AU MALI : Mariko, le poil à gratter de la junte

TRANSITION POLITIQUE AU MALI : Mariko, le poil à gratter de la junte


Depuis le 4 avril dernier, l’opposant malien, président du parti Sadi, Oumar Mariko, vit terré parce que recherché par les forces de sécurité. Accusé d’être l’auteur de propos très critiques contre les Forces armées maliennes (FAMa) actuellement pointées du doigt par les organisations de défense des droits de l’Homme, pour de nombreuses exactions contre les civils maliens, l’homme, connu pour n’avoir pas sa langue dans la poche, est aujourd’hui contraint de raser les murs de Bamako  pour échapper au mandat d’amener  lancé par  les boys de Kati pour « diffamation ».  Et voilà qui ne devrait guère arranger les affaires de cette sulfureuse  figure politique qui avait déjà des ennuis judiciaires pour avoir tenu à l’encontre du Premier Ministre malien, Choguel Maïga, des propos jugés outrageux. Visiblement, Oumar Mariko qui aime faire dans la provocation, ne s’est pas encore rendu compte que ceux d’en face ne font pas dans la polémique, faisant fi de cette vieille sagesse, bien connue de chez nous,  qui dit que « quand ta tante change de mari, il faut changer de parent à plaisanterie ».  En tout cas, il y va  de son intérêt d’intégrer le fait que le Mali est aujourd’hui dirigé par des militaires plus portés sur l’argument de la force que sur la force de l’argument. Et cela est particulièrement vrai en ce moment où Assimi Goïta et ses camarades sont sur les dents en raison de nombreuses accusations portées contre eux et leurs alliés russes dans la lutte contre le terrorisme. Les récentes mesures qui tendent à réduire au silence la presse, sont là pour le rappeler.

 

La junte risque de transformer en héros et martyr un opportuniste politique

 

Et puis, la sensibilité des questions militaires, particulièrement par ces temps de guerre au Mali, nécessite qu’elles soient abordées avec tact pour ne pas entrer dans les périmètres interdits des secrets de défense ni porter atteinte au moral des troupes. Mariko a-t-il pris le soin de porter les gants nécessaires à la manipulation de ces questions ? Rien n’est moins sûr quand on connait la propension de l’intéressé à faire dans la surenchère verbale et dans l’opportunisme.   Cela dit, les nouveaux pépins de Mariko n’ont rien de surprenant. L’on garde tous en mémoire le décès, en détention, de l’ancien Premier ministre, Boubèye Maïga dont les complaintes de l’épouse face à son agonie,  n’ont pas réussi à émouvoir les nouveaux maîtres de Bamako. Mais en abattant de la sorte une chape de plomb sur l’opposition politique au Mali, Assimi Goïta et ses compagnons se rendent-ils compte qu’ils apportent de l’eau au moulin de ceux qui les accusent d’être des fossoyeurs des libertés individuelles et collectives ? Pire, en se montrant si allergiques aux critiques, ils donnent la preuve par eux-mêmes qu’ils sont incapables de trouver la solution aux problèmes posés.  Dans tous les cas, ils devraient bien se rendre à l’évidence que ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’ils feront retomber la fièvre. Bien au contraire, la junte risque d’aboutir à l’effet contraire, c’est-à-dire transformer en héros et martyr un opportuniste politique que l’on sait trempé dans de nombreux beaux draps.

 

Saho

 

  


Comments
  • Vivants, ils sont terroristes. Morts il sont civils.
    Un terroriste n’est qu’un civil armé. Le pays.bf se bat pour la France. Dites ce que vous voulez, la caravane passe.

    7 avril 2022
    • Ce qui m’étonne, c’est que les africains eux même se laissent traîner par la France. C’est le cas des journalistes de lepays.

      7 avril 2022

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