TUNNEL DE TRAFIC DE DROGUE RELIANT LE MAROC A L’ESPAGNE : C’est quand même fort…de cocaïne!
La Police espagnole a frappé fort! Elle vient de réaliser une opération qu’on aurait cru impossible dans la lutte contre le trafic de drogue. En effet, elle a réussi la prouesse de démanteler un vaste réseau de trafic de drogue. Un réseau qui n’était pas comme les autres. En effet, celui-ci utilisait un tunnel souterrain pour acheminer sa marchandise depuis le Maroc. C’est quand même fort…de cocaïne! Des trafiquants de drogues, on en interpelle dans les marchés, dans les gares, sur les routes, dans les eaux et même dans les airs. Mais des trafiquants souterrains, on en voyait que dans les films.
Le réseau démantelé était celui qui approvisionnait toute l’Espagne et même l’Europe
On était donc loin de s’imaginer que des quidams en seraient arrivés à construire un vaste tunnel pour transporter des ballots de haschich, cette résine de cannabis aux effets très néfastes sur la santé, entre le Maroc et l’Espagne. Non, on ne doute pas de leur capacité à le faire. Loin s’en faut ! Car, on le sait, le milieu de la drogue génère de gros sous. On se souvient, par exemple, de toute la fortune que s’est construite le Colombien Pablo Escobar, souvent surnommé «le roi de la cocaïne», grâce au trafic de drogue. En fait, on ne pouvait pas seulement imaginer que ces trafiquants oseraient prendre autant de risques pour réaliser une telle dinguerie. Dans l’optique de réussir leur projet, ils avaient pris toutes les précautions nécessaires pour réaliser ce tunnel et l’utiliser sans éveiller le moindre soupçon. En effet, selon des détails livrés par la Police espagnole, ce tunnel camouflé derrière un immense réfrigérateur insonorisé, comportait trois niveaux, à savoir un puits pour descendre, une chambre intermédiaire pour stocker les paquets et un couloir en ligne droite qui menait jusqu’au Maroc. Et ce n’est pas tout. Le complexe disposait également de rails, de wagons, de poulies et de petites grues pour déplacer les palettes de haschich et était enterré sous un hangar industriel. Il était aussi équipé d’un système de pompage et d’insonorisation qui lui permettait de fonctionner sans éveiller de soupçons. C’est donc dire toute l’ingéniosité de ces trafiquants qui avaient réussi à construire un véritable labyrinthe pour gérer souterrainement et en toute clandestinité, leur business très juteux. A en croire la Police espagnole, c’est à Ceuta, une enclave espagnole au Maroc, que l’entrée du tunnel était située. Cette opération était des plus complexes. La preuve, il a fallu plus d’un an à la Police espagnole pour «déterrer» tels des rats, ces trafiquants et démanteler leur réseau. Il faut donc saluer le professionnalisme, la patience et surtout l’abnégation de cette police qui a permis, au terme de plusieurs opérations, d’interpeller 27 personnes, de saisir 17 tonnes de drogue. Et ce n’est pas tout. Les enquêteurs ont également mis la main sur une manne financière d’une valeur de 1,4 million d’euros, soit plus de 918 millions de F CFA, ainsi que 17 voitures de luxe. Il faut d’autant plus se réjouir de cette action que le réseau démantelé était celui qui approvisionnait toute l’Espagne et même l’Europe, en résine de cannabis.
L’argent de la drogue contribue à financer les groupes armés terroristes
Cela dit, ces saisies et ces interpellations constituent déjà un bon début dans la gestion de cette affaire. Mais à elles seules, elles ne suffisent pas. C’est dire si les enquêtes doivent se poursuivre afin de débusquer toutes les personnes qui sont impliquées dans ce trafic. Et Dieu seul sait s’il y en a. Parce que si un tel gigantesque réseau a pu prospérer pendant toutes ces années, jusqu’à étendre son influence sur des pays entiers, c’est qu’il a pu bénéficier de plusieurs complicités, même à des niveaux qu’on n’aurait pas soupçonnés. Mais connaissant toute la complexité de la lutte contre la drogue, il ne faudrait pas s’attendre à des miracles. Pourtant, le combat contre ce fléau devrait susciter toute l’attention et engager les différents gouvernements, notamment en Afrique. Pour cause, la prolifération de la drogue dans nos pays, constitue l’un des malheurs de notre jeunesse. En effet, dans la rue tout comme en milieu scolaire, de nombreux jeunes pleins de rêves et dotés d’énormes potentialités, ingurgitent ces substances nocives et foutent ainsi leur vie et leur avenir en l’air. Ils deviennent de véritables cas sociaux dont la prise en charge devient une autre charge pour leurs Etats et leurs familles respectives. Sur un autre registre, la drogue constitue un terreau fertile pour le terrorisme qui sévit dans certains pays de la sous-région. En effet, l’argent de la drogue contribue, comme le démontrent plusieurs études, à financer les groupes armés terroristes qui, on le sait, sont souvent utilisés pour protéger les intérêts de bien des narcotrafiquants.
« Le Pays »
