HomeA la uneULTIMATUM DES ANTI- IMMIGRES A L’ETAT SUD AFRICAIN : Pretoria va-t-elle baisser la culotte ?

ULTIMATUM DES ANTI- IMMIGRES A L’ETAT SUD AFRICAIN : Pretoria va-t-elle baisser la culotte ?


A 24 heures de l’expiration de l’ultimatum donné par les anti-immigrés clandestins à l’Etat, de chasser les étrangers d’Afrique du Sud, la peur est montée de plusieurs crans chez ces derniers.  Ne sachant plus où donner de la tête, certains cherchent à se cacher tandis que d’autres préfèrent purement et simplement quitter le pays. Face à cette gigantesque chasse à l’homme qui se profile à l’horizon, que fera le pouvoir sud-africain ? Pretoria va-t-elle baisser la culotte ? Autrement dit, va-t-elle laisser les croquants violenter pour ne pas dire massacrer les étrangers comme ils en ont l’habitude ? C’est le wait and see. En attendant, le président Cyril Ramaphosa semble avoir pris la mesure du péril. En tout cas, il n’est pas passé par quatre chemins pour rejeter cet ultimatum, estimant qu’il ne repose sur aucun fondement. Mieux, le dirigeant sud-africain a mis en garde contre toutes formes d’autodéfense ou de contrôles improvisés de la population. Toujours est-il que l’Etat promet de maintenir l’ordre public et ne compte pas lésiner sur les gros moyens pour y parvenir. Comme pour montrer sa force de frappe, des carrés de policiers battant le macadam en rangs serrés, des hélicoptères et des véhicules blindés ont été déployés par la police sud-africaine, le vendredi dernier, à Johannesburg. Cette sortie musclée du président Ramaphosa et le déploiement de l’artillerie lourde de la Police, suffiront-ils à dissuader les croquants ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que le pouvoir a beau rassuré, les migrants illégaux et mêmes ceux qui sont en règle, redoutent des violences. Ils vivent désormais la peur au ventre et ils n’ont pas tort. En effet, ce n’est pas la première fois que l’Etat promet de sévir contre les anti-immigrés sans que ceux-ci ne soient véritablement inquiétés.

 

Il est temps de siffler la fin de la recréation

 

 

A preuve, malgré le nombre de migrants tués au cours des deux dernières décennies, qui se situe entre 300 et 400, les dossiers qui ont fait l’objet de poursuites judicaires se comptent sur les doigts d’une main. Signe d’impuissance ou complicité de l’Etat ? Bien malin qui pourrait répondre à cette question. Cela dit, le président Cyril Ramaphosa doit se convaincre d’une chose : s’il échoue à mettre le holà sur ce cycle interminable de violences, il sera l’unique responsable du malheur qui arrivera aux migrants. L’heure n’est plus à caresser les auteurs d’actes xénophobes dans le sens du poil. Comment un mouvement, aussi puissant soit-il, peut-il donner un ultimatum à un Etat pour chasser des étrangers ? « On est où, là ? » pour parler comme Ivoirien Tartempion. C’est à se demander qui dirige aujourd’hui l’Afrique du Sud. La question est d’autant plus fondée que le pouvoir donne l’impression d’être impuissant face à la montée vertigineuse d’actes xénophobes en Afrique du Sud. Il est temps de siffler la fin de la recréation. C’est d’autant plus nécessaire que ces violences ternissent, à tout point de vue, l’image de la Nation arc-en-ciel.  Madiba doit se retourner dans sa tombe ; lui qui a tant lutté pour le respect de la dignité humaine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les migrants ne méritent pas d’être traités comme des parias. Plutôt que de les féliciter d’avoir contribué à la création de richesses dans la Nation arc-en-ciel, on les accuse d’avoir volé les emplois des nationaux et partant, d’être responsables de la misère crasse dans laquelle vivent de nombreux Sud-africains. Or, ce n’est pas en accusant les étrangers de tous les péchés …d’Afrique du Sud, qu’on fera baisser le taux de chômage ni celui de la pauvreté. C’est dire si les anti-immigrés se trompent lourdement de combat et gagneraient à se ressaisir.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

 

 


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