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VICTOIRE DE PATRICE TALON A LA PRESIDENTIELLE BENINOISE  

Le tout n’est pas de gagner

La Commission électorale nationale autonome (CENA) du Bénin a proclamé, le 13 avril 2021, les résultats provisoires de la présidentielle du 11 avril dernier, qui donnent le président sortant, Patrice Talon, vainqueur dès le premier tour avec 86,37% des suffrages exprimés. Il est talonné par le duo Alassane Soumanou-Paul Hounkpè (Forces cauris pour un Bénin émergent, FCBE) avec 11,29% des voix suivis du duo Corentin Kohoué et Irénée Agossa (Indépendants) avec 2,35% des voix. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette victoire de Patrice Talon et sa colistière Mariam Chabi Talata, est tout sauf une surprise. C’est d’autant plus vrai que l’homme avait tout mis en œuvre pour garantir sa réélection en écartant tous les poids lourds de l’opposition de la course à la présidentielle. Comme parade, Patrice Talon s’était doté de deux moyens infaillibles. Le premier est le système de parrainage qu’il a mis en place. Ce tamis de l’ancien magnat du coton, a été sans pitié pour les opposants sérieux. A contrario, le tamis a laissé passer deux illustres inconnus de la scène politique béninoise. Car, il faut tout de même sauver les apparences. C’est donc à juste titre que les opposants les qualifient de « candidats fantoches ». Au Burkina, on utiliserait l’expression « candidats motards » pour les désigner. Car, leur rôle est d’accompagner, d’escorter Patrice Talon.   Et ce genre de métier, sous nos tropiques, nourrit son homme, puisqu’ à l’heure des récompenses, on peut leur accorder quelques strapontins. Le second instrument mis en place par Patrice Talon pour casser de l’opposant est la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). La candidate Reckya Madougou a été une victime de cette machine infernale dont tout porte à croire qu’elle est uniquement friande d’opposants.

 

Le plus dur pour Patrice Talon pourrait être l’après-élection

 

C’est dire si cette victoire de Talon est un score soviétique qui est loin de servir la démocratie. Mais tout laisse croire que le président homme d’affaires n’en a cure. Il faut même craindre qu’il ne tripatouille la Constitution béninoise pour briguer un troisième mandat. Cela dit, Patrice Talon doit savoir que le tout n’est pas de gagner. On le sait, les méthodes utilisées pendant cette présidentielle ont suscité la colère des citoyens du nord et du centre du pays qui n’ont pas hésité à dresser des barricades pour empêcher le vote. C’est dire s’il  risque de s’aliéner le centre  et le nord du pays où des échauffourées avaient entraîné la mort de deux personnes. En tout cas, le scrutin, tel qu’il a été organisé, peut contribuer à fracturer davantage le pays. Le plus dur donc pour Patrice Talon pourrait être l’après-élection. Certes, le taux de participation de 50,17% n’est pas dérisoire, mais comment, en effet, parviendra-t-il dans ces conditions, à avoir la légitimité qu’il faut, pour conduire tous les Béninois vers de lendemains qui chantent? Rien qu’à y penser, il devrait, lorsque sa Cour constitutionnelle le déclarera vainqueur de ce scrutin, avoir le triomphe modeste et travailler à l’apaisement.

 

DZ

 

 

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