VIE EN SOCIETE :La solidarité, une valeur en péril ?
S’il y a une valeur sociale qui est en train de prendre un sérieux coup, c’est bien la solidarité. Oui, cette valeur qui caractérisait les Burkinabè, n’est plus ce qu’elle était autrefois. La raison, il faut aller la chercher dans le comportement des uns et des autres. Autrement dit, si la solidarité tend à disparaître, c’est du fait de la mauvaiseté des Hommes. Et c’est peu dire. Car, comme qui dirait, la solidarité est une richesse, mais sans lucidité, elle devient une cible. A preuve, on a vu des gens qui ont voulu porter main forte à leur alter ego, mais qui en ont pris pour leur grade. En effet, si aujourd’hui, certains, à moto ou en véhicule, ne répondent plus favorablement aux sollicitations de tiers, c’est parce qu’ils redoutent que cela ne se retourne contre eux. Et ils n’ont pas tort. Car, l’on a en mémoire des cas où des bonnes volontés ont voulu rendre service à des gens qu’ils ne connaissaient ni d’Adam ni d’Eve, mais qui l’ont regretté par la suite. Comme récompenses, certains ont été agressés. Quant aux plus chanceux, ils ont été victimes de vols. Il est même arrivé des cas où en voulant porter assistance à des accidentés ou présumés tels, certains compatriotes ont été victimes d’agressions suivies de vols. Les cas sont si nombreux que l’on ne se risquerait pas à vouloir les citer exhaustivement au risque d’en perdre l’haleine. Même à l’échelle d’une famille, on a vu des gens qui ont réussi socialement et qui ont soutenu à bout de bras, des proches qui, une fois que leurs bienfaiteurs leur ont tourné le dos, ont passé leur temps à les dénigrer et à les traiter de tous les noms d’oiseaux. Ils sont nombreux qui se reconnaîtront dans ces propos.
On doit savoir raison garder
Qu’ils daignent se moucher en cherchant à se raviser. Car, ce qu’ils font n’est ni plus ni moins que de l’ingratitude caractérisée. En tout cas, les uns et les autres, de par leurs comportements irresponsables, ont tout « gnagami » si bien qu’aujourd’hui, chacun marche sur des œufs. Même pour aider quelqu’un, cela nécessite beaucoup de prudence. A qui la faute si le monde est devenu ainsi ? La question reste posée. Et les choses ne font qu’aller de mal en pis. Surtout avec l’avènement de l’insécurité liée au terrorisme, qui a contribué à renforcer la méfiance entre les gens. En ville comme en campagne, les uns et les autres, et avec juste raison, ont appris à se poser des limites. Or, il est ces cas où certains se retrouvent dans une situation difficile dans laquelle ils ont besoin de soutien. Et cela peut arriver à tout le monde. En effet, tous autant que nous sommes, avons besoin les uns des autres. Aucun être humain, fût-il très riche, ne peut prétendre se suffire à lui-même. Il a forcément besoin des autres, sans quoi il n’est rien. C’est dire si l’on doit savoir raison garder. On ne doit pas tout négativer sur toute la ligne, au risque d’avoir un problème avec sa conscience. Certes, on comprend la duplicité de l’être humain, mais le bon Dieu sait faire la part des choses en récompensant chacun à la hauteur de ses actes. N’a-t-on pas coutume de dire que le bienfait n’est jamais perdu ? En tout cas, ceux qui abusent de la générosité des autres pour après se retourner contre ces derniers, doivent aussi savoir que tout ou presque, se paie ici-bas.
Sidzabda
Gnagami : terme nouchi qui veut dire gâter
