A la uneLa chronique du fou

VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE  

Les responsabilités sont partagées

Après avoir séquestré le proviseur et l’intendant du lycée, des élèves armés de gourdins, de machettes et de barres de fer, ont pris en chasse le censeur qui a eu la vie sauve grâce à ses jambes puisqu’il a pris la poudre d’escampette. La scène se déroule à Bissiga dans le Boulgou. Peu avant, soit deux ans en arrière, pareille scène s’était produite à Nagaré, dans la commune de Logobou, où des élèves, dit-on, s’en étaient pris au drapeau national et ce, après avoir vandalisé les portes et fenêtres de leurs salles de classes. Et ce n’est pas tout. Car, des événements pareils, il y en a eu un peu partout au Burkina Faso. Je garde en mémoire le cas de Gounghin de Koupèla où des élèves avaient incendié des motos de leurs enseignants. Si ma mémoire est bonne, je sais aussi qu’il y a eu des élèves à Ouagadougou comme à Bobo-Dioulasso, qui ont agressé leurs enseignants. Voyez-vous ? La liste est longue tant et si bien que je ne cesse de nourrir des appréhensions. L’Ecole burkinabè est-elle en train de devenir un haut lieu de  violence ? Cette question, je ne cesse de me la poser depuis quelques années,  tant j’ai l’impression que notre école ne produit maintenant que des délinquants et des voyous. Il ne faut pas avoir peur des  mots. Car, c’est la triste réalité. Je sais qu’autrefois, l’élève, s’il rencontrait son enseignant dans un coin de la rue, fuyait à toutes enjambées pour que ce dernier ne l’aperçoive pas. Même devenu fou, je me rappelle que j’ai été chicoté par mon maître que j’avais eu la malchance de rencontrer dans un marché alors que j’étais en classe de CM2. Cet enseignant que je tiens en haute estime, me reprochait d’avoir abandonné mes leçons pour aller me balader. Aujourd’hui, les choses ont changé. L’élève, quand il voit son maître ou son professeur, fait tout pour que celui-ci le voie aussi. Tout ça, je peux comprendre. Mais de là à bafouer l’autorité des enseignants au point de vouloir leur faire la peau, c’est ce que je ne saurais tolérer.

 

 

Le changement doit s’opérer à tous les niveaux

 

 

C’est pour cela d’ailleurs que je veux que tous les cas d’indiscipline avérés soient sévèrement sanctionnés. Mais en plus de cela, je demande à chaque parent de faire preuve de responsabilité.  Je le dis parce que je sais que certains ont complètement démissionné de l’éducation de leurs enfants si fait qu’ils s’en remettent à l’école. Et là, je sais de quoi je parle puisqu’il n’y a pas longtemps, un parent d’élève avait débarqué avec une  machette dans une école pour protester contre l’expulsion temporaire de son rejeton. C’était dans le Centre-Sud. Voyez-vous ? On ne peut pas vouloir d’une chose et de son contraire. Si l’on veut d’un « enfant droit », il faut accepter qu’on le corrige. C’est pourquoi d’ailleurs, je déplore personnellement ce qui est arrivé à Bobo-Dioulasso où une dame a été condamnée pour avoir frappé l’enfant de son voisin. Certes, force est restée à la loi mais je ne sais pas quelle éducation on veut donner à ce garnement qui n’a pas manqué de tenir des propos injurieux vis-à-vis d’une grande  personne. Pour terminer, je voudrais lancer un appel aux acteurs du monde de l’éducation. Car, il faut le dire, le comportement de certains d’entre eux laisse parfois désirer. Si fait que l’on voit des enseignants et leurs élèves qui boivent la bière ensemble pendant que d’autres font la cour à leurs élèves ou au besoin, s’attachent les services de certains élèves pour faire la cour à d’autres élèves. J’oublie volontiers que certains éducateurs vont jusqu’à emprunter de l’argent à leurs élèves pour certains besoins. Voyez-vous ? Avant d’accuser les élèves, il faut aussi reconnaître la part de responsabilité des enseignants. Le changement que nous appelons de tous nos vœux, doit donc s’opérer à tous les niveaux.

 

« Le Fou »

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