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VISITE DU MINISTRE ISRAELIEN DE LA DEFENSE AU MAROC

Un rapprochement qui irrite Alger

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, est en séjour à Rabat au Maroc. Pour une visite historique, c’en est une puisqu’il s’agit du premier déplacement officiel d’un ministre de la Défense de l’Etat hébreu au Royaume chérifien. L’intéressé le dit d’ailleurs lui-même en ces termes : « Un voyage important au Maroc qui  a une touche historique. Car, il s’agit de la première visite formelle d’un ministre de la Défense (israélien) dans ce pays ». Et d’ajouter : « Nous allons signer des accords de coopération et continuer de renforcer nos relations. Il est très important que ce voyage soit un succès ». A ce qu’on dit, il est même prévu, à l’occasion, la signature d’un accord-cadre sur les relations sécuritaires entre le Maroc et Israël. Rappelons que les relations diplomatiques entre les deux pays avaient été interrompues en 2000, suite à la Seconde intifada (soulèvement des Palestiniens contre l’Etat hébreu). Elles ont été rétablies en 2020 sous les auspices de l’ex-président américain, Donald Trump, qui n’avait pas hésité à mettre les pieds dans un plat déjà faisandé en reconnaissant « la pleine souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental. L’Etat hébreu voudrait donc irriter l’Algérie qu’il ne s’y prendrait pas autrement. D’autant que le voyage de son ministre de la Défense en terre marocaine, intervient en plein moment de tensions entre Rabat et Alger au point que les deux voisins ont rompu leurs relations diplomatiques.

 

 

On ose espérer que les deux voisins ennemis ne franchiront pas la ligne rouge

 

 

S’il y a donc un pays qui scrutera de très près les faits et gestes du ministre israélien de la Défense à Rabat, c’est bien l’Algérie qui accuse le Maroc « d’actions hostiles » sans autre forme de précision. Surtout que pas plus tard qu’en début de semaine, le chef  de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait ouvertement apporté son soutien au plan d’autonomie  « sérieux et réaliste » prôné par le Royaume chérifien pour résoudre le conflit du Sahara occidental.  A l’occasion, Washington et Rabat avaient aussi réaffirmé la nécessité de « l’approfondissement continu » de leurs relations. En tout cas, la visite, par ces temps qui courent, d’un ministre israélien de la Défense à Rabat, est loin d’être un fait de hasard. Loin s’en faut ! D’autant qu’elle intervient au moment où le Front Polisario appelle à intensifier la lutte armée contre le Maroc. Tout se passe, en effet, comme si le Maroc, conscient du soutien indéfectible de l’Algérie aux Sahraouis, a commencé à affûter ses armes en ameutant ses alliés que sont en l’occurrence les Etats-Unis et Israël. C’est de bonne guerre. Car, comme le dit si bien l’adage, « qui veut la paix prépare la guerre ». On ose seulement espérer que les deux voisins ennemis ne franchiront pas la ligne rouge et que la raison finira par prendre le dessus.

 

B.O

 

 

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