ARRESTATION DE PASCAL ZAIDA : L’ADP et la CCP demandent à la Justice de prendre ses responsabilités

ARRESTATION DE PASCAL ZAIDA   :  L’ADP et la  CCP demandent à la Justice de prendre ses responsabilités

 

Arrêté le 21 octobre dernier et mis sous mandat de dépôt quelques jours plus tard, Pascal Zaïda sera en principe situé sur son sort le 13 novembre prochain. A quelques jours de son procès, des associations de la société civile demandent à la Justice burkinabè de prendre ses responsabilités en ne cédant à « aucune tentative d’instrumentalisation politique ». Lisez plutôt pour en savoir davantage !

 

Le samedi 21 octobre dernier, le CED, association de la société civile, par la voie de son coordonnateur, Pascal Zaïda, avait donné rendez vous à la population de la ville de Ouagadougou au rond-point des Nations unies pour dénoncer à travers un meeting, la mal gouvernance au Burkina Faso. La mairie de Ouagadougou après avoir adopté une attitude suspecte sur la demande d'autorisation du meeting précédemment prévu à la Place de la nation, finira par opposer un refus injustifiable empêchant ainsi cette organisation citoyenne de jouir de son droit constitutionnel à la liberté de réunion et d'expression. Refusant d'assister au viol de ses droits constitutionnels, l'opinion nationale et internationale sera témoin de l'arrestation du président du

CED, Pascal Zaïda, et trois membres de son organisation dans une rare brutalité de la part de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qui au passage s'est négativement illustrée en bafouant les valeurs et principes républicains qui la caractérisent et forcent son respect. Une procédure judiciaire en flagrant délit est à ce jour ouverte contre Pascal Zaïda et ses compagnons dont le procès est fixé au lundi 13 novembre 2017, et dans laquelle il est poursuivi pour quatre chefs d'accusation irréalistes et fabriqués de toutes pièces, à savoir: rébellion, trouble à l'ordre public, incitation à la violence, manifestation illégale. Des accusations graves tout juste pour accabler une personne qui n'a commis aucun crime en dehors du fait de vouloir exprimer une opinion. Une répression politique qui rappelle l'adage selon lequel «pour pouvoir tuer notre chien, on l'accuse de rage ».

Cette affaire « Zaïda » vient une fois de plus renforcer notre conviction selon laquelle le pouvoir en place s'inscrit dans une logique de remise en cause systématique des libertés démocratiques chèrement obtenues au prix du sang par le vaillant peuple burkinabè.

Une série de faits témoignent de cette attitude condamnable du pouvoir en place. Il s'agit, entre autres, de :

- la récente tentative du pouvoir en place d'étouffer les revendications syndicales légales et légitimes à travers la proposition d'une loi restrictive sur le droit de grève à l'Assemblée nationale.

- l'annulation par le ministre de la Communication, porte- parole du gouvernement, Rémis Dandjinou, de l'émission «Sur la brèche» du dimanche 5 novembre 2017 à laquelle était invité l'ex- ministre de la Culture, Tahirou Barry, qui vient de claquer la porte du gouvernement.

En effet, il est de notoriété que de plus en plus les autorités affichent une attitude de négation sélective et d'appréciation à géométrie variable par rapport à l'accès des citoyens à la pleine jouissance de leurs droits et libertés démocratiques reconnues dans la Constitution de notre pays.

D'un côté, elles permettent à certains Burkinabè de jouir de leur droit de manifester, à l'instar des manifestations de certaines OSC devant la Justice militaire et à la Place de la nation sans autorisation contre la liberté provisoire accordée à Djibrill Bassolé. Mais, de l'autre côté, elles embastillent d'autres Burkinabè les privant de leur droit fondamental à manifester en leur refusant la possibilité de se réunir pour s'exprimer sur la gouvernance du pays. La détention de Pascal Zaïda et des siens n'est donc, ni plus ni moins, qu'une confirmation de la volonté du pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré, d'une part, de réprimer les opinions populaires contradictoires sur la mauvaise gestion actuelle des affaires de l'Etat et d'autre part, d'instaurer les mêmes lignes rouges du pouvoir déchu dont le présent ministre d'Etat et de la sécurité, Simon Compaoré, était le principal artisan.

Au regard de ce qui précède où nous nous retrouvons dans un contexte de déni de droits démocratiques et constitutionnels, où les autorités s'enfoncent dans l'arbitraire, la marginalisation et la catégorisation des citoyens contre le principe sacro-saint constitutionnel de l'égalité de tous les Burkinabè entre eux, mettant ainsi à mal les fondements de l'unité nationale et de la cohésion sociale au Burkina Faso, nous, organisations de la société civile cosignataires de la présente déclaration, en vertu de notre mission de veille citoyenne:

- Condamnons avec la dernière énergie l'arrestation du Coordonnateur du CED, Pascal Zaïda, et des trois membres de son organisation ainsi que la cabale judiciaire enclenchée contre eux ;

- Invitons la Justice burkinabè à prendre ses responsabilités comme de coutume en ne cédant à aucune tentative d'instrumentalisation politique dans le cadre de ce procès ;

- Exigeons des autorités qu'elles mettent rapidement fin à cette dérive antidémocratique dangereuse visant à vouloir embastiller les contre­pouvoirs, intimider et réprimer les leaders d'opinions afin de mettre sous coupe réglée les libertés dont notamment celle de réunion et d'expression dans le pays,

- Prenons à témoin les démocrates de tous bords et les organisations de défense et de protection des droits de l'Homme quant au programme de

liquidation des libertés démocratiques, de la paix sociale et de la cohésion au Burkina Faso entrepris par le gouvernement du Burkina Faso.

Ouagadougou, le 8 novembre 2017

Ont signé :

Alliance pour la défense de la Patrie (ADP)

Abraham Badolo

Convergence Citoyenne et Panafricaine (CCP)

Ousmane So

 

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