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CONDAMNATION EN APPEL DU JOURNALISTE KHALED DRARENI

Quand le régime Tebboune refuse de lâcher sa proie !

Le journaliste Khaled Drareni a été condamné en appel le 15 septembre 2020, à deux ans de prison ferme par la Justice algérienne, douchant ainsi les espoirs de sa corporation qui réclamait à cor et à cri sa libération. Pour  le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, cette sentence est la preuve « d’un enfermement du régime dans une logique de répression absurde, injuste et violente». Et l’on pourrait dire qu’il n’a pas tort.  Car, la Justice algérienne a beau se défendre, elle  peine à justifier cette sanction infligée à un professionnel de la communication, au regard de la légèreté du dossier que les avocats du prévenu qualifient de vide. On a le sentiment que le pouvoir algérien veut se servir de la Justice pour museler la presse.  C’est d’autant plus vrai que  le crime de Khaled Drareni n’est autre que d’avoir couvert une manifestation du Hirak, le 7 mars 2020. Le pouvoir algérien ferait mieux de trouver un antidote à ce soulèvement populaire qui trouble son sommeil plutôt  que de s’en prendre à un pauvre journaliste qui ne demande qu’à faire son travail. En tout cas, les charges retenues contre le journaliste Khaled : «incitation à un attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale », ne sauraient justifier son maintien en détention. Cela dit, le successeur de Bouteflika a tout intérêt à changer son fusil d’épaule car, ce n’est pas en s’attaquant ainsi aux Hommes de médias qu’il réussira à mettre fin au mouvement de contestation qui ébranle les fondements de son régime. Comme le dit un adage, « ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait baisser la fièvre ». C’est dire s’il se trompe de combat.

Le régime Tebboune gagnerait à faire libérer le journaliste

 En jetant un défenseur des sans voix en prison, le pouvoir algérien donne la preuve de sa volonté de régner par la répression. Autant dire que le régime de Tebboune n’a pas encore emprunté le chemin de la démocratie à laquelle aspire tant le peuple algérien. En tout cas, ce n’est pas en emprisonnant à tour de bras qu’il pourra asseoir un régime démocratique. Loin s’en faut. La condamnation de tout défenseur des droits de l’Homme ne fera que révéler le caractère  prédateur de son régime. Car, tout régime démocratique sait que la place d’un journaliste n’est pas en prison mais plutôt dans une rédaction.  C’est dire si le régime Tebboune gagnerait à faire libérer le responsable du site Casbah Tribune et correspondant de la chaîne de télévision TV5 MONDE et de l’ONG Reporters sans frontières. Le maintenir en geôle pour un crime qu’il n’a pas commis, est, à tout point de vue, une mauvaise publicité pour son régime. On est d’autant plus fondé à le penser que depuis sa condamnation à 3 ans de prison en première instance, des voix et pas des moindres, ne cessent de s’élever pour réclamer sa libération pure et simple. Et si Tebboune tient à redorer l’image de son régime, il doit accorder la liberté au journaliste. En attendant, il faut interpeller les grands juges à qui le dernier mot revient désormais de sauver ce pauvre journaliste des griffes du pouvoir Tebboune qui, comme un chien de chasse, refuse de lâcher sa proie.

Dabadi ZOUMBARA

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