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EVACUATION DE KATUMBI EN AFRIQUE DU SUD   Chronique annoncée d’un martyr  

EVACUATION DE KATUMBI EN AFRIQUE DU SUD     Chronique annoncée d’un martyr   

"Un gouvernement ne peut pas appeler au dialogue entre les composantes de la vie politique en même temps qu’il harcèle, arrête et emprisonne simultanément les personnes qui devraient y participer". Ces propos de Mark Toner, porte-parole adjoint du département d’Etat américain, à l’adresse du pouvoir de Kabila en RDC, ont peu de chances d’être entendus. En effet, Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga, ancien bras droit de Joseph Kabila, devenu opposant, a été évacué au pays de Mandela suite à la brutalité policière dont il a été victime. Au-delà de ce problème de santé, dont on espère qu’il se remettra, on a envie de se demander si Katumbi retournera dans son pays. Cette question se pose parce que la justice congolaise l’a inculpé  pour atteinte à la sûreté de l’Etat dans l’affaire dite de recrutement de « mercenaires étrangers ». Tout le monde le devine aisément. Derrière ce geste « humanitaire » quelque peu cynique, qui a permis à Katumbi de sortir de son pays, se cache une visée machiavélique. Pour sûr, Katumbi se sait attendu par la Justice de son pays qui guette son retour pour  lui mettre le grappin dessus. Pour la suite, l’intéressé lui-même ne se fait pas d’illusion. Ce sera un procès rocambolesque avec à la clé un verdict lourd. Pas parce qu’il se sera reconnu coupable de quoi que ce soit, mais parce que le juge « acquis » de la RDC a reçu des instructions pour qu’il soit jugé et condamné à la hauteur de la volonté du prince. Le scénario est tout tracé. Dans l’hypothèse où Moise Katumbi, craignant légitimement pour sa vie, décidait de prolonger son « exil-maladie » en Afrique du Sud, cela pourrait être  interprété comme un aveu de culpabilité et équivaudrait à un suicide politique. Déjà, avec les problèmes respiratoires nés de l’inhalation des gaz lacrymogènes de la police congolaise, les contempteurs de Katumbi l’accusent d’avoir simulé une maladie pour quitter le pays. Dans la seconde hypothèse où Katumbi, par respect pour l’engagement pris avec la Justice de retourner chez lui, ou par volonté de repartir pour  prouver son innocence devant la justice, remettrait pied dans son fief au Katanga, Kabila l’enverrait derrière les barreaux.

Katumbi sait qu’il ne sortira pas indemne de la cabale orchestrée par le régime Kabila

Dans tous les cas, entre deux maux, il faut toujours choisir le moindre. Et le moindre mal, ici, pour l’ancien gouverneur, à notre sens, serait un retour, illico presto, au pays dès qu’il viendra à bout de ses ennuis de santé, avec tous les risques que cela comporte. En fait,  devant une justice aux ordres comme celle de la RD Congo, Katumbi sait qu’il ne sortira pas indemne de cette cabale orchestrée par le régime Kabila. Il court le risque de la prison à perpétuité et l’assassinat politique en cellule. Donc, rester ou repartir, Katumbi connaîtra le destin d’un martyr. Le pouvoir dictatorial a la main libre pour le « traiter », comme d’autres personnes avant lui, surtout qu’à l’intérieur du pays, les autres opposants, parce qu’ils ont intérêt à voir Katumbi écarté, restent bouche cousue. Au sens propre comme au figuré, Moïse Katumbi se retrouve piégé. L’adage dit que l’homme tisse son destin comme l’araignée sa toile. Pour sa survie politique et physique, l’ancien gouverneur du Katanga devra se battre. Pourquoi ? Parce que le destin présidentiel se joue parfois à travers certaines épreuves comme la prison ou la torture, principales armes des dictateurs. Katumbi a là une occasion de renverser le cours des évènements à son avantage. Le ring idéal se trouve donc à Kinshasa, d’où la nécessité pour Katumbi de revenir au pays quoi que cela lui coûtera.

Michel NANA

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