GREVE ILLIMITEE DES CHAUFFEURS ROUTIERS : Des dizaines de camions bloqués le long de la RN1

GREVE ILLIMITEE DES CHAUFFEURS ROUTIERS  : Des dizaines de camions bloqués le long de la RN1

 

Les chauffeurs routiers observent depuis le 2 avril 2019, une grève illimitée sur l’étendue du territoire national. Selon certaines informations, ils protesteraient contre toute reconduction de l’actuel président de l’OTRAF, Issouf Maïga. Alerté par un citoyen de la ville de ce que des camions seraient interdits d’entrer ou de sortir de la ville, sur la RN1, nous y avons fait un tour, dans la matinée d’hier 3 avril, pour constater ce qu’il en était. En tout cas, ce sont des dizaines de camions qui étaient bloqués sur cette voie, au moment de notre passage entre 10h et 12h.

Il est 10h 10mn lorsque nous arrivons à la station Total-Shell de Boulmiougou, située sur la Route nationale (RN) N°1. Ce qui frappe à première vue, ce sont les dizaines de camions alignés en file indienne, côté droit de la RN1. Continuant notre chemin espérant voir un mouvement pour nous approcher, nous apercevons trois jeunes, probablement des apprentis-chauffeurs, couchés sur une natte sur le goudron, sous un des camions stationnés. Nous descendons de notre véhicule de reportage et les rejoignons. Dès que nous arrivons à leur niveau, un des trois se lève brusquement. Nous les saluons et déclinons notre identité. Rassurés par notre présentation, ils se lèvent tous et s’asseyent sur leur natte. Nous leur demandons alors la raison pour laquelle tous ces camions sont garés. Un d’eux nous dit d’avancer devant leur camion où se trouvait leur chauffeur. Ce que nous faisons. Après avoir fait tous les salamalecs et décliné les raisons de notre présence, le chauffeur, qui a requis l’anonymat, nous répond en ces termes, en dioula : « nous sommes bloqués ici depuis hier nuit (NDLR : la nuit du 2 avril). Je suis chauffeur à Dédougou et nous sommes venus nous approvisionner en marchandises diverses (riz, sucre, sucrerie, etc.). C’est en repartant que des chauffeurs routiers nous ont fait comprendre qu’ils sont en grève et que par conséquent, aucun camion ne devrait bouger. C’est pourquoi nous sommes là, ne sachant pas quand est-ce qu’on aura la route. Vraiment, cette situation nous fatigue beaucoup ». A la question de savoir quelles sont les raisons qui leur ont été données par les protestataires, un jeune qui se trouvait à côté de notre interlocuteur, probablement un apprenti-chauffeur, raconte, l’air remonté: « Ils ont dit qu’ils ne veulent pas d’un certain Issouf Maïga. Mais ce qui m’énerve, c’est le laxisme des autorités qui ne prennent pas leurs responsabilités. A chaque fois, c’est la même chose. L’année dernière, c’était la même histoire autour du même Maïga.

Des permis de chauffeurs de camions retirés

Cette fois-ci encore, c’est lui. Ce qui veut dire que le problème n’avait pas été résolu. Vraiment, les autorités n’ont qu’à trouver une solution parce que nous souffrons et cela joue sur nos activités. Déjà qu’il n’y a pas d’argent dans le pays et qu’on se débrouille, si l’on doit encore assister à tous ces mouvements, vraiment, c’est compliqué. Ils n’ont qu’à faire pardon et nous tirer de cette crise le plus tôt possible ». Nous leur demandons alors s’ils savent où l’on peut trouver ceux qui les empêchent de sortir. C’est là qu’ils nous disent de nous rendre au péage où nous pourrons trouver les manifestants. Nous continuons alors notre chemin jusqu’au péage. Tout au long du trajet, ce sont des dizaines de camions qui étaient empêchés d’entrer ou de sortir. Au péage, se trouvait effectivement un groupuscule de personnes sous un arbre, l’air un peu remonté. Nous nous approchons et demandons à voir un responsable. Un d’eux, le plus âgé du groupe, s’approche de nous et nous fait comprendre qu’aucun des responsables n’est présent et que tous seraient en train d’animer une conférence de presse. Néanmoins, il tenait un bout de papier sur lequel se trouvait la raison de leur mouvement (voir ph. 3). Malgré notre sollicitation, aucun d’eux n’a voulu se prononcer. Lorsque nous quittions les lieux à 11h 15mn, un chauffeur de camion citerne qui venait sur Ouaga, s’est vu retirer son permis de conduire. Selon certains, c’est le même sort qui est réservé à tous les chauffeurs de camions qui entrent ou quittent la capitale. La même scène, selon des informations, se déroulerait sur les entrées et sorties de la capitale.

Colette DRABO

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