LETTRE OUVERTE AUX COMMISSAIRES HIEN ET SANON : « Que vaut une loi lorsque celle-ci n’est pas appliquée ? »

LETTRE OUVERTE AUX COMMISSAIRES HIEN ET SANON : « Que vaut une loi lorsque celle-ci n’est pas appliquée ? »

Dans la lettre ouverte ci-dessous, adressée aux commissaire Hien Gérard et Cyrille Sanon, l’auteur attire leur attention sur la circulation et la vente illicite d’armes au Burkina Faso. C’est pourquoi il  s’interroge en ces termes : « que vaut une loi si celle-ci n’est pas appliquée ? »

Messieurs les Commissaires

Eu égard aux responsabilités républicaines combien importantes que vous devez assumer en tant que, respectivement, directeur de la règlementation et directeur de la sureté de l’Etat, nous, citoyen soucieux de l’avenir du Burkina Faso en matière de sécurité et de stabilité, avons décidé en toute conscience de vous interpeller publiquement et officiellement à travers cette lettre ouverte.

Messieurs les commissaires, notre interpellation concerne évidemment un phénomène gravissime que vous, de par vos charges, connaissez sans doute mieux que nous. Mais sans l’on ne comprenne pourquoi, vous avez toujours adopté une posture de laissez-faire.

Messieurs les commissaires, il s’agit de la problématique des importations et du contrôle des armes au Burkina Faso. Il y a vraisemblablement un désordre qui ne dit pas son nom dans ce secteur ; ce qui entraine depuis des années une série de transactions frauduleuses. En effet, des personnes indélicates s’adonnent sans état d’âme et sans inquiétude à des importations ou ventes des armes et des munitions en violation des principes réglementaires en la matière. Du coup, les différentes conventions et lois qui régissent normalement le secteur sont royalement foulés au pied par des individus qui n’ont de logique que leur profit personnel.

Malheureusement, rien n’est fait véritablement pour arrêter de telles pratiques dont la nuisance sur la sécurité du pays n’est vraiment pas à démontrer. Certes, il y a les lois qui sont disponibles. Mais que vaut une loi lorsque celle-ci n’est appliquée pour servir et valoir ce que de droit ? Rien ! Absolument rien ! Et comme vous le savez mieux que quiconque, la responsabilité de faire en sorte que les différentes lois votées et les conventions ratifiés pour encadrer les activités armurières au Burkina Faso vous incombe. Vous avez le devoir républicain de veiller à ce que ces textes juridiques aient tout leur sens et leur portée. C’est pourquoi la responsabilité des violations répétitives des lois et des conventions vous est imputable. Afin de réussir votre mission, l’Etat vous a donné une arme que vous n’utilisez pas de façon sensée. Il s’agit naturellement du contrôle. Cependant, comme nous l’insinuions déjà plus haut, vous n’exercez pas correctement ce droit. C’est pourquoi les ventes illicites d’armes et de munitions ont toujours la peau dure au Burkina Faso. Plus de 35 millions de cartouches ont été vendues sans autorisations entre 2012 et maintenant. La donne au niveau des armes est également la même. Une preuve parmi tant d’autres est qu’une arme de guerre a été récemment découverte dans une société de gardiennage de la ville de Ouagadougou. Ces armes et munitions vendues n’ont jamais été enregistrées dans le fichier de la police nationale. Et dans ce cas de figure, il n’y a pas de traçabilité. Encore faut-il comprendre que la probabilité que les armes vendues inconventionnellement tombent dans les mains des bandits ou des terroristes est trop élevée.

Messieurs les commissaires, le Burkina Faso est dans l’œil du cyclone terroriste. Déjà en amont, il y avait le grand banditisme qui constituait un fléau sécuritaire pour les citoyens burkinabè. Dans ce contexte, il est de toute évidence que les pratiques frauduleuses des armes et des munitions que vous laissez faire par laxisme, permissivité ou par complicité viennent amplifier les dangers et les risques. Et le drame dans toute cette affaire est que Monsieur le Ministre d’Etat en charge de la sécurité n’est pas au courant de ce qui se passe. Le gouvernement burkinabè dans son ensemble ne sait pas que vous ne jouez pas toujours franc-jeu. L’opinion nationale ne sait non plus que vous n’assumez pas toujours de façon républicaine et citoyenne les charges que l’Etat vous a confiées. Il y a lieu que vous cessiez de travailler au sabotage de la politique nationale de sécurité du gouvernement.

Messieurs les Commissaires, les dénonciations que nous faisons à votre encontre sont citoyennes. Notre attitude participe de l’effort que tous les Burkinabè sans distinction doivent consentir afin de garantir la sécurité et la stabilité à l’Etat burkinabè. De ce point de vue, nous espérons que vous ne manquerez point l’occasion de vous ressaisir et de vous investir de façon plus authentique pour l’avènement de ce Burkina sécurisé et stable.

Abdoulaye TRAORE

Directeur général de ETAF ARMABEL

 

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