MINI-SOMMET SUR LA GAMBIE A ACCRA : La CEDEAO bat en retraite

MINI-SOMMET SUR LA GAMBIE A ACCRA : La CEDEAO bat en retraite

 

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est-elle en train de se dégonfler comme un ballon de baudruche ?  C’est la question que plus d’un se pose à l’issue du mini-sommet des chefs d’Etat ouest-africains sur la Gambie, tenu le 7 janvier dernier à Accra, en marge de l’investiture du nouveau président ghanéen, Nana Akufo-Addo. En effet, il n’y a pas eu de « décision majeure » comme l’avait annoncé le porte-parole du président nigérian Muhammadu Buhari, par ailleurs médiateur en chef dans la crise gambienne. Mieux, la CEDEAO donne l’impression de battre en retraite. Car sa position semble avoir évolué avec le temps. L’usage de la force qu’elle n’excluait pas pour faire partir le dictateur, Yahya Jammeh, du pouvoir, n’est plus à l’ordre du jour. L’instance sous-régionale ouest-africaine privilégie désormais la voie de la sagesse. « Nous nous sommes engagés dans une médiation pacifique et à un transfert pacifique du pouvoir en Gambie. Nous continuerons à le poursuivre pour l’instant », a déclaré la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, à la sortie d’une réunion avec ses pairs de la sous-région. Dont acte ! Le maître de Banjul est en passe de remporter son bras de fer ; lui qui, dans une récente sortie médiatique, répondait à la CEDEAO en des termes, on ne peut plus clairs : « Je ne partirai pas ». Cette attitude de défiance rappelle celle du président burundais, Pierre N’Kurunziza qui, envers et contre tous, a réussi à se maintenir au pouvoir et ce, en dépit de la clameur mondiale. Les menaces de l’Union africaine (UA) et du Conseil de sécurité de l’ONU n’y ont rien fait, ce d’autant plus qu’elles n’ont même pas réussi à déployer les forces d’observation sur les collines de Bujumbura où se jouent pourtant, des drames d’une si grande ampleur. Pour revenir à la Gambie, on a envie de dire qu’à l’allure où vont les choses, le président démocratiquement élu, Adama Barrow, n’est pas loin de subir le même sort que celui de Jean Ping qui, piégé par la communauté internationale, va, aujourd’hui, de pays en pays, pour plaider sa cause.

Adama Barrow est plus à plaindre qu’à envier

 

Car, il y a fort à parier que si le verdict de la Cour suprême attendu au plus tard demain, 10 janvier 2017, est favorable à Jammeh, la CEDEAO ne fera rien d’autre que de concéder une reprise des élections en Gambie. Or, c’est une lapalissade de le dire, une reprise du scrutin ne profiterait qu’au satrape Jammeh qui a réussi à déstabiliser tous les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ; le président ayant, quant à lui, pris ses jambes à son cou pour se réfugier au Sénégal voisin. Cela dit, Adama Barrow est plus à plaindre qu’à envier. Car, pour qui connaît Jammeh sait qu’il est capable d’attenter à la vie de cet homme qui a « osé » le défier dans les urnes. En tout cas, l’option militaire étant plus ou moins écartée, la CEDEAO ferait mieux d’actionner d’autres leviers. Pourquoi ne pas travailler au corps les juges nigérians et serra-léonais que Jammeh a lui-même nommés comme membres de la Cour suprême ? Certes, ce n’est peut-être pas la solution face à un imprévisible homme comme Jammeh, mais cela aura au moins l’avantage de lui enlever un argument de plus ; lui qui, pour clouer le bec à la CEDEAO, crie à qui veut l’entendre qu’il a usé des voies de recours légales pour contester les résultats de la présidentielle du 1er décembre dernier. C’est dire que les heures qui suivent promettent d’être très décisives pour l’avenir de la Gambie. Car, aujourd’hui même se tient à Abuja, une réunion ministérielle à laquelle participeront le Ghana, le Sénégal, la Sierra Leone et bien évidemment le Nigeria. Espérons donc qu’il en sortira quelque chose de concret pour sauver le peuple gambien qui a tant souffert le martyre. On attend de voir !

Boundi OUOBA

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