MOUSSA ZERBO, DEPUTE DE L’UPC « J’ai personnellement été approché, à l’interne, par le camarade Kiemdé pour me débaucher »

MOUSSA ZERBO, DEPUTE DE L’UPC  « J’ai personnellement été approché, à l’interne, par  le camarade Kiemdé pour me  débaucher »

 

Le député Moussa Zerbo est un des communicants influents du premier parti de l’opposition politique du Burkina, l’UPC dont il est le deuxième porte-parole et celui du président Zéphirin Diabré. Dans cette édition de ‘’Mardi Politique’’, il revient sur la situation traversée par son parti avec des sanctions à l’encontre de deux députés dont un a été exclu pour ‘’haute trahison’’. A travers cette interview, le  député chargé à la communication du groupe parlementaire UPC nous en dit davantage sur ce qu’il en est de la question de débauchage de députés de l’UPC par le parti présidentiel, à savoir le MPP.  

                            

Comment avez-vous accueilli l’élection de Alassane Sakandé à la tête du Parlement ?

Disons que nous l’avons accueillie comme tout le monde en ce sens que c’est son parti qui l’a proposé comme candidat. Etant donné qu’à l’Assemblée nationale, c’est un mandat qui était en cours, nous avons trouvé somme toute logique que dans cette continuité, le candidat proposé par le parti majoritaire puisse le continuer. Nous n’avons pas d’appréciation particulière à faire sur le choix du candidat, dans la mesure où ce n’est pas nous qui l’avons choisi comme candidat. Nous l’accueillons comme tout le monde, avec l’espoir qu’il pourra faire face à cette nouvelle responsabilité qui vient de lui être confiée.

Pensez-vous qu’il a le profil de l’emploi pour réussir sa mission ?

Comme je viens de le dire, nous n’avons pas de jugement de valeur à porter sur sa personne. Si son parti a jugé qu’il est l’homme de la situation, nous ne faisons que constater. Et comme on le dit souvent, nous préférons juger le maçon au pied du mur.

Il vient quand-même à la tête du parlement à une période où l’institution est éclaboussée par une affaire de missions sans pièces justificatives. Pensez-vous qu’il pourra faire la lumière sur ce qui se dit ?

C’est à travers les médias que nous avons tous appris ces rumeurs. Il lui reviendra, effectivement, en tant que nouveau président de l’Assemblée nationale, d’apporter la lumière sur toutes ces questions-là. Et je pense humblement que s’il veut réussir sa mission, il gagnerait à procéder d’abord à un audit de la maison pour savoir exactement où se trouve la part de vérité dans tout ce qui est dit. Nous, nous ne pouvons pas confirmer ni infirmer ce qui est dit dans la presse. En ce qui concerne donc la véracité des faits, il reviendra au nouveau chef du parlement de les prouver à travers des contrôles internes, pour pouvoir élucider tout ce qui a été dit.

Il  y a des députés de l’UPC qui sont également cités….

Nous avons vu les écrits comme tout le monde. Ce sont les députés de tous les groupes parlementaires. Autrement dit, des députés des différents groupes sont cités dans ces rapports. Et jusqu’à ce que les choses soient prouvées, je pense qu’il est un peu délicat de se prononcer sur cette question.

Etes-vous personnellement concerné ?

Non, moi pas du tout. Je ne suis pas concerné.

La rumeur avait couru que l’illustre disparu, Salifou Diallo, tentait de débaucher certains députés de l’UPC. Est-ce que vous confirmez ?

Je ne peux pas confirmer dans la mesure où personne n’est dans le secret des dieux. Mais de prime à bord, il est difficile et hasardeux pour toute personne de pouvoir avancer des propos allant dans ce sens. Eu égard à tout ce qu’on a lu, on espère et on souhaite vraiment que des investigations soient menées pour inculper ou disculper ceux qui ont été cités. Nous, au niveau de l’UPC, sincèrement, c’est une question qui ne nous a pas beaucoup intéressés. Nous l’avons prise comme tout le monde. Nous nous gardons de dire avec certitude si c’est vrai ou faux. On se garde donc de juger.

Mais sur les réseaux sociaux, un communiqué supposé de votre parti faisait mention d’une liste de députés qui ont été contactés. Ce n’est pas un écrit officiel ?

Nous avons également vu cette publication. Mais ce n’est pas un écrit officiel. Si c’était le cas, il serait signé et daté. Au niveau de l’UPC, il y a plusieurs secrétariats constitués autour des thématiques. Et lorsqu’un événement nécessite la sortie du parti, c’est le secrétariat chargé qui traite de la question, qui publie un écrit signé par le responsable dudit secrétariat. Tout le monde sait par exemple que quand il s’agit des questions de sécurité, c’est le colonel Lona Charles Ouattara qui intervient. En ce qui concerne la santé, c’est le docteur Zoungrana . Sur les questions de culte, c’est le Poé Naaba.  Et si c’est un évènement d’envergure nationale, c’est le président Diabré lui-même qui fait une publication signée et datée. Mais cet écrit porte la signature de qui ? Un écrit anonyme, nous le mettons toujours sur le compte des rumeurs.

C’est dire que l’UPC n’est pas bousculée, l’UPC est sereine ?

L’UPC est sereine

Nous sommes très sereins. Nous allons être bousculés  par qui et par rapport à quoi ? Nous sommes en pleine organisation, en pleine restructuration. L’UPC se porte à merveille.

N’empêche que des voix discordantes existent. Il y a des démissions. Par ailleurs, le député Palenfo disait qu’il préférait un cadre indiscipliné à un cadre mouton et suiviste. Avez-vous toujours des cadres indisciplinés au sein de l’UPC ?

Ce que le camarade Palenfo a dit, n’engage que lui. S’il estime qu’il est quelqu’un qui a une certaine liberté par rapport aux autres qui ne sont pas libres, cela n’engage que lui. Nous, à l’UPC, nous ne subissons aucune pression de quiconque que ce soit. La preuve en est que moi, je ne reçois pas de directives et je ne suis pas les choses de façon moutonnière. Nous avons toujours mené des débats contradictoires. La preuve en est que lui-même qui s’est insurgé, n’a pas été sanctionné parce qu’il n’a pas suivi. Nous avons dit tout simplement qu’il a tenu des propos discourtois à l’endroit de ses collègues. Ce sont ces éléments qui lui ont été reprochés et qui lui ont valu le blâme. Il n’a pas été chassé. Et quand vous parlez de démission, je ne sais pas dans quel sens ?

Vous avez exclu …

Oui, des camarades ont été exclus suite à leurs comportements. Vous conviendrez avec nous que vous, en tant que média, vous avez une hiérarchie qui est là. Si vous commettez un acte qui n’est pas conforme aux règlements et que conformément aux voies de procédure, on vous demande de fournir une lettre d’explication pour laquelle vous refusez de répondre ; ensuite on vous envoie une commission de conciliation, vous refusez de collaborer, nous pensons que ce sont des cas d’indiscipline. Les textes ont été édictés par nous-mêmes et il n’y a pas de raison que quelqu’un puisse se mettre en marge. Il y a eu des cas d’exclusion et ce sont des cas qui ont été prévus par nos textes qui prévoient qu’en cas de haute trahison, c’est-à-dire comploter avec un autre parti contre son propre parti, il va de soi que ce soit une sanction lourde. Et ce n’est pas un individu qui prend une telle sanction. C’est l’ensemble du bureau politique qui réunit près de 200 personnes et il faut que l’ensemble des camarades cadres du parti estiment et apprécient avant la prise de la décision. Personne ne prend la décision de façon unilatérale.

Donc ce député complotait avec un autre parti ?

Oui, c’est avec le MPP. On a eu l’occasion de revenir longuement là-dessus.

Vous avez eu des preuves ?

Absolument, on a eu des preuves. Ses accointances avec le défunt Salifou Diallo n’étaient pas cachées. J’ai personnellement été approché, à l’interne, par  le camarade Kiemdé pour me  débaucher. Je pense que d’autres députés de notre parti l’ont été également. Et il nous disait formellement de venir de l’autre côté. Vous comprenez un peu. Là, ce ne sont plus des rumeurs. Est-ce que vous pensez que politiquement, c’est faisable ?  En tant que députés, quel intérêt avons- nous à mentir si nous n’avons pas été approchés ? Est-ce que c’est bien de poser ce genre d’actes, même si on n’est pas d’accord avec l’orientation ou les agissements du parti ? Moi je pense que le camarade n’avait pas besoin de tout cela. Il aurait fallu dire sagement : « je ne me retrouve plus dans les textes ni dans les idéaux du parti, je démissionne ». Il nous a toujours dit qu’il votera toujours pour le MPP. Quand votre camarade vient à dire cela en face, comprenez avec nous que ce n’est pas de la rumeur. Et soyez-en sûr, à l’UPC, nous ne faisons pas de l’arbitraire.

Vous avez dit en son temps, qu’il serait sage pour lui de remettre son mandat. Est-ce à dire qu’il y a un problème de texte régissant la fonction du député ?

Effectivement, il  se pose une question de textes.  En ce qui concerne les démissions, les textes sont très clairs. Un député qui démissionne de lui-même perd son siège. Son suppléant le récupère automatiquement. Mais lorsqu’à l’intérieur de son parti, il a été exclu, il part avec son mandat. C’est le cas de figure avec le camarade Elisée Kiemdé. Nous avons mesuré toutes les conséquences et avons décidé de l’exclure et qu’il aille avec son mandat. Mais nous avons aussi estimé que le mandat ne lui appartient pas. Le mandat est conféré à l’UPC.  Alors, il viendra donc siéger au nom de qui à partir du moment où il n’est plus du parti. La sagesse voudrait que son mandat soit cédé à son suppléant. C’est ce que nous lui avons demandé. Au moins, s’il a un minimum de dignité toujours, qu’il reconnaisse que la population du Bazèga qui l’a élu, ne voudrait pas d’un député qui s’en aille dans un autre parti ou qui trahisse leurs aspirations qui étaient quand-même d’être avec l’UPC, d’être en conformité avec les idéaux de l’UPC.

Est-ce à dire qu’il faut encore poser le débat sur la question du nomadisme des élus ?

Certes, c’est une question qui avait été suffisamment débattue et elle est même passée en débat et beaucoup de dispositions ont été prises, notamment le cas de démission. Et les textes disent formellement que si vous démissionnez, vous perdez votre mandat. Mais pour les cas d’exclusion, on peut y voir effectivement une certaine faiblesse de la loi. Je pense que les textes pourraient être revus pour dire de façon très express qu’un député qui est exclu de son parti, perd son mandat au profit de son suppléant. Je pense qu’il faudra l’envisager.

Vous y avez intérêt ?

PourquoiCertes, c’est une question qui avait été suffisamment débattue et elle est même passée en débat et beaucoup de dispositions ont été prises, notamment le cas de démission. Et les textes disent formellement que si vous démissionnez, vous perdez votre mandat. Mais pour les cas d’exclusion, on peut y voir effectivement une certaine faiblesse de la loi. Je pense que les textes pourraient être revus pour dire de façon très express qu’un député qui est exclu de son parti, perd son mandat au profit de son suppléant. Je pense qu’il faudra l’envisager. pas ? A quoi  sert-il de garder un camarade qui marche à contre-courant ? Je pense qu’en politique, on converge vers un idéal qui est la conquête du pouvoir. Et si on s’achemine vers la conquête et qu’un camarade est en train de vous empêcher d’y arriver, je pense qu’il vaut mieux être seul que d’être mal accompagné.

Vous avez tenu vos journées parlementaires à Fada N’Gourma, autour des questions des infrastructures. Pouvez-vous nous en dire davantage sur le choix de la localité et du thème ?

Nous avons d’abord fait le constat que la répartition géospatiale des infrastructures dans notre pays pose un sérieux problème. C’est la raison pour laquelle le groupe parlementaire UPC a estimé qu’il était bon de se pencher sur cette question, notamment en s’intéressant au volet de l’impact sur les régions, principalement en ce qui concerne les potentialités. Si on prend par exemple une zone enclavée qui a une grande production céréalière ou des cultures maraîchères, lorsqu’il n’y a pas la possibilité de les écouler dans les autres localités pour faute de routes, cela peut entamer les efforts des producteurs. Alors que nous constatons que la répartition des infrastructures routières ne tient pas compte des potentialités des régions. Vous connaissez très bien cette zone de l’Est, qui se trouve dans une situation peu enviable. C’est pour cela que nous avons choisi expressément la région de l’Est pour aller toucher du doigt les réalités de cette région qui souffre justement de ce manque criard d’infrastructures routières. Lorsqu’une zone est enclavée, on ne peut pas parler de développement. Le développement passe forcément par la route. Si vous n’arrivez pas à échanger vos produits avec d’autres localités du pays alors que nous savons que le Burkina est à 80 et 90% agricole, si les braves paysans doivent produire et laisser leurs productions pourrir parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens de les acheminer, alors que d’autres régions ont besoin de ces spéculations, il y a problème. Donc, l’UPC a estimé vraiment qu’il était bon qu’on puisse se pencher véritablement sur cette question. Parce qu’il est question du développement et  de l’économie du pays. Nous, nous pensons que les infrastructures contribuent fortement à l’émergence du pays et à augmenter les revenus de nos vaillants paysans en milieu rural.

Deux ans après le putsch manqué, quelle appréciation faites-vous de la gestion politique et judiciaire du dossier ?

Il faut avoir le courage de le dire. Il faut que la Justice bouge

Il faut dire que c’est un peu décevant. C’est même très décevant et il faut avoir le courage de le dire. Nous sommes tous des fils et filles de ce pays, et nous avons le même ressentiment. Deux ans après, si on nous demande quel bilan on peut faire, nous disons que les dossiers au plan judiciaire n’ont pas bougé. Nous ne savons jusqu’à présent pas qui a fait quoi et pourquoi ? On n’en sait rien. On attend que les personnes incriminées soient jugées pour les actes posés et jusqu’à présent, rien n’a été fait. Nous pensons que ce sont des dossiers qui devraient être la priorité du MPP en venant au pouvoir. Parce que c’est grâce à la détermination de la jeunesse, de la population que nous avons pu avoir l’alternance. Et si l’alternance est arrivée, il faut tenir compte de ses acteurs. Malheureusement, nous avons perdu de braves fils, de braves filles dans cette lutte. Et nous en connaissons également plus ou moins les commanditaires. Nous estimons donc que les personnes qui ont commis de tels actes méritent d’être jugés. Je ne vous apprends rien. Jusqu’à l’heure où nous sommes, quel dossier a évolué ? Aucun dossier n’a évolué. On est toujours dans l’attente, on est toujours dans la soif de cette justice qui a été la source même de cette sortie pour  cette insurrection que nous avons connue les 30 et 31 octobre 2014. C’était pour  des questions de justice fondamentalement, liée à l’inégalité, l’injustice, la patrimonialisation et tout le reste qu’on peut citer. Si aujourd’hui nous constatons que ces dossiers piétinent, c’est déplorable et regrettable. Il faut avoir le courage de le dire. Il faut que la Justice bouge, il faut qu’il y ait réparation.

Au Burkina, on constate que l’incivisme a pris des proportions inquiétantes. Comment expliquez-vous cela ? Quelles solutions préconisez-vous?

La question de l’incivisme concerne tout le monde. Quand on parle de l’incivisme, il faut le mettre dans plusieurs volets. C’est un phénomène qui est à tous les niveaux. Lorsqu’on voit nos dirigeants comme des directeurs généraux, des présidents d’institutions qui doivent donner le bon exemple, se consacrer plutôt au pillage de nos ressources, prendre des deniers publics et les dilapider comme si de rien n’était, ça pose problème. Il s’agit d’une forme d’incivisme qu’il faut voir au plus haut niveau. Et lorsque la base constate qu’il n’y a pas de morale au plus haut niveau, qu’est-ce que cela peut amener ? Chacun se dit que tout est permis. Il est plus que nécessaire donc d’instaurer une gouvernance vertueuse. Par ailleurs, il faut faire le lien entre l’incivisme et l’éducation. Des familles ont démissionné de l’éducation des enfants. Cela est dû aussi au grand chômage que nous connaissons. Face au désespoir, face au désarroi, beaucoup de gens s’adonnent à des choses peu recommandables. C’est comme si à la limite, on ne leur donnait pas le choix. Il y a lieu  de prendre en compte cette jeunesse qui croupit sous le poids du chômage. Mais j’insiste sur la question de la gouvernance vertueuse, qui voudrait que nous soyons tous les mêmes devant la Justice, que nous ayons les mêmes accès aux services sociaux de base. Et lorsqu’on constate qu’il y a une disparité, cela ne peut que créer des révoltes. Des révoltes qui peuvent se manifester de plusieurs manières. Il arrive que des gens s’en prennent à tout, à la moindre occasion. Chacun est sur les nerfs à la moindre des choses.  Ce qui donne des crises à répétition. Et pourtant, on ne devrait pas en arriver là. Nous disons que la question de l’incivisme est transversale. Lorsque vous êtes en circulation et que vous voyez un peu le comportement des gens, ce sont des formes d’incivisme que de ne pas respecter  les feux tricolores ou d’enfreindre le Code de la route. Le respect pour nos anciens et les aînés sont des valeurs qu’on a foulées au pied.

Je pense qu’au niveau de notre système éducatif, il faut intégrer l’éducation civique  depuis la base, pour permettre aux enfants de connaître et respecter les valeurs qui régissent nos sociétés, telles que le respect des institutions.  Par ailleurs, au-delà de l’éducation formelle, il faut travailler à valoriser l’éducation informelle qui s’apprend au niveau de la cellule familiale et de la société. Si un adulte vient à jeter un sachet sur le goudron, quel message donne-t-il au petit qui est à côté ? Ce dernier se dira que c’est autorisé. Si par contre il le range dans une poubelle, il invite par ce geste cet enfant à prendre le bon exemple. Mais si nous-mêmes nous ne donnons pas le bon exemple, il est évident que l’incivisme ne pourra qu’aller crescendo et on ne peut que le regretter.

L’actualité, c’est aussi la lutte contre le terrorisme. Votre groupe parlementaire a-t-il des propositions dans le cadre de cette lutte ?

Nous pensons que notre responsable en charge des questions sécuritaires, le député Lona Charles Ouattara, est longuement revenu là-dessus. Il a proposé pas mal de choses. Il a même produit un document qu’il a remis au gouvernement, étant lui-même un professionnel. La question sécuritaire a fait l’objet de nos premières journées parlementaires à Kaya. Qu’il s’agisse de l’insécurité, des questions de Koglwéogo, du terrorisme, l’UPC a déjà abordé tout cela, en collaboration avec les professionnels du domaine. Il y a beaucoup de propositions que l’UPC a déjà faites dans ce sens.

Quelle lecture faites-vous de la situation sociopolitique actuellement au Togo ?

Faure doit comprendre qu’il n’a pas besoin de tuer sa population pour se maintenir au pouvoir

C’est une question assez délicate. C’est vraiment assez bizarre que des chefs d’Etat n’aient pas encore tiré leçon de ce qui se passe dans les pays voisins. Notamment le cas du Burkina devrait faire école. Mais j’ai l’impression que le message n’est pas passé. Je peux dire que le cas malien qui est assez récent, devrait nous illustrer que le président Kéita a été sage en abandonnant son projet de révision constitutionnelle. Mais au Togo, nous voyons qu’il y a comme un entêtement en ce sens que malgré le fait que le peuple s’oppose, que le peuple n’est pas d’accord pour le pouvoir à vie, le président s’entête avec son entourage tout en faisant des victimes. Cela est vraiment déplorable.  Nos chefs d’Etat doivent comprendre que le pouvoir, c’est le peuple. C’est le peuple qui donne le pouvoir. Et lorsque le peuple n’est pas d’accord avec vous et que vous vous imposez, on ne peut que vivre des situations déplorables. Un président doit être consensuel et sa gouvernance aussi. Il ne suffit pas que de remporter des élections pour penser qu’on est aimé par le peuple. Lorsqu’on veut s’éterniser au pouvoir, il est évident que le peuple s’opposera. Nous pensons qu’il y a lieu que le président togolais se ressaisisse. Qu’il comprenne qu’il n’a pas besoin de tuer sa population pour se maintenir au pouvoir. Il a besoin d’écouter  cette population et de prendre en compte ses préoccupations. Il a joué sa partition. Il n’est pas le seul fils de ce pays. D’autres fils du Togo peuvent également le construire valablement. Nous, nous pensons que l’ère des présidents dictateurs est révolue.  Qu’il comprenne cela pour toujours. En tout cas, le président togolais doit savoir que le monde entier le regarde par rapport aux massacres qu’il est en train de perpétrer. Que la sagesse puisse le guider afin que le peuple togolais puisse vivre en toute sérénité. Qu’il abandonne les réformes hasardeuses qu’il est en train de vouloir opérer.

Interview réalisée par Drissa TRAORE et Ousmane TIENDREBEOGO

 

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