PROMESSE DE LA FINALE DE LA COUPE DU MONDE 2030 AU MAROC : Infantino marquera-t-il le but de son maintien ?
En pleine tourmente suite à son projet très critiqué d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés, Gianni Infantino, le président de la FIFA, a tenu le 5 août dernier, une réunion d’urgence avec de hauts responsables de l’organisation mondiale du football, à son siège Afrique situé à Salé, près de Rabat au Maroc. Une réunion de crise tenue à huis clos, dans un contexte de fortes tensions où des voix et pas des moindres s’élèvent pour demander sa démission. Et la polémique continue d’autant plus d’enfler que malgré son rétropédalage et l’abandon du projet controversé suite à la clameur générale et à la fronde menée par les confédérations européenne (UEFA), asiatique (AFC) et de la CONCACAF (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes), ils sont nombreux à penser que le successeur de Sepp Blatter a trahi les principes, les valeurs et les intérêts du football.
Cette réunion d’urgence convoquée par un Infantino, ressemble à une réunion technique d’avant-mach pour arrondir les angles
Et, de ce fait, ne mérite plus de rester à la tête de la faîtière du football mondial. C’est dans ce contexte que s’est tenue cette réunion d’urgence en terre africaine, comme si le puissant patron de la FIFA venait chercher refuge sur un continent qui semble son obligé, et qui n’est pas loin de le suivre comme un mouton de Panurge. Comment peut-il en être autrement quand on voit comment, au milieu du tollé général et jusqu’à ce que l’intéressé lui-même renonce à son projet querellé, la Confédération africaine de football (CAF) est restée sur une position de dilatoire qui en dit long sur ses craintes d’effaroucher et sa volonté de ne pas ramer à contre-courant des desiderata du truculent dirigeant du football mondial ? Une position d’attentisme qui n’honore d’autant pas le continent noir que les autres confédérations n’ont pas eu besoin d’un long temps de réflexion pour marquer leur désapprobation claire et leur rejet ferme d’une décision potentiellement dangereuse pour les intérêts du football. Toujours est-il que cette réunion d’urgence convoquée par un Infantino qui nourrit l’ambition d’enchaîner un quatrième mandat à la tête de l’organisation qu’il dirige depuis 2016, ressemble à une réunion technique d’avant-match pour arrondir les angles, dans sa volonté de se succéder à lui-même à la tête de la faîtière du football mondial. Et, à en croire des confidences de la presse britannique, tout porte à croire qu’il a déjà sifflé un coup franc en sa faveur, dans sa volonté de mettre toutes les chances de son côté, pour remporter le gain de la partie. En effet, il ressort qu’à la faveur de cette réunion de crise tenue au pays de Sa Majesté Mohamed VI, le patron de la FIFA a promis la finale de la Coupe du monde 2030 au Maroc en échange de son soutien. Etant entendu que le Royaume chérifien qui coorganise l’événement avec l’Espagne et le Portugal, est en concurrence avec ces deux pays européens qui ont montré beaucoup d’enthousiasme à abriter la finale de cette prestigieuse compétition. Sauf que pour l’UEFA, avec ce projet qu’il a été contraint d’abandonner, Gianni Infantino est allé trop loin dans ses dérapages, pour continuer à mériter la confiance des acteurs du football mondial.
La réunion de Rabat visait, pour le patron de la FIFA, à rassurer ses collaborateurs et à s’assurer de leur fidélité
C’est dire si le patron de la FIFA est aujourd’hui sur la sellette et son poste d’autant plus menacé que l’abandon du projet n’a pas suffi à apaiser les tensions. De nombreuses voix et pas des moindres demandent sa démission, au moment où le vide commence à se faire autour de lui. A l’image de son conseiller principal, Carlos Cordeiro, qui a rendu sa démission, dans un contexte où de la Suède à la Serbie en passant par le pays de Galles et la Finlande, certaines fédérations nationales ont déjà annoncé le retrait de leur soutien. D’où la question de savoir si avec cette promesse faite au Maroc, Infantino marquera le but de son maintien. La question est d’autant plus fondée que tout porte à croire que la réunion de Rabat visait, pour le patron de la FIFA, à rassurer ses collaborateurs et à s’assurer de leur fidélité, au moment où son autorité et sa gouvernance sont pointées du doigt, au point que la pelouse de l’élection à sa succession, semble se dérober sous ses crampons. Reste à savoir si cette réunion d’urgence de Rabat produira les effets escomptés, et si cela sera suffisant pour maintenir la confiance des fédérations membres dont les voix seront déterminantes lors de l’élection prévue pour mars 2027.
« Le Pays »
