LA NOUVELLE DU VENDREDI : LE TEMPS EST DANS LE CŒUR

LA  NOUVELLE DU VENDREDI : LE TEMPS EST DANS LE CŒUR

Deux semaines à sortir tous les jours le matin sous la pluie. Deux semaines à se refugier rapidement dans un moyen de transport, à s’engouffrer dans un bâtiment pour travailler sous la pluie. Deux semaines à rentrer le soir, à manger, à vivre sous la pluie et le froid dans une autre région de la terre. Loin de ma savane, chaque nuit, je rêvais de mon Burkina Faso et ses journées ensoleillées.
Ce jeudi matin, j’avais une séance de travail avec des bénévoles animateurs séniors d’une bibliothèque de quartier. Sous la pluie, nous nous sommes retrouvés et sous la pluie nous avons travaillé de 9h à 12h et de 14h à 16h.
Les participants, des hommes et femmes du 3e âge, étaient au nombre de 25. Le plus jeune participant avait 68 ans. Et Jeanne, la doyenne, 82 ans. C’était une association de mamis et papis lecteurs de la bibliothèque qui consacraient leur temps au profit des orphelinats de la ville. Talentueux et très dynamiques, ils étaient une référence dans le domaine.
Pendant cette journée, nous avions travaillé et échangé nos expériences dans une ambiance conviviale et fraternelle. Toute cette journée, en bon sahélien, j’avais oublié la pluie et le froid interminable qui commençaient à peser sur mes épaules. Après la 1ere séance matinale, un doux soleil inondait mon cœur par la compagnie de ces personnes formidables.
Le samedi suivant, dans la soirée (20h), j’animais une séance de conte dans une autre localité à 15 km. Avant de nous séparer, pendant la séance photos souvenirs de notre rencontre, je parlai de la soirée.
- « Vous m’avez vraiment réchauffé le cœur et je vous en suis reconnaissant. Vous avez été merveilleux ! Dommage qu’on a un temps pareil avec une météo qui nous annonce encore une semaine semblable. Raison pour laquelle je ne me permettrai pas de vous inviter à ma soirée de conte samedi. J’espère qu’on aura le plaisir de nous retrouver pour d’autres occasions avec une météo plus clémente avant mon retour au pays. »
Nous avions pris le verre d’au revoir sous une ambiance joyeuse. Et sous la pluie, en compagnie des anciens, nous avions beaucoup échangé. Je les écoutais avec beaucoup d’attention. Ils m’écoutaient avec une certaine admiration. J’étais comme un fils pour ces hommes et femmes de cœur. Et sous la pluie, je suis rentré avec le soleil dans le cœur. Les jours suivants, j’ai continué mon travail avec un autre programme. Sous la pluie, mais dans la bonne humeur.
Le samedi, dans une salle de mairie, une centaine de personnes m’attendait pour un voyage à travers les contes du pays des hommes intègres. Dans les coulisses, je pensais à mes vieux amis de l’association.
- « Dommage avec un temps pareil, j’aurai aimé partager ce moment avec eux ».
Je venais de prendre la parole lorsqu’au premier rang, je vis les cannes et surtout la blancheur des cheveux et des barbes.
Malgré la pluie, la météo et leur santé fragile du fait de l’âge, tous mes amis de l’association des lecteurs de la bibliohtèque étaient présents.
J’oubliai le temps, la pluie et le froid. J’étais au Faso sous le soleil de nos pères.
Plein d’énergie, par la magie du verbe, je fis voyager mon auditoire. J’oubliais le temps et une heure passa à travers mes histoires. Tous étaient heureux. Et moi le plus heureux.
Lorsqu’à la fin de la soirée, j’enlevai mon chapeau pour remercier mes amis séniors, Jeanne la doyenne pris la parole et dit : en venant partager ton sourire avec nous sous la pluie, nous avons retenu une chose : Le temps est dans le cœur de l’Homme.
Je crois qu’on ne m’avait jamais rien dit de si beau.
Ousséni Nikiema 70-13-25-96
lescontesdedunia@yahoo.fr

 

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