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PRIME A L’IMPUNITE POUR LE DIGIREANT BURUNDAIS:L’indécent prix à payer pour tourner la page N’kurunziza

500 000 euros, une villa cossue digne de statut d’ancien chef d’Etat, auxquels il faudra ajouter bien d’autres privilèges et avantages dont une retraite dorée et paisible sans aucun risque de poursuites judiciaires.  C’est le sacrifice supplémentaire – après avoir tant souffert – que le pauvre peuple burundais devra consentir pour obtenir le départ du très redouté homme fort du Burundi, du palais présidentiel.  S’il venait à passer (et l’on ne saurait imaginer le contraire), le projet de loi adopté mardi dernier par l’Assemblée nationale, accorderait ainsi un parachute doré à « un (ancien) chef d’Etat ayant été élu au suffrage universel ». Pierre N’kurunziza voudrait tailler une loi à sa mesure, à quelque quatre mois d’une présidentielle à laquelle il a promis de renoncer cette fois, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Il est évident que ce projet de loi ne pose aucun problème de conscience au maître absolu de Bujumbura. Même si ce parachute doré   représente une fortune au Burundi plus que jamais englué dans les profondeurs abyssales de la pauvreté, où désormais 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Il faut craindre que ce ne soit pas demain la veille, la fin de ces pratiques nauséeuses

Véritable prime à l’impunité s’il en est, la loi inique en préparation, doit-elle constituer, pour le peuple burundais, le prix à payer pour tourner la sombre et douloureuse page N’kurunziza ? Ne soulève-t-elle pas là, un véritable problème d’éthique et de morale ? Chacun appréciera. L’initiative ne devrait pas, en tout cas, choquer outre mesure tous ceux qui pensent, comme un certain… Alpha Condé jadis opposant, qu’il faut aider les chefs d’Etat qui s’accrochent au pouvoir, à se ménager une porte de sortie honorable, même si lui, aujourd’hui à l’épreuve du pouvoir, ne veut plus s’en départir parce qu’il y a pris goût.

Hélas, mille fois hélas, il faut craindre que ce ne soit pas demain la veille, la fin de ces pratiques nauséeuses, c’est-à-dire ces départs « couverts » allant à rebours du principe de redevabilité qui doit pourtant constituer une exigence absolue pour les dirigeants sortants. Comme dans bien d’autres républiques bananières, au Burundi, un président aux mains dégoulinantes du sang de ses concitoyens, va bientôt vivre une retraite dorée et couler des jours tranquilles si tout se passe comme il l’entend. Pour ceux qui pourraient s’activer afin que le pasteur égaré réponde un jour de ses méfaits, ils doivent comprendre que c’est la bataille risque malheureusement d’être rude. Mais par sa noblesse, le combat vaut la peine d’être mené.

« Le Pays »

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