PROJET DE CONSTRUCTION DE L’AUTOGARE DE BOUNOUNA : Les personnes affectées interpellent le maire de Banfora

PROJET DE CONSTRUCTION DE L’AUTOGARE DE BOUNOUNA : Les personnes affectées interpellent le maire  de Banfora

Ceci est une lettre ouverte des Personnes affectées par le projet de construction de l’autogare (PAP) de Banfora sise dans le quartier Bounouna, à 5 kilomètres du centre-ville. Adressée au maire de la commune de Banfora, une copie de ladite lettre est parvenue à notre Rédaction et ampliation a été faite au ministère de l’Administration territoriale, aux autorités régionales des Cascades et communales de Banfora. Les PAP attirent l’attention du maire sur la volonté de certaines personnes de briser le fil de la concertation. Pour elles, seules les clauses du départ qui ont permis la mise en œuvre du projet ont droit de cité. Lisez plutôt !

 

Monsieur le Maire de la commune de Banfora,

Avec tout le respect que nous avons pour vous, nous sommes obligés de vous adresser cette note, au regard de certains faits et attitudes qui ne sont pas de nature à favoriser une bonne collaboration dans la gestion du dossier « Autogare de Bounouna ». La rupture du dialogue a conduit à adopter ce circuit d’information indépendant de notre volonté. Cela nous permettra de mettre au parfum l’opinion publique de ce qui se passe à Bounouna.

En effet, depuis votre élection à la tête de la commune, vous n’avez jamais eu un contact direct avec les Personnes affectés par le projet de construction de la gare (PAP). Le 15 octobre 2016, Monsieur Koné Souleymane dit Sirima, lors d’une rencontre que lui-même avait convoquée, affirmait être mandaté par la commune pour la relance du dossier de déguerpissement en vue de l’ouverture de l’autogare.

A cette même rencontre, un comité de quatre (4) membres a été mis sur pied, avec pour mission la reprise du recensement des personnes affectées. Après cette activité, nous avons constaté plusieurs irrégularités dans la conduite du dossier :

1re irrégularité : les habitations et autres biens impactés n’ont pas été recensés, alors que le premier recensement avais tenu compte d’eux.

2e irrégularité : le problème de dédommagement qui se résume aujourd’hui à deux (2) bennes d’agrégats par PAP. Ce dédommagement proposé par Monsieur Koné Souleymane dit Sirima n’est qu’une honte pour la commune de Banfora. En effet, les PAP résidents, en majorité des veuves, des vieillards et des jeunes orphelins sans ressources peuvent-ils se prendre en charge dans un tel registre ? Monsieur le Maire, pour nous, le dédommagement est une question sine qua non au déguerpissement.

3e irrégularité : le problème de site d’accueil des PAP.

Le site d’accueil consensuel identifié depuis 2010 est la bande de terre qui constitue les alentours de l’autogare. Vous trouverez en annexe à la présente un schéma indiquant la zone prévue pour l’autogare, la voie qui la délimite et le domaine réservé pour être morcelé afin d’accueillir les PAP. Aucun autre domaine ne peut être imposé aux PAP comme site d’accueil, comme le souhaite Koné Souleymane dit Sirima et ses acolytes terriens.

4e irrégularité : Tous les deux conseillers du secteur ont refusé de participer à la rencontre de restitution convoquée par le comité de reprise du recensement en date du 21 décembre 2016. Cette rencontre a été repoussée au 6 janvier 2017 dans le seul but d’avoir les deux conseillers présents à la restitution. C’était encore peine perdue, car aucun d’eux n’a répondu présent à cette deuxième convocation.

5e irrégularité : Monsieur Koné Souleymane dit Sirima qui n’a pas voulu participer à la rencontre de restitution, veut intercepter certains membres du comité pour récupérer les listes dressées par l’opération de reprise du recensement des PAP.

Les PAP ont trouvé cette attitude des conseillers inappropriée et par conséquent, ont délégué une équipe pour demander au maire de convoquer une rencontre élargie aux conseillers, aux propriétaires terriens, aux coutumiers et au maire lui-même. Cette rencontre avait pour but d’aplanir toutes les divergences avant la remise des listes. Ce qui allait permettre au dossier de connaître un dénouement heureux. Monsieur le Maire, l’audience du 3 février 2017 que vous avez accordée à une délégation des PAP s’inscrivait dans cette logique. Vous avez même saisi l’occasion pour prendre les contacts téléphoniques de cette délégation tout en affirmant que cette rencontre ne tardera pas à se tenir pour une question d’entente et de cohésion sociale. Monsieur le Maire, qu’est-ce qui a pu inhiber votre intention de convoquer cette rencontre ? En effet, à part l’intention exprimée ce jour 3 février 2017, à l’instant même de l’audience, rien n’a été fait pour la tenue de cette réunion. Cela a été vérifié par les visites de suivi dans votre cabinet :

-vendredi 17 février 2017 à 8h 45mn : premier passage ;

-vendredi 3 mars 2017 à 11h 10mn : deuxième passage ;

-vendredi 2 juin 2017 à 15h 15mn : troisième passage ;

A tous les passages, la même réponse nous a été donnée par la secrétaire « Le maire n’a donné aucune suite à votre requête ». Cependant, nous-a-telle rassurés, « j’ai toujours fais le feed-back de tous vos passages à Monsieur le Maire ».

Monsieur le Maire, n’ayant pas traité une phase aussi critique que celle-là, vous avez décidé de passer à une autre étape du dossier en donnant ordre d’aménager un site autre que celui identifié par consensus, afin d’y déménager de force les PAP. Vous êtes en train d’entériner une décision très grave potentiellement conflictuelle. Nous savons que cette décision provient des terriens qui se sont rendus coupables, en installant contre l’argent plusieurs ménages dans le domaine réservé aux PAP. Une décision qui n’a jamais fait l’objet de discussions en assemblée, ne doit pas détrôner une clause négociée, obtenue et arrêtée depuis 2010.

Monsieur le Maire, nous vous invitons à prendre connaissance des points consensuels du déguerpissement contenus dans le procès-verbal de rencontre entre les PAP et deux (2) émissaires de l’AGEM Développement en date du 17 novembre 2015 et dans la lettre des PAP adressée à monsieur le gouverneur des Cascades en date du 14 juillet 2014.

Nous vous invitons également à vous référer à la troisième irrégularité détaillée plus haut. Une ferme recommandation formulée par les autorités communales à l’époque protégeait cette bande de terre. La recommandation disait-ceci :

- interdiction formelle de construire sur les limites et alentours de l’autogare ;

- interdiction formelle d’y procéder à un reboisement ou d’y réaliser des forages.

Ces interdictions sont connues de tous dans le secteur.

Durant ce temps d’attente du morcellement du domaine, par les services compétents (Urbanisme et cadastre), des terriens, pour l’amour de l’argent, ont foulé aux pieds toutes ces interdictions et recommandations en installant plusieurs dizaines de ménages dans cette bande interdite.

Monsieur le Maire, le conseiller Koné Souleymane dit Sirima et ses acolytes propriétaires terriens qui savent qu’ils sont en faute d’avoir fait occuper une grande partie de la bande destinée aux PAP, sont en train de se battre pour étouffer cette vérité. C’est pour cette raison qu’ils ont creusé un « fossé » entre les PAP et vous, le Maire, empêchant tout contact qui permettra la manifestation de la vérité. Ils ont certainement réussi à faire avorter cette rencontre de confrontation que nous vous avons suggérée ce 3 février 2017, jour de l’audience.

Ces terriens, de concert avec le conseiller Koné Souleymane dit Sirima, veulent utiliser votre autorité et votre ignorance de la réalité des faits pour imposer une autre zone aux PAP.

Les vrais fautifs ici, ce sont les deux (2) terriens qui se sont livrés à une commercialisation effrénée des terres de la bande, malgré l’interdiction qui les protégeait. Ces deux ( 2) terriens doivent être mis devant le fait accompli. Ils doivent rencontrer les ménages qu’ils ont installés afin de les faire libérer les lieux et permettre le déguerpissement comme prévu.

Monsieur le Maire, Monsieur Koné Souleymane dit Sirima et ses acolytes dont le chef du village, par leur décision, sont en train de vous conduire lentement, mais sûrement dans un ravin. Vous devez prendre votre responsabilité dans cette crise, car elle est plus profonde que vous le pensez et potentiellement conflictuelle.

Evitez donc, Monsieur le Maire, de confier ce dossier à un entourage qui veut vous faire bâtir sur du faux et sur l’injustice. Cela pourrait plonger le secteur dans un chao total. Monsieur le Maire, au regard de tout ce que nous avons vécu comme calvaire par rapport à ce dossier, nous n’avons plus confiance à notre chef de village, à nos deux conseillers du secteur. Nous souhaitons vous remettre à main propre les listes dressées par l’opération de reprise du recensement.

Nous demandons la mise sur pied d’un cahier des charges regroupant toutes les clauses et points consensuels issus des concertations antérieures entrant dans le cadre du déguerpissement.

NB : Dans ce cahier des charges, les questions du dédommagement, du site d’accueil des PAP et les échéances seront clairement définis. Ce cahier des charges sera multiplié en plusieurs exemplaires et gardé aussi bien par les PAP que par les autorités communales.

Nous demandons également, la création d’un comité ad, hoc neutre au niveau du secteur qui poursuivra le déguerpissement dans un esprit apaisé et consensuel. Ce comité se composera comme suit :

-cinq (5) représentants des PAP ;

-Un (1) représentant de la communauté catholique ;

-Un (1) représentant de la communauté protestante ;

-Un (1) représentant de la communauté musulmane ;

-Un (1) représentant des coutumiers ;

-Un (1) représentant de la DSTM.

Cet organe a des avantages qui sont, entre autres :

- éviter tous les pièges tendus par les conseillers et les terriens de Bounouna ;

- recadrer les débats techniquement et socialement ;

- préserver les intérêts et acquis des PAP.

Cependant des comptes- rendus périodiques seront fournis en Assemblée générale à tout le secteur par le comité ad’hoc.

Monsieur le Maire, nous pensons que c’est sur le droit chemin que nous sommes en train de vous guider. Si tel n’est pas le cas, veuillez nous en excuser. Les PAP et surtout les vieilles personnes nous chargent de vous faire part que : les clauses du départ sont sine qua non au déguerpissement ; le cas échéant, venez  extirper votre autogare et allez l’implanter au site imposé aux PAP par Koné Souleymane dit Sirima et ses acolytes terriens. Elles n’avaient pas besoin d’autogare.

Pour conclure, un directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) disait ceci : « Quand tu remplaces quelqu’un à un poste de responsabilité et que tu fasses comme lui, tu es mauvais. Si tu fais moins que lui, tu dois te pendre. Mais si tu fais plus que lui, c’est ce qu’on attendait de toi ».

Nous, nous comptons beaucoup sur vous si bien que nous ne voulons pas vous compter parmi les mauvais ni parmi les pendus.

Nous nous excusons de la longueur du texte, des imperfections et des propos que vous allez considérer comme vexatoires.

Merci

 

Pour le groupe des PAP,

Soulama Soromandi, Chef de la concession Fabahaï-Mambon

CNIB N° B1079915 du 30/08/2010 ONI/ Banfora

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