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RETOUR DE JEAN PIERRE BEMBA


Hier, 23 juin 2019, l’opposant congolais, Jean-Pierre Bemba, a foulé le sol de la RDC. Très attendu par ses partisans, c’est une foule des grands jours qui lui a réservé un accueil chaleureux. Absent du pays depuis presqu’un an, le patron du Mouvement de libération du Congo (MLC) est rentré au bercail pour, officiellement, s’occuper de son parti ; son dernier séjour en terre congolaise remontant à l’époque où il était venu faire acte de candidature pour la présidentielle dernière. Une candidature qui, on s’en souvient, avait été rejetée. Un an d’éclipse, ajouté à la décennie d’absence du pays pour fait de condamnation à La Haye, tout cela, à l’évidence, impacte sérieusement la gestion managériale du parti et c’est de bonne guerre que le premier responsable du MLC veuille reprendre la main et indiquer la marche à suivre à sa cohorte de militants. Longtemps resté, à son corps défendant, loin des siens politiques, c’est certainement le cœur meurtri qu’il a vécu, de l’extérieur, les déchirements et autres turbulences qui ont affecté et affaibli son parti, sur fond de querelles byzantines, de guerres de leadership et de défections en tout genre. Désormais donc libre de ses mouvements jusqu’en terre congolaise, l’ancien seigneur de guerre peut se donner les moyens de regonfler le moral de ses troupes. Mais pour revigorer son parti, il devra parallèlement s’engager sur le chantier de la remise en ordre (de bataille) du parti et dans cette perspective, il se susurre que des têtes pourraient rouler pour avoir failli à leurs missions.

Les vertus de l’alternance ne sont pas surfaites

Cela dit, dans un discours prévu pour se tenir hier, à la place Sainte-Thérèse, l’ancien pensionnaire de la prison de La Haye devait évoquer un sujet sur lequel l’attendaient ses nombreux partisans et sympathisants à savoir : les résultats contestés des dernières élections et surtout ceux des législatives qui n’avaient donné que vingt-deux députés à son parti, dont huit ont été invalidés par la Cour constitutionnelle. Que retiendront ses ouailles et sympathisants de son discours ? Quel impact cela aura-t-il sur la vie politique congolaise ? En attendant de le savoir, il faut se réjouir de la possibilité que ce poids lourd de la scène politique congolaise, a désormais de rentrer en homme libre dans son pays. L’on peut, en effet, faire l’agréable constat que sur les plans de la liberté et de l’Etat de droit, un vent nouveau souffle désormais sur la RDC, depuis que Félix Tshisekedi tient les manettes du pays. Avant Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, cet autre personnage emblématique du paysage politique congolais, croquait également à pleines dents, le fruit savoureux de la liberté consécutive au nouveau climat politique ambiant. C’est tant mieux ; c’est la démocratie qui gagne ! En permettant aux exclus d’hier, de la compétition électorale au sommet de l’Etat, de rentrer enfin au pays, Tshisekedi rend justice à tous ces anciens adversaires politiques de Joseph Kabila, injustement condamnés par la Justice de leur pays aux fins de ligoter leurs ambitions de destin national. Qui plus est, il fait œuvre utile. Car, il rend non seulement service à son pays, mais aussi à la démocratie qui en sort assurément grandie et renforcée. Comme quoi, les vertus de l’alternance ne sont pas surfaites, même si, dans le cas de la RDC, celle-ci a été opérée dans la pure tradition démocratique… en pays bantou.

« Le Pays »


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