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REVERSEMENT DES TRAVAILLEURS DE LA FONCTION PUBLIQUE : « Le MENA subjectivise les problèmes des encadreurs pédagogiques du secondaire »

REVERSEMENT DES TRAVAILLEURS DE LA FONCTION PUBLIQUE : « Le MENA subjectivise les problèmes des encadreurs pédagogiques du secondaire »

Ceci est une déclaration des encadreurs pédagogiques du secondaire. Ils s’insurgent contre les menaces proférées par le ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA). Par ailleurs, ils demandent au ministre de se « ressaisir pour une meilleure collaboration ». Lisez plutôt !

Le 23 février 2017, la Coordination nationale des syndicats des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire que sont le SNESS, le SPESS et le SYNEPES, disait à la presse :
« Merci bien parce que depuis dix mois, vous nous accompagnez dans notre lutte contre les injustices dont est victime notre corporation devant la mal-gouvernance des dirigeants d’autrefois et surtout ceux d’aujourd’hui qui ont fait déborder le vase avec le reversement inéquitable dont sont victimes les encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire…
Ainsi, depuis l’intensification de notre lutte, nous avons été reçus cinq fois par le ministre de l’Education nationale, du 14 novembre 2016 au 17 février 2017 et deux fois par le ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale. A chaque fois, ils étaient entourés par certains de leurs directeurs centraux et techniciens. En plus de ces entrevues, nous avons tenu deux sit-in ; le premier au MENA le 14 novembre 2016 et le second, le 15 décembre 2016 à la Fonction publique…
Nous tenons à communiquer afin que tous les partenaires de l’éducation soient situés. Ainsi, le gouvernement a promis revoir le reversement des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire dans un délai d’un mois. En un mot, le gouvernement a décidé de remettre la hiérarchie à sa place, en maintenant l’écart qui existait entre les encadreurs pédagogiques et leurs poursuivants immédiats.
Au vu de cet engagement du gouvernement à résoudre notre problème dans un délai d’un mois, du 17 février 2017 au 17 mars 2017, la Coordination nationale des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire s’est engagée à son tour à suspendre son mot d’ordre sur tous les points de Boycott (certification des examens de la DGEC (ex OCECOS), le choix des sujets d’examens nationaux comme le BEPC, le BEP, le BAC, le CAP, les visites de classe, le suivi des stagiaires ENS/UK et IDS,…) pour une durée de 30 jours, le temps que les engagements du gouvernement soient tenus.
Cette bonne volonté manifestée sera remise en cause si le gouvernement ne respecte pas ses engagements à la date convenue. Nous prenons l’opinion publique nationale et internationale à témoin pour qu’en cas de rupture de contrat, l’opinion publique sache à quoi s’en tenir ».
Le 18 mars 2017, la Coordination nationale des syndicats des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire adressait la correspondance suivante à Monsieur le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la protection sociale avec ampliation au ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation. L’objet de la correspondance portait sur la prorogation de la suspension du boycott des activités pour trois semaines ( du samedi 18 mars au samedi 8 avril 2017).
Les encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire, martyrisés par le reversement injuste, inéquitable et inique de la loi 081, ont apprécié favorablement les efforts du gouvernement par l’entremise des propositions de reversement élaborées par les techniciens. Ces propositions présentées au cours de l’assemblée générale des encadreurs pédagogiques du samedi 18 mars 2017, de 9h00 à 12h30, ont été acceptées sous réserve de la correction de certaines aberrations. Malgré tout, il convient de retenir que la suspicion, la méfiance et le manque de confiance par la majorité des encadreurs pédagogiques demeurent. Car il a fallu attendre le 30e jour de notre suspension pour recevoir notre coordination. Mais les explications données en lien avec la grève des agents du ministère de l’Economie et des finances ont pesé pour l’acceptation des concessions de la majorité des encadreurs pédagogiques. Au bout du compte, la prorogation de la suspension du boycott des activités pour trois semaines fut retenue. Ce qui signifie qu’à partir de cette date, si les encadreurs pédagogiques du secondaire n’avaient toujours pas leur décret de reversement signé, leur mot d’ordre de suspension serait automatiquement levé et les activités bloquées et cette fois-ci de manière acerbe.
Voilà en quelques lignes le contenu de notre correspondance qui traduit notre esprit de responsabilité et de sacrifice, en soulignant que le bien être du système éducatif est une préoccupation commune. Nous sommes convaincus que votre esprit de justice et de responsabilité vous amèneront à respecter vos engagements en restaurant la Justice dans les délais prévus.
Nous sommes convaincus que de nombreuses insuffisances demeurent dans la grille en construction ; notre espoir est que la remise à plat de la loi 081 permettra de minimiser les incohérences de la loi, car les cadres d’un corps où on accède par concours professionnels ne peuvent être traités de la même manière que ceux des concours directs.
Malgré notre patience et notre bonne volonté à attendre, rien de concret n’a été fait.
Ainsi, le samedi 8 avril 2017, à l’assemblée générale des syndicats des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire, tenue de 9h 15 à 12h 30 à la Bourse du travail, il a été décidé par acclamation la reprise du boycott des activités listées dans nos précédents avis et cette fois-ci de manière acerbe. Nous entendons par acerbe, l’introduction, dans le boycott, des ateliers et séminaires de formation, la forte implication de nos collègues en service dans les écoles de formation professionnelle comme l’ENS/UK et l’IDS.
Aussi, il a été retenu que dès l’adoption du décret en Conseil des ministres, le boycott des activités sera de nouveau suspendu en attendant sa signature pour la levée du mot d’ordre.
Les problèmes considérés comme subsidiaires par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la protection sociale n’ont pas été oubliés, car leur résolution demeure capitale pour les encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire.

Dans la soirée du 8 avril autour de 19h, les autorités du MENA nous ont appelé pour une rencontre le dimanche 9 avril 2017, à 10h 30. A cette rencontre, le ministre était accompagné de son directeur de cabinet, son secrétaire général, son directeur des ressources humaines et de son Chargé de mission.
Au cours de la rencontre, le ministre a dit, entre autres, «  je ne suis pas du tout content de vous ». Ensuite, il a ajouté : « si vous vous comportez ainsi, je comprends pourquoi certains enseignants ne veulent pas recevoir leurs encadreurs dans leurs classes ... » ; « Si vous voulez d’un bras de fer, on va tous y aller, comme ça, ce serait plus intéressant pour nous tous ». Voilà en quelques mots les propos d’un ministre chargé de gérer un département aussi important que celui de l’Education. Il nous a informés que le projet de décret a été introduit en Conseil de ministres le 31 mars 2017.
En retour, le Bureau des syndicats des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire, par la voix de son coordonnateur, a remercié Monsieur le ministre pour l’invitation tout en lui disant que c’est l’absence de communication et le non respect des engagements des autorités qui conduisent à des situations inconfortables.
Le ministre a martelé qu’il était mécontent des encadreurs pédagogiques et que ses futurs rapports avec ceux-ci en seront impactés.
A 11h 20, la réunion a été levée par le ministre sans qu’il y ait des salutations d’au revoir. Nous croyons que le ministre subjectivise les problèmes des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire au lieu de les résoudre de manière objective et durable.
Nous ne souhaitons pas récuser Monsieur le ministre, mais s’il nous y oblige, nous nous positionnerons pour cela. En effet, depuis 40 ans, ce corps existe d’abord sur la base de nomination parmi les professeurs les plus expérimentés de 1980 à 1990 qui étaient formés à Paris en ce qui concerne la version Inspecteurs de l’enseignement secondaire et depuis 1991 par voie de concours. A partir de 1995 les deux niveaux IES et CPES sont formés à l’ENS/UK.
Ce petit rappel historique pour informer l’opinion publique que le corps de l’encadrement pédagogique existe il y a de cela une quarantaine d’années et que ceux qui y sont, ont toujours pris le soin de rester à l’étroit, sans déranger quiconque, sauf la période de flash entre le ministre Laya Sawadogo des années 2003 – 2004. Aujourd’hui que notre ministre actuel veut nous faire croire qu’il est plus avisé en matière de système éducatif burkinabè, nous, encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire, souhaitons avec toute modestie qu’il nous présente ses excuses après nous avoir traité d’irresponsables. Nous l’informons qu’en matière d’éducation, les encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire n’ont rien à apprendre de lui. Le 14 novembre 2016, aux environs de 13h, notre même ministre Jean Martin Coulibaly nous avait dit qu’il ne voulait pas nous voir le lendemain devant « mes locaux », avant de se raviser que ces locaux n’étaient pas les siens  car la preuve en est que de nombreux ministres y sont passés avant lui. Nous, les encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire, nous sommes des « épines » et qui s’y frotte s’y pique. Envoyer des sms à des encadreurs pédagogiques leur intimant de boycotter le mot d’ordre de leur coordination syndicale n’est pas du ressort d’un ministre. Que Monsieur le ministre se ressaisisse pour une bonne collaboration dans la résolution des problèmes de son département.

Pour la Coordination nationale des syndicats des encadreurs pédagogiques de l’enseignement secondaire

Arouna Lankoandé, Secrétaire général national du SPESS
Inspecteur de l’Enseignement secondaire
Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques

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2 Commentaires

  1. Namwinyan DABIRE

    Ouais! Je m’en doutais encore jusqu’à lire cette déclaration: Jean Martin a des comptes à régler avec des encadreurs. il a le dédain pour les encadreurs à l’image de certains professeurs qu’il comprend, qu’il soutient, à qui il donne raison, lui Ministre de l’éducation. voila ce cela donne que de parachuter les gens au dessus des autres par la pratique politique: ils narguent, narguent et narguent.
    les encadreurs sont avertis: Jean Martin et son équipe à lui ont des missions: démontrer que les encadreurs ne sont ‘rien’.
    Un conseil aux encadreurs du secondaires: dormons seulement. continuons de dormir et de faire nos petites querelles interpersonnelles.

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  2. SHADEC

    Tout porte à croire que ce ministre est une malheureuse erreur de casting comme le disait quelqu’un et c’est peu dire si l’on considère le tâtonnement et l’approximation avec lesquels il gère les affaires du ministère. Manifestement il lui manque la personnalité et l’intelligibilité qu’il faut pour manager ce ministère si l’on doit s’en tenir à ses maladresses dans la gestion de nombreux dossiers et les réponses peu pertinents qu’il donne aux questions cruciales du ministère. Sa première maladresse qui a fait tâche d’huile fut de considérer l’organigramme comme un simple outil, on a vu les conséquences d’une telle vision mécanicienne des choses. Sa deuxième bourde fut de chanter à qui veut l’entendre que » la fonction prime sur le grade » sans prendre toutes les précautions pour relativiser selon que l’on est en administration centrale ou déconcentrée, en service purement administratif, administratif-technique, et technique. Le MENA est un ministère sensible, stratégique et primordial, tout le drame surgt quand on met à sa tête quelqu’un qui n’en maîtrise pas la réalité intrinsèque et qui s’en remet à ses propres caprices, humeurs et ressentiment. Au président du Faso de le recadrer (c’est courant) ou le remplacer pour le bonheur de l’éducation nationale, même s’il a participer aux négociations du PNDES à Paris, il peut être « peut-être » plus utile ailleurs comme l’ex ministre de la santé.

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