A la uneLa chronique du fou

SORTIE MEDIATIQUE DE DJIBRILL BASSOLE

Le moment est très mal choisi

La semaine dernière, j’avais applaudi à tout rompre, lorsque j’ai appris qu’après moult tractations, l’ex- ministre des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, condamné à 10 ans de prison ferme, dans l’affaire du putsch manqué de septembre 2015, a été évacué en France pour des soins médicaux. Et je sais que je n’étais pas le seul à saluer l’acte. Car, nombreux sont les Burkinabè que j’ai rencontrés qui, clairement, ont exprimé leur soulagement. Tous reconnaissent unanimement que le pouvoir a fait preuve d’humanisme ; tant la dernière image du Général qui a circulé sur les réseaux sociaux, était suffisamment éloquente. Le souhait donc de tous les Burkinabè est que Bassolé recouvre au plus vite la santé et qu’il revienne purger sa peine ; histoire de prouver à ses contempteurs qu’il ne cherchait aucunement à se soustraire de la Justice. Mais à la surprise générale, celui dont on dit qu’il était à l’article de la mort, s’est répandu dans la presse, sitôt après son arrivée en France. En effet, arrivé le 29 janvier dans la capitale française, Basssolé avait rendez-vous le même jour avec son médecin. Et dès le lendemain, 30 janvier, il a accordé un long entretien au journal le Financial Afrik. Loin de moi l’idée de dénier le droit à la parole au Général Bassolé. Mais j’ai envie de dire que le moment choisi pour faire cette sortie médiatique, était inopportun. J’ai même envie de dire que, par cette manière de faire, Bassolé met mal à l’aise bien des gens qui avaient plaidé pour qu’il soit évacué. Et là, je sais de quoi je parle. Car, j’ai entendu des Burkinabè exprimer leur étonnement de voir que quelqu’un qui était supposé être interné dans une clinique avec, à ses bons soins, un médecin traitant, ait l’énergie nécessaire pour accorder une interview. Franchement, à mon avis, ce fut une véritable erreur de communication. Le moment était très mal choisi.

Bassolé sème le doute dans l’esprit de beaucoup de Burkinabè qui se demandent s’ils n’ont pas été trahis

Il aurait fallu au moins attendre un peu de temps après son arrivée en France pour s’exprimer. Mais en choisissant de le faire, vingt quatre heures seulement après son évacuation, Bassolé sème le doute dans l’esprit de beaucoup de Burkinabè qui l’ont soutenu et qui se surprennent en train de se demander s’ils n’ont pas été trahis. Et ils n’ont pas tort de penser ainsi, surtout que j’entends dire qu’en plus de la maladie dont il souffre, le Général avait fait le choix de ne pas s’alimenter ; toute chose qui fait que ses dernières images publiées sur la toile, le présentent très amaigri. Voyez-vous ? Les hommes politiques sont ainsi faits qu’ils sont difficiles à comprendre. Tant et si bien que je ne conseille à personne de donner sa tête à couper pour ces gens-là qui excellent dans les calculs. En tout cas, moi je prends Bassolé au mot. Je verrai, comme il le promet, une fois la santé recouvrée, s’il acceptera de « se mettre résolument à la disposition de son pays» ou s’il profitera de son séjour en France pour demander l’asile politique, comme certains lui en prêtent l’intention. On attend donc de voir. Les jours à venir nous en diront davantage. Mais en attendant, je souhaite prompt rétablissement à l’ex- ministre des Affaires étrangères. Je souhaite que ce dernier dont on sait que le carnet d’adresses est bien fourni, contribue, comme il le peut, au retour de la paix dans notre pays. C’est ce que moi, j’attends de lui car je le sais capable parce que plein de ressources.

« Le Fou »

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