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TENSIONS AU SEIN DU FPI ET DU PDCI : La vendetta politique fait rage

La présidentielle de 2015 aiguise les appétits en Côte d’Ivoire, en témoigne l’effervescence politique en cours. Si, au sein de l’opposition politique, principalement le Front populaire ivoirien (FPI), il y a longtemps que les militants et les leaders ne parlent pas le même langage entre eux, leurs adversaires du Rassemblement des Houphouëtistes (RHDP) au pouvoir, ne sont pas lotis à meilleure enseigne, avec des dissensions qui risquent de faire voler en éclats leur coalition. C’est donc à une véritable vendetta politique que l’on assiste sur les bords de la lagune Ebrié, tant les coups pleuvent et les adversaires ne se font pas de cadeau.

Ainsi, de façon transversale, on assiste à des empoignades FPI # FPI, PDCI # PDCI, FPI # RHDP.

Pour le cas du FPI, le congrès tant attendu qui devrait s’ouvrir le 11 décembre 2014, pour le renouvellement des instances et permettre de décanter la situation de confusion qui règne au sein du parti, a finalement été reporté par la Justice ivoirienne. Cela, suite à la plainte déposée par le président sortant et candidat à sa propre succession, Pascal Affi N’guessan, contre la candidature de son concurrent, Laurent Gbagbo, père fondateur et figure emblématique du parti, en détention depuis trois ans à la Cour pénale internationale (CPI), en attente de son procès prévu pour juillet 2015.

A l’analyse, l’on pourrait dire que le premier responsable de tous ces tiraillements au sein du FPI, est Laurent Gbagbo lui-même, qui se complaît dans un mutisme qui contribue à accentuer la fracture entre ses héritiers politiques. Pourtant, une simple déclaration de sa part, aurait eu l’avantage de clarifier la situation et de calmer les esprits et les ardeurs des uns et des autres. Cela aurait certainement permis d’éviter tous ces tiraillements qui n’honorent pas son parti. Au lieu de cela, l’on a le sentiment que l’intéressé lui-même, du fond de sa cellule de Scheveningen, se délecte de ce triste spectacle, plutôt que d’y mettre fin. En cela, il n’aura pas fait preuve de grandeur d’esprit. Et les choses ont maintenant atteint un tel niveau de dégradation qu’il faut craindre que le FPI n’aille à son implosion. En tout cas, ce n’est pas la meilleure façon pour l’ancien parti de préparer la présidentielle de 2015, si tant est qu’il veuille reconquérir le pouvoir d’Etat.

On se demande sur quoi peut déboucher tout ce ramdam

Pour autant, l’horizon n’est pas totalement dégagé pour le locataire actuel du palais de Cocody, car dans ses propres rangs, naissent des dissensions.

En effet, son principal allié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), connaît des remous, suite à la décision de son président, Henri Konan Bédié, de soutenir la candidature d’Alassane Dramane Ouattara (ADO) à l’élection présidentielle de 2015. La pilule ne semble pas passer pour tous, et après la fronde, les candidatures se multiplient. Ainsi, en peu de temps, au moins trois candidatures ont été déclarées, à savoir celles de Kouadio Konan Bertin (KKB), d’Amara Essy et de Charles Konan Banny. Et ce n’est peut-être pas tout. En tout cas, avec ces notes discordantes au sein du PDCI, la coalition autour de la candidature d’ADO risque de voler en éclats. Et la manière unilatérale dont Bédié a procédé, pose, quelque part, un problème de démocratie interne au sein du parti. Cependant, l’attitude de Bédié peut être, somme toute, compréhensible, du fait que la paix est encore fragile en Côte d’Ivoire. Faisant preuve de réalisme politique, il a certainement fait le choix de la stabilité. Si c’est le cas, cela est louable, car la Côte d’Ivoire n’a pas besoin de replonger dans les affres de la guerre dont elle est en train de tourner laborieusement la page. Toutefois, la manière de procéder n’est pas exempte de tout reproche, et pourrait être liée à certaines considérations.

On sait par exemple que Bédié a son avenir derrière lui, alors que le régime de ADO lui a beaucoup donné, jusqu’au baptême du troisième pont d’Abidjan de son nom. De plus, il n’est pas exclu que, comme il est de coutume en Afrique,  l’homme s’identifie au parti, au point de s’en croire l’incarnation. Ce faisant, il pourrait avoir pris cette décision unilatérale de soutenir la candidature de ADO. Maintenant que les contestataires  ont clairement affiché leurs intentions, l’on se demande s’ils seront à même de déstabiliser le sphinx de Daoukro et de contrecarrer ses plans au sein du parti dont il est à la fois le chef, l’ordonnateur et l’ordonnancier.

Tout compte fait, tout ce remue-ménage pourrait finalement profiter à ADO qui semble garder intactes ses chances pour 2015, compte tenu de son bilan, de sa force de frappe et surtout du soutien indéfectible de son ami Henri Konan Bédié. D’autant plus que cette floraison de candidatures au sein du PDCI n’est pas forcément à l’avantage de ce parti, alors que le FPI a tout l’air de vouloir continuer à végéter dans la division.

Quoi qu’il en soit, tout ce bouillonnement participe de la maturation politique et de la vitalité démocratique en Côte d’Ivoire, et cela est heureux. C’est peut-être le prix à payer pour que ce pays connaisse des avancées démocratiques notables.

Cela dit, on se demande sur quoi peut déboucher tout ce ramdam. Pourvu que la paix puisse être préservée,  car la Côte d’ivoire revient de loin et n’a pas besoin que les vieux démons  de son passé récent, ressurgissent.

Outélé KEITA

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