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TRANSITION ALGERIENNE. : Comment trouver la perle rare ?

 

C’est le mardi de toutes les conjectures liées à la de sortie de crise politique en Algérie. En effet, c’est en principe, aujourd’hui, 9 avril, que les deux Chambres du parlement se réunissent pour la mise en application de l’article 102 de la Constitution, qui rendra officielle la vacance du pouvoir et débouchera sur la désignation du président par intérim. Si cette équation paraît assez simple dans la théorie, elle est, en réalité, pour le moins corsée d’autant qu’elle présente une grande inconnue : la réaction de la rue. Cette session spéciale du parlement se tient dans un contexte où chaque proposition de sortie de crise par les autorités en place, apparaît comme une provocation pour la rue ou du moins pour le peuple qui, loin de se considérer comme anarchiste, rappelle à l’envi les articles 7 et 8 de la Constitution qui attribuent le pouvoir constituant au peuple. Alors que selon les termes du fameux article 102, c’est au président du Conseil de la Nation, la Chambre haute du parlement algérien, Abdelkader Bensalah, que doit échoir l’intérim de 90 jours, durant lequel il organisera la future élection présidentielle, la rue, elle, s’est déjà montrée hostile, lors du 7e vendredi de manifestations, au choix de ce dernier tout en insistant sur le départ de tout le système.

On se demande si l’article 102 pourra se frayer un chemin dans cet imbroglio politique

La tâche s’annonce d’autant plus complexe pour les parlementaires que certains d’entre eux n’ont pas caché leur intention de s’opposer à la désignation de Bensalah et dans la foulée, ont exigé sa démission avant la plénière de ce mardi. Si cette démission est actée, il va sans dire que cette nouvelle donne va davantage affaiblir le régime agonisant maintenu toujours en vie par l’armée. Il s’agirait dans ce cas de figure de trouver un autre sénateur à même de faire consensus aux yeux des populations, pour la gestion de cette transition algérienne. Alors, seront-ils en mesure de trouver ce mouton à cinq pattes? Difficile d’y répondre. D’ailleurs, quand on sait que pour apaiser la rue, le patron de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, a dû peser de tout son grade pour obliger Abdelaziz Bouteflika à démissionner, le 2 avril 2019, on se demande bien si cet article 102 pourra se frayer un chemin dans cet imbroglio politique. Si on échoue à mettre en œuvre la feuille de route inspirée de la Constitution, l’autre grande interrogation est de savoir quelle sera l’attitude de l’armée. Elle qui, jusque-là, donne l’impression d’avoir une main de fer dans un gant de velours, pourrait avoir un conflit ouvert avec le peuple en voulant elle-même gérer cette transition. Une autre hypothèse qui en dit long sur la complexité de cette crise née de la volonté de Boutef de briguer un 5e mandat.

Drissa TRAORE

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