HomeA la uneLEON XIV EN GUINEE EQUATORIALE : Que peut changer le sermon du Pape ?

LEON XIV EN GUINEE EQUATORIALE : Que peut changer le sermon du Pape ?


Le Pape Léon XIV poursuit son périple en terre africaine. En effet, après l’Algérie, le Cameroun et l’Angola, le souverain pontife séjourne actuellement en Guinée équatoriale où il est arrivé le 21 avril dernier. Il a donc préféré réserver la dernière étape de sa première tournée sur le continent noir, au pays de Teodoro Obiang Nguema où 75% de la population est catholique. Dans ce petit pays d’Afrique centrale où les inégalités sociales ont pignon sur rue, le Pape échangera, tour à tour, avec les autorités politiques et religieuses, mais aussi avec le monde de la culture. Il y visitera un hôpital psychiatrique ou encore une école portant le nom de son prédécesseur, François, décédé il y a de cela un an.

 

L’Afrique constitue un vivier important pour le catholicisme

 

Dès lors, on comprend que la Guinée équatoriale valait bien une virée papale, ce d’autant que l’Eglise locale y est au centre de tout, pour ne pas dire qu’elle y est considérée comme la colonne vertébrale. Très présente dans les universités et les hôpitaux, elle a connu une croissance particulière qui, en quelques années seulement, l’a fait passer de trois à cinq diocèses. En séjournant donc dans ce pays à majorité catholique, Léon XIV saisira l’occasion pour galvaniser ses brebis dans la foi, surtout dans un monde où le vice a pris le pas sur la vertu, et l’intolérance et la haine sur le pardon. En tant que pasteur, il est dans son rôle. On peut donc dire sans risque de se tromper que le jeu en vaut la chandelle ce d’autant que l’Afrique, il faut le relever, constitue un vivier important pour le catholicisme que l’on sait en perte de vitesse en Europe ou ailleurs dans le monde. En tout cas, Leon XIV a vu juste en faisant le déplacement de Malabo.  Cela dit, l’occasion faisant le larron, on espère que, comme au Cameroun ou en Angola, le souverain pontife abordera les sujets qui fâchent, notamment la question de la mal gouvernance et la corruption. Surtout que pour le cas de la Guinée équatoriale, sa venue avait déjà suscité une controverse avec la décision prise par les autorités équato-guinéennes, d’opérer des coupures sur les salaires des fonctionnaires et des militaires pour financer l’événement. Certes, les autorités ont beau tenté de démentir, mais tout porte à croire qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Dans un pays où la manne pétrolière est gérée par un clan qui dispose de « biens mal acquis » à l’étranger, avait-on besoin de mettre à contribution le pauvre citoyen qui se débrouille au risque de dormir affamé, pour financer la visite du souverain pontife ? Très pathétique, est-on tenté de s’exclamer ! En tout cas, s’il est peut-être difficile pour le Pape d’évoquer la question de l’alternance avec son hôte Teodoro Obiang N’guema qui bat le record de longévité au pouvoir en Afrique, il rendrait service aux Equato-Guinéens en titillant les dirigeants sur l’inégale répartition des ressources dont dispose le pays.

 

 

 

Le Pape n’hésitera pas à mettre le doigt sur la plaie

 

Mieux que tout autre visiteur, il est bien placé pour le faire sans que cela ne heurte outre mesure les susceptibilités des uns et des autres qui sont prompts à crier à l’ingérence. Mais même si le Pape venait à mettre, pour ainsi dire, le doigt sur la plaie, cela ne changerait pas grand-chose en Guinée équatoriale. Car, refusant de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir, Teodoro Obiang Nguema est sûr de son fait. Rien ne peut l’ébranler ce d’autant qu’il a pris le soin de verrouiller le système au point qu’il n’y a même pas, dans le pays, un opposant digne de ce nom, capable de lui tenir la dragée haute. Et comme pour ne rien arranger, on le soupçonne de préparer son fils, Teodorin, pour lui succéder, comme si la Guinée équatoriale était devenue une dynastie. Y parviendra-t-il ? L’avenir nous le dira.

 

« Le Pays »

 


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