HomeDroit dans les yeuxCONSOMMATION DE LA CHICHIA : Siffler la fin de la récréation

CONSOMMATION DE LA CHICHIA : Siffler la fin de la récréation


On le sait. La consommation de la chichia dans les débits de boisson, est interdite. La mesure est en vigueur depuis quelques années. Mais tout se passe, en effet, comme si de rien n’était. Car, on voit régulièrement des jeunes, en groupes généralement, confortablement installés dans des maquis et autres lieux publics, en train de vapoter. Cette manière de faire frise la défiance. Et en pareille situation, sont mis en cause les consommateurs de la chichia et les propriétaires ou gérants de maquis qui laissent faire. C’est en cela qu’il faut saluer l’action de la Police municipale de Ouagadougou qui, au cours d’une récente opération conduite sur le terrain, a saisi près de 60 dispositifs de consommation de chichia. Ce n’est pas une première. Car, on a encore en mémoire d’autres opérations similaires au cours desquelles des dispositifs ont été saisis et les consommateurs sensibilisés. Mais la pratique a toujours la peau dure. Toute chose qui laisse croire que seul l’usage de la force pourrait contraindre les consommateurs de chichia à y renoncer.  Il faut siffler la fin de la récréation. Car, si l’on croit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une seule séance de consommation de chichia correspond à 100 ou 200 cigarettes classiques. Et brochant sur le tout, la chichia, en plus de provoquer des cancers et de dégrader les artères des consommateurs, engendre des infections par partage et ce, à travers l’utilisation collective de l’embout qui transmet des virus comme l’herpès, l’hépatite, la grippe et la tuberculose. C’est dire si ceux qui s’adonnent à la consommation de cette substance toxique, prennent des risques inconsidérés pour ne pas dire qu’ils s’exposent à d’énormes risques de santé.

 

La consommation de la chichia, en dépit de son interdiction, prend de l’ampleur

 

 

 Pourtant, certains, par ignorance ou par insouciance, pensent que la consommation de la chichia est un signe d’aisance. Pour ces derniers, il n’est pas donné à n’importe qui de le faire. C’est ce qui fait que souvent dans les maquis, ils prennent du plaisir à se montrer publiquement, allant jusqu’à enfumer injustement les autres. Ils n’en ont cure. En tout cas, il faut que les autorités compétentes bandent les muscles. Car, la consommation de la chichia, en dépit de son interdiction, prend de l’ampleur. Or, on sait qu’elle est étroitement associée à des dérives comportementales telles que la prostitution, la criminalité, la délinquance, etc. Quand on connaît le contexte sécuritaire global qui est le nôtre, il y a donc lieu de prendre le taureau par les cornes. Ce faisant, il faut multiplier les descentes dans les maquis et autres places publiques afin de traquer les contrevenants qui, on le sait, sont encore nombreux. Cela passe nécessairement par la collaboration des uns et des autres. Car, si les propriétaires ou gérants de maquis se rendent complices de la situation parce qu’ils ne veulent pas perdre leurs clients, il revient aux autres usagers de les dénoncer au risque de passer leur temps à subir. Mieux il faudra, s’il y a lieu, revoir la législation en vigueur afin de renforcer le mécanisme de répression. Cela pourrait contribuer à refroidir les ardeurs des uns et des autres et garantir la tranquillité de l’ordre public.

 

Sidzabda


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