LUTTE CONTRE EBOLA : Kampala jubile, Kinshasa prise au collet
Qu’est-ce que la République démocratique du Congo (RDC) a pu faire au bon Dieu pour se retrouver constamment empêtrée dans des problèmes ? En tout cas, le sort semble s’acharner sur ce pays qui semble être le concentré de tous les malheurs. En effet, à la situation sécuritaire catastrophique vient s’ajouter une grave crise sanitaire avec le virus Ebola qui fait des ravages. Et les chiffres font froid dans le dos. En effet, le dernier bilan établi par les autorités, fait état de 3 262 cas cumulés et 1 437 décès enregistrés. Tout ceci en seulement deux mois et demi de crise. C’est dire s’il y a péril en la demeure. La situation est d’autant plus préoccupante que la maladie évolue à un rythme jamais égalé dans le pays qui a déjà été frappé par cette épidémie entre 2018 et 2020.
La riposte n’est pas à la hauteur de la menace
A preuve, le nombre de cas et celui de décès enregistrés depuis le déclenchement de la maladie sont, à quelques proportions près, des chiffres enregistrés sur une période de trois ans lors de la première vague de l’épidémie. En effet, sur la période 2018-2020, 3 470 cas et 2 287 morts avaient été enregistrés.Et comme si tout cela ne suffisait pas, la maladie continue de se propager, atteignant déjà cinq provinces de l’Est du pays. Le plus inquiétant, c’est que le pic des contaminations n’a pas encore été atteint, à en croire les experts en santé. C’est dire si l’épidémie d’Ebola est encore loin d’être sous contrôle en RDC qui, visiblement, est prise au collet. En tout cas, pour l’heure, rien de rassurant ne se présente aux Congolais qui en ont déjà assez d’enterrer, impuissants, leurs milliers de morts. En effet, il n’existe, à ce jour, aucun vaccin, encore moins un traitement curatif pour contrer la souche Bundibugyo qui est responsable de cette épidémie. Des essais sont certes en cours, avec un premier volontaire vacciné le 24 juillet dernier. Mais les résultats et les validations des agences sanitaires pour envisager le déploiement de ce vaccin sur une zone épidémique se font toujours attendre.Autant dire que la réponse sanitaire proposée par les autorités congolaises, peine à suivre le rythme de la maladie qui continue de gagner du terrain. En clair, la riposte n’est pas à la hauteur de la menace. Comment peut-on limiter la propagation de la maladie, si aujourd’hui, il y a encore des morts qu’on garde trois jours avant d’enterrer ? Comment peut-on stopper les vagues de contaminations si on continue de transporter des cas suspects sur des motos-taxis? Comment peut-on venir à bout de l’épidémie sans l’implication des acteurs qui sont en première ligne de la riposte ? En effet, au moment où le pays est secoué par cette grave crise sanitaire, les médecins des hôpitaux publics sont en grève depuis près de deux mois pour non-paiement de salaire d’une dizaine de mois. Incroyable ! C’est à se demander parfois si la lutte contre le virus Ebola constitue la priorité des autorités de ce pays. On paie gracieusement des députés, mais on n’est pas en mesure de payer les salaires de gens qui risquent leur vie pour en sauver d’autres. C’est tout le paradoxe Félix Tshisekedi qui semble plus préoccupé à s’offrir un troisième mandat qu’à éliminer le virus Ebola qui endeuille son peuple.
La vigilance doit être de mise pour éviter de nouveaux cas en Ouganda
Pendant que la RDC peine à endiguer le mal, l’Ouganda, elle, annonce la fin de l’épidémie d’Ebola. L’annonce a été officiellement faite le 28 juillet dernier, par les autorités du pays, après 42 jours consécutifs sans nouveau cas, selon un mode de calcul propre à Kampala, qui ne correspond pas aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En effet, cette annonce intervient après la sortie de l’hôpital, le 16 juin, du dernier patient encore atteint du virus. Et aucun nouveau cas n’a depuis été détecté sur le territoire ougandais. Mais le dernier cas traité en Ouganda, ne date que du 16 juillet dernier. Ainsi, selon les recommandations de l’OMS, la fin de l’épidémie ne peut donc pas être déclarée avant la fin du mois d’août. C’est dire s’il y a des raisons d’émettre des réserves sur l’annonce du pays de Yoweri Museveni.Qu’à cela ne tienne ! Kampala jubile d’avoir vaincu le monstre craint de tous. On espère juste que le pays ne regrettera pas d’avoir crié trop vite victoire. Toujours est-il que les autorités de ce pays, contrairement à celles de Kinshasa, ont très vite pris des mesures drastiques pour contrer la maladie. Et elles ont plus ou moins porté fruit. Pour autant, Kampala ne doit pas baisser la garde, d’autant plus qu’en RDC voisine, la situation est loin d’être maîtrisée. C’est dire si la vigilance doit être de mise pour éviter de nouveaux cas dans le pays.
«Le Pays»
