SOMMET COREE DU SUD-AFRIQUE SUR L’IA : Au continent noir de savoir en tirer profit sans perdre son âme
L’Afrique est décidément la belle demoiselle aux atouts immenses courtisée par les grandes capitales. En effet, après les sommets France-Afrique, Etats-Unis-Afrique, Russie-Afrique, Chine-Afrique, Japon-Afrique (et la liste est loin d’être exhaustive), voilà la Corée du Sud qui vient s’ajouter à cette longue liste de prétendants qui sont tombés sous le charme des énormes potentialités dont regorge le continent noir. La technique d’approche tentée par ce pays d’Asie de l’Est, c’est le Koafec. Il s’agit d’un sommet de trois jours qui s’est ouvert le 9 septembre dernier. Et Séoul accueille depuis ce jour, 54 délégations africaines qu’elle a réunies autour d’une rencontre économique qui leur offrira l’opportunité de s’entretenir sur des projets de développement commun, notamment en matière de hautes technologies.
Trouver des stratégies pour booster les économiques africaines à l’aide de l’IA
En effet, ce sommet Corée du Sud-Afrique est largement consacré à l’Intelligence artificielle (IA).
C’est une rencontre qui a tout son sens et qui vaut son pensant d’or. D’autant plus que la thématique qui est au cœur des échanges est d’actualité et dont l’importance ne souffre d’aucun débat. Aussi, et il est important de le relever, le pays hôte est une référence en matière de nouvelles technologies. En effet, la Corée du Sud est présentée comme le leader mondial en matière d’Intelligence artificielle. Les pays africains ont donc l’occasion en or de puiser dans le puits du savoir-faire coréen que ce pays est, du reste, disposé à partager avec générosité. En fait, le Koafec est plus qu’un sommet. C’est une chance que le continent noir doit saisir, d’autant plus que cette rencontre offre des perspectives heureuses. En effet, en plus des échanges b 2 b qui peuvent s’avérer fructueux pour les pays participants, il est surtout question, au cours de ce sommet, de trouver des stratégies pour booster les économies africaines à l’aide de l’IA. En tout cas, le patron de la Banque africaine de développement (BAD) est convaincu de l’immense opportunité que représente cette technologie pour l’Afrique. Le Mauritanien Sidi Ould Tah a présenté, à l’occasion de cette rencontre, les potentielles retombées économiques de l’intégration de l’IA aux économies africaines, assurant qu’elle pourrait contribuer à hauteur d’un billion de dollars américains au PIB de l’Afrique d’ici à 2035. Ce qui représente environ 4% de ces économies au cours de la prochaine décennie, selon ses analyses. C’est énorme ; et c’est dire tout le bien qu’une telle mutation pourrait apporter aux économies africaines qui sont en quête de croissance véritable. Sauf qu’il y a des préalables indispensables à remplir. Ce niveau de croissance peut dépasser le seuil des projections pour devenir une réalité tangible au profit des populations à condition que chaque pays, en ce qui le concerne, en fasse les investissements nécessaires. Cela passe d’abord et avant tout, par une maîtrise des outils de l’IA.
Une IA sans conscience ne serait que ruine de l’humanité tout entière
C’est primordial. Parce que cette nouvelle technologie constitue à la fois un atout et un danger pour l’espèce humaine. C’est un levier de progrès capable de révolutionner plusieurs domaines. C’est indéniable. Mais lorsqu’elle n’est pas maîtrisée ou est utilisée à mauvais escient comme il est parfois fâcheux de le constater, cette technologie informatique représente une redoutable arme de destruction massive. D’où l’interpellation du Pape à l’endroit de la communauté scientifique, sur les dangers de ce qu’il a appelé «une IA armée». C’est pourquoi, il appartient au continent noir de savoir en tirer profit sans perdre son âme. Parce que s’il est vrai que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme», comme l’indique l’écrivain humaniste François Rabelais, alors, une IA sans conscience ne serait que ruine de l’humanité tout entière. C’est donc dire que les différentes délégations africaines ne doivent pas se contenter, au cours de ce sommet Corée du Sud-Afrique, de prendre des frais de missions, de dormir dans des hôtels huppés et de prendre la photo de famille de clôture des travaux. C’est une occasion d’apprentissage sur l’IA qu’elles doivent saisir afin de dompter cette technologie, la maîtriser et venir l’adapter, de façon responsable, aux besoins de leurs pays respectifs. C’est d’autant plus important qu’il existe beaucoup de domaines dans lesquels l’intégration de cette nouvelle technologie pourrait faire énormément de bien à l’Afrique. Il s’agit notamment des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la santé, de la pêche et même dans les administrations, que l’IA peut contribuer à révolutionner. Une chose est certaine : l’IA, c’est l’avenir. Et les pays africains ne peuvent pas se permettre de rester en marge de cette évolution technologique.
«Le Pays»
