HomeA la uneNOUVELLE ATTAQUE MEURTRIERE DES ADF EN RDC : Comment arrêter la spirale de la violence au Congo

NOUVELLE ATTAQUE MEURTRIERE DES ADF EN RDC : Comment arrêter la spirale de la violence au Congo


La province de l’Ituri, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a été le théâtre d’un nouveau massacre attribué aux Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation Etat islamique. Au moins treize civils ont été tués et un village entièrement incendié lors de cette incursion nocturne, selon les autorités locales. L’attaque s’inscrit dans la longue série d’exactions perpétrées par cette milice contre les populations rurales de la région, où la violence armée demeure endémique malgré la présence de forces militaires régulières. Ces attaques récurrentes mettent en évidence, une fois de plus, l’obstacle persistant à une paix durable dans l’Est de la RDC.  En effet, depuis fin 2021, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) mènent avec les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF), l’opération conjointe baptisée Shujaa, destinée à démanteler les sanctuaires des ADF dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Près de quatre ans après son lancement, le bilan reste contesté. Si plusieurs bases rebelles ont été détruites, les combattants se sont dispersés en cellules mobiles, multipliant les attaques contre les villages isolés au lieu d’affronter les colonnes militaires. Face à ce drame, la société civile et l’opposition dénoncent l’incapacité des autorités à protéger les civils, malgré le déploiement de moyens conséquents. Le président Felix Tshisekedi est particulièrement pointé du doigt par ses détracteurs qui l’accusent de privilégier la conservation du pouvoir et des calculs politiques, notamment autour de projets de révision constitutionnelle pour un troisième mandat, au détriment de la gestion de la crise sécuritaire dramatique dans l’Est du pays. Comment, dès lors, arrêter la spirale de violence et ramener la paix, dans ce pays où la confiance semble définitivement rompue entre le pouvoir et l’opposition qui estime que les solutions militaires à elles seules, ont peu de chances d’aboutir à une paix durable ?

 

Tshisekedi et les protagonistes de la crise doivent comprendre qu’il est temps d’expérimenter l’amour

 

Le président congolais qui a décidé de ne pas dévier   de sa ligne (Kinshasa refuse toujours de discuter avec  toutes ces organisations qu’elle accuse de  terroriste), entendra-t-il  les cris de déchirement des habitants de l’Ituri ? Des habitants à qui il avait promis, lors de son  passage pendant la campagne électorale, de ramener une paix durable, pour entamer les discussions en vue d’un dialogue national inclusif  comme le recommande  son opposition, notamment, regroupée au sein de la plateforme C64. Une coalition qui exige la convocation effective de ce dialogue avant le 15 août 2026. La question est d’autant plus fondée que   face à cette précarité de la vie dont ils sont désormais otages, des pères de famille ont perdu leurs emplois et des mères de famille ramassent leurs enfants pour s`enfuir de l’Est de la RDC, baluchons sur la tête. Faut-il donc   qu’on atteigne le point de non-retour avant de redresser la barre ? En tout cas, avant que le bilan de ces attaques ne s’alourdisse dans les prochaines heures, le président Felix Tshisekedi, qui fait face à une contestation interne, et tous les protagonistes de la crise en RDC, doivent comprendre qu’après avoir expérimenté la haine, il est maintenant temps d’expérimenter l’amour et le vivre ensemble. Et cela devrait passer nécessairement, par un dialogue national plus large, afin d’offrir   la voie la plus prometteuse vers une stabilité à long terme.

 

ST

 

 

 

 

 

 


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