HomeA la uneLEGISLATIVES AU MAROC : La jeunesse aura-t-elle la tête au vote ?

LEGISLATIVES AU MAROC : La jeunesse aura-t-elle la tête au vote ?


Plus de 16 millions d’électeurs marocains sont appelés, ce 23 septembre 2026, aux urnes, pour élire 395 députés de la Chambre des représentants. Plus de 7 200 candidats issus de 28 partis et de deux listes d’indépendants, sont en lice pour ce scrutin. Lesquels candidats jusqu’à la veille des votes, peinaient à convaincre les électeurs dont nombre sont restés sceptiques quant à la capacité de ceux qui sollicitent leurs voix, à répondre à leurs aspirations légitimes. En effet, ce scrutin se déroule dans un contexte où de nombreux Marocains tirent le diable par la queue, et sont pris à la gorge par la vie chère. Et ce n’est pas tout. Il se tient également dans un contexte de grand désespoir de la jeunesse marocaine qui fait face à un taux de chômage de 37% pour les 15-24 ans.

 

Les Marocains qui se sentent blasés, n’entendent plus se faire conter fleurette

 

Et comme pour ne rien arranger, ces élections ont lieu dans un contexte où de nombreux jeunes Marocains tentent, au prix de leur vie, de franchir l’enclave espagnole de Ceuta à la recherche de meilleures perspectives. On en vient donc à se poser la question suivante : la jeunesse marocaine aura-t-elle la tête au vote ? Rien n’est moins sûr. C’est dire si l’enjeu majeur de cette élection, n’est ni les moyens financiers pour son organisation, ni sa transparence encore mois sa sécurité, mais plutôt le taux de participation. En tout cas, réussir à convaincre les Marocains, notamment la frange jeune, à se rendre massivement aux urnes pour y glisser leur bulletin de vote dans ce contexte de précarité, relève d’une véritable gageure pour les candidats. C’est d’autant plus vrai que les votes ont lieu dans un contexte où les Marocains ont perdu confiance aux acteurs politiques qu’ils accusent de n’avoir pas tenu promesses. C’est dire si ce scrutin qui intervient un an après les manifestations contre la précarité, initiées par le mouvement génération Z, est un véritable défi pour la classe politique marocaine. On est d’autant plus fondé à le penser que la ‘’Gen Z212’’ qui avait secoué le royaume chérifien, en 2025, en réclamant, à cor et à cri, l’amélioration des services publics, notamment la santé, l’éducation et des opportunités pour les jeunes, veut peser dans les urnes, à ces législatives, l’une des étapes cruciales pour la formation du futur gouvernement. Et on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la tâche s’annonce des complexes pour les futurs chefs du gouvernement et de la Chambre des représentants. Car, les Marocains qui se sentent blasés, n’entendent plus se faire conter fleurette. Ils veulent des actes concrets qui impacteront durablement leur quotidien. Autant dire que les défis qui attendent le futur gouvernement sont titanesques.  Cela dit, ces législatives constituent, à n’en point douter, un test de confiance pour le gouvernement actuel. En tout cas, la coalition gouvernementale dirigée par Aziz Akhannouch, joue gros dans cette joute électorale, ce d’autant que son avenir en dépend. Comme le prévoit la Constitution marocaine, le futur chef du gouvernement sera désigné par le roi Mohamed VI dans les rangs du parti victorieux aux législatives.

 

De ces élections, se joue l’avenir de la jeunesse marocaine

 

Dès lors, on comprend pourquoi les acteurs politiques se battent comme de beaux diables en vue de rafler la mise. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce scrutin va rebattre les cartes sur l’échiquier politique marocain. En tout cas, ce scrutin redonnera un nouveau dynamisme à la classe politique marocaine qui semble de plus en plus contestée par une jeunesse qui se sent oubliée. Toutefois, cette classe politique saura-t-elle tirer leçon de son impopularité et œuvrer à inverser la tendance ? L’avenir nous le dira. En attendant, la classe dirigeante marocaine a tout intérêt à travailler à redonner confiance à sa jeunesse qui aura mis à nu l’échec de ses politiques de développement économique et social. C’est dire aussi si le roi qui bénéficie jusque-là de la confiance des Marocains, ne doit pas dormir sur ses lauriers au risque d’avoir un réveil brutal et cinglant. Si le Maroc a échappé au printemps arabe et résisté aux bourrasques de GZ212, c’est sans nul doute que les Marocains sont très attachés à la monarchie constitutionnelle. Autant dire que la question d’emplois des jeunes qui domine ce scrutin, doit aussi être prise à bras-le-corps par le roi Mohamed VI. Et plus il en fera une préoccupation majeure, plus la classe politique se verra contrainte de s’y intéresser. En tout état de cause, de ces élections, se joue l’avenir de la jeunesse marocaine qui, malheureusement, est sous représentée dans le corps électoral, soit environ 4% des électeurs inscrits, pour les jeunes de 18 à 24 ans.

 

 « Le Pays »


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