HomeA la uneDEFAITE DE DONALD TRUMP AUX « MIDTERMS » AUX USA : L’Afrique doit-elle en rire ou en pleurer ?

DEFAITE DE DONALD TRUMP AUX « MIDTERMS » AUX USA : L’Afrique doit-elle en rire ou en pleurer ?


Les élections américaines de mi-mandat du président Donald Trump, organisées le 3 novembre dernier, ont été une véritable douche froide pour les Républicains qui perdent le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat au profit des Démocrates qui ont opéré une véritable razzia. Un basculement des deux chambres du Congrès, encore inimaginable il y a quelques mois, et qui ouvre une période de gouvernance difficile pour le 47e président américain contraint à la cohabitation, à deux ans de la fin de son départ de la Maison Blanche.   Toujours est-il que c’est une défaite qui change le rapport de forces aux Etats-Unis où le locataire de la Maison Blanche qui faisait feu de tout bois, n’aura plus les mains totalement libres dans la conduite de son agenda politique. Car, en plus de contrôler davantage l’action du gouvernement ou encore de peser sur les négociations budgétaires, la nouvelle majorité pourra désormais bloquer certaines initiatives présidentielles et même enquêter sur des décisions de l’Administration. C’est donc un Donald Trump véritablement affaibli, qui entame la deuxième moitié de son dernier mandat constitutionnel. Et tout porte à croire qu’il aura appris la leçon puisqu’en plus d’accepter sa défaite, il se dit prêt à travailler avec les Démocrates. Une disposition d’esprit qu’il faut saluer à sa juste valeur pour un personnage aussi imprévisible que l’homme d’affaires devenu président, qui n’avait pas hésité à appeler ses partisans à envahir le Capitole, en pleine contestation des résultats de la présidentielle de 2020 qui le donnaient perdant. Mais cette fois-ci, et face au verdict sans appel des urnes, tout porte à croire que l’iconoclaste occupant du Bureau Ovale n’avait pas le choix que de faire profil bas.

 

Cette victoire des Démocrates pourrait peser dans la balance

 

Quoi qu’il en soit, c’est une déroute électorale des Républicains qui traduit le mécontentement des Américains par rapport à la politique de leur président, et qui marque un tournant dans la gouvernance de Donald Trump. Et vus d’Afrique, ces résultats ont aussi leur importance au regard des rapports difficiles à la limite du manque de considération que le président américain entretient avec le continent noir. Toujours est-il qu’entre résiliation de programmes de financements ou de l’aide au développement, suspension de pays de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) qui accorde des préférences commerciales à plusieurs pays africains pour leurs exportations aux Etats-Unis, durcissement des conditions de visas et d’immigration aux Etats-Unis, ils ne sont pas nombreux, les Africains ou leurs dirigeants qui pleureront cette défaite cuisante du milliardaire président.  Bien au contraire. Ils sont nombreux à espérer que cette victoire des Démocrates pourrait peser dans la balance de sorte à infléchir peu ou prou la politique étrangère de Donald Trump envers l’Afrique.  Plusieurs décisions de son Administration, ont profondément affecté les relations des Etats-Unis avec le continent noir. Ainsi en est-il, par exemple, de la suppression, à partir de 2025, de l’USAID qui a un impact humanitaire sur le continent noir, et dont les premiers effets se sont traduits par l’effondrement de programmes de santé.

 

 

Donald Trump a poussé le bouchon trop loin dans la prise de certaines décisions

 

 

  Notamment dans la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme et d’autres maladies infectieuses et virales. Il y a aussi l’insécurité alimentaire qui s’est accentuée par-endroits, avec l’interruption de leurs programmes par certaines ONG. C’est dire combien la politique étrangère de l’iconoclaste président américain n’a pas été de bonheur pour l’Afrique. Et ce revers électoral des Républicains a d’autant plus de quoi redonner espoir aux Africains qu’il semble sonner le chant du cygne du trumpisme pur et dur. Même si cela est loin de signifier la mort politique pour Donald Trump qui, malgré sa défaite aux Midterms, conserve des pouvoirs et des moyens d’actions contre ses adversaires politiques. En tout état de cause, ce basculement du Congrès désormais dominé par les Démocrates, n’est pas un fait nouveau en Amérique. Il traduit la vitalité de la démocratie américaine. Mais tout porte à croire que Donald Trump a poussé le bouchon trop loin dans la prise de certaines décisions ; ce qui lui vaut ce désaveu cinglant de la part de ses compatriotes qui lui ont retiré leur confiance dans les urnes. Et selon toute vraisemblance, la guerre en Iran a pesé dans la balance, comme il a dû, du reste, lui-même l’admettre. Pour autant, cela l’amènera-t-il à mettre de l’eau dans son vin et à changer de paradigme dans sa politique étrangère y compris envers l’Afrique ? On attend de voir.

 

« Le Pays »


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