HomeA la uneBARRE DE 2 000 MORTS LIEES A EBOLA, FRANCHIE EN RDC : Que nous réserve demain ?

BARRE DE 2 000 MORTS LIEES A EBOLA, FRANCHIE EN RDC : Que nous réserve demain ?


En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola progresse à vitesse grand V. La preuve, la barre de 2 000 morts liées à ce mal qui répand la terreur, a été franchie, le 11 août dernier, poussant plus d’une personne à se poser la question suivante : que nous réserve demain ? Pour l’heure, nul n’a la réponse. Mais une chose est certaine. Cette progression de la maladie suscite des inquiétudes aussi bien des autorités nationales que de la communauté internationale qui ne savent plus à quel… médecin se fier. En effet, déclarée le 15 mai 2026 avec seulement quelques cas, la maladie a franchi le seuil de 4 300 cas confirmés, avec un taux de motalité atteignant 45%, se positionnant ainsi comme l’épidémie d’Ebola la plus rapide et la plus meurtrière de l’histoire de la RDC, et étant susceptible de devenir la plus grande jamais enregistrée dans le monde, selon les autorités sanitaires.

 

Ebola passe aussi par la résolution de la crise sécuritaire

 

Toujours est-il que le bilan de cette 17e épidémie d’Ebola se rapproche dangereusement de celui de la crise de 2018-2020 qui avait laissé sur le carreau, plus de 2 300 cadavres pour 3 500 cas enregistrés. De là à penser que la maladie est hors de contrôle, c’est un pas que d’aucuns ont vite fait de franchir. Et ils n’ont pas totalement tort. En effet, contrairement à bien des épidémies d’Ebola que la RDC a connues, le virus Bundibugyo qui fait ravage dans la région de l’Est, est une souche rare contre laquelle aucun vaccin spécifique ni traitement homologué n’est disponible. Certes, des essais cliniques sont en cours avec certains vaccins, en l’occurrence le vaccin Ervebo, mais entre les phases d’essais et la réception effective des doses pour les malades, il y a un long chemin à parcourir. Si la maladie semble hors de portée, c’est aussi lié au faible engagement des autorités congolaises qui donnent l’impression de ne compter que sur la communauté internationale. En tout cas, sur le terrain de la lutte contre Ebola, le président de la République, Félix Tshisekedi ne semble pas percutant en termes d’actions fortes. Et comme pour ne rien arranger, la crise sécuritaire qui sévit dans l’Est de la RDC plombe les efforts de nombreux acteurs engagés dans la lutte contre Ebola. Pouvait-il en être autrement quand on sait qu’une partie du territoire échappe au contrôle des autorités congolaises ?  Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de soigner des malades sous le crépitement d’armes de guerre. C’est dire si une lutte implacable contre Ebola passe aussi par la résolution de la crise sécuritaire. Mais Fatshi est-il capable de trouver un modus vivendi avec les rebelles qui écument l’Est du pays, pour faciliter l’accès des malades aux soignants et un meilleur acheminement de médicaments dans cette zone ? On n’en doute fort. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la progression inédite d’Ebola, est une mauvaise nouvelle pour la RDC. Elle traduit, à bien des égards, l’impuissance des autorités de ce pays. Et plutôt que de chercher à mobiliser son peuple contre cette épidémie meurtrière, le locataire du Palais de marbre préfère protéger son fauteuil.

 

Le président Tshisekedi joue gros dans cette affaire de troisième mandat

 

C’est d’autant plus vrai que son projet de troisième mandat continue de faire son petit bonhomme de chemin et ce, malgré l’opposition de bien des Congolais et pas des moindres. Le dernier tir de sommation contre ce projet référendaire, vient d’une coalition de 65 organisations de la société civile. Elle appelle le président à renoncer à son projet de référendum constitutionnel et à ne pas promulguer la loi fixant les conditions de son organisation, car inopportune à ses yeux, au regard des urgences nationales. Sera-t-elle entendue ? L’avenir nous le dira. En attendant, tout laisse croire que le fils d’Etienne Tshisekedi est déterminé à enjamber des cadavres pour briguer un troisième mandat. On est d’autant plus fondé à le penser qu’en dépit des défis colossaux auxquels la RDC fait face actuellement, et des multiples appels à ne pas franchir la ligne rouge, Fatshi reste de marbre. Même les religieux semblent prêcher dans le désert. Une posture qui ne favorise pas une mobilisation populaire contre les maux qui rongent la RDC. Autant dire que le président Tshisekedi joue gros dans cette affaire de troisième mandat. Car, ni l’opposition, ni la société civile qui sont vent debout contre ce projet de référendum constitutionnel, n’ont encore pas dit leur dernier mot. C’est dire s’il gagnerait à écouter moins ses courtisans au risque de se retrouver groggy de ses propres turpitudes. En tout état de cause, si le président Félix Tshisekedi souhaite éviter le sort de son prédécesseur Joseph Kabila, il a tout intérêt à davantage mûrir la réflexion sur son projet pour le moins controversé.

 

« Le Pays »

 


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