SCOLARITE DES ENFANTS : Ces papas qui fuient leurs responsabilités
La cloche de la rentrée scolaire va bientôt sonner. Pour certaines familles, ce n’est pas une fête, mais une véritable course contre la montre, sur un terrain financier particulièrement escarpé : frais de scolarité, fournitures, uniformes, cantine, transport… Et pendant que certains parents se démènent pour maintenir leurs enfants sur les bancs de l’école, d’autres choisissent de fuir leurs responsabilités.Il s’agit précisément de ces papas qui connaissent parfaitement le chemin de la chambre conjugale, mais qui semblent perdre leur boussole dès qu’il s’agit de prendre celui de l’école. Bien sûr, la pauvreté, le chômage, la perte d’un emploi, la baisse des revenus ou les coups durs de la vie peuvent pousser même un père courageux dans ses derniers retranchements. Celui qui ne peut réellement pas payer mérite de l’aide, pas des reproches. Mais entre ne pas pouvoir payer et ne pas vouloir payer, il y a tout un monde. C’est précisément dans cet espace que se cachent certains parents démissionnaires qui considèrent l’enfant comme un simple souvenir du mariage, voire comme une arme de vengeance, plutôt que comme un être à qui ils doivent donner toutes les chances de réussir. Ces géniteurs en papier mâché semblent oublier qu’on peut divorcer d’une épouse, mais jamais de sa responsabilité de père.Le cas le plus révoltant est celui du père qui transforme les frais de scolarité en arme de vengeance. Monsieur et madame se séparent, la rancœur s’installe et, brusquement, papa ferme le robinet. Puisque maman est partie, il ne paiera plus. Puisque le couple est cassé, il faudrait que les enfants paient aussi les pots casssés.
Ne faites pas payer à des innocents, les débris d’un couple qui s’est fracassé
Quelle petitesse ! Les enfants, pourtant, n’ont demandé ni le mariage, ni le divorce, ni les querelles de leurs parents. Pourquoi devraient-ils payer la facture d’une guerre qui n’est pas la leur ? Ils ne sont ni des arbitres ni des soldats dans une guerre conjugale. Pour éviter leur déscolarisation, la mère court alors dans tous les sens. Elle emprunte, se prive, sollicite la famille et vend parfois ce qu’elle possède. Pendant ce temps, les enfants observent. Ils enregistrent. Ils comparent. Et lorsque le non-paiement relève moins de l’absence de moyens que d’un refus délibéré d’assumer ses responsabilités, le regard qu’ils portent sur leur père peut se transformer en déception, voire en profond ressentiment. Mais il faut aussi se garder d’une autre dérive. Une mère meurtrie qui transforme ses enfants en témoins permanents des fautes de leur père peut, elle aussi, creuser un fossé. A force de les enrôler dans une guerre qui n’est pas la leur, elle risque de les charger d’un fardeau qui n’est pas celui de leur âge. Et pendant que les parents règlent leurs comptes, c’est l’enfant qui paie les intérêts.Alors, messieurs, à la veille de la rentrée scolaire, si les moyens vous manquent, dites-le. Si la situation est difficile, dialoguez. Si vous êtes réellement dans l’incapacité de payer, cherchez de l’aide et acceptez-en. Mais de grâce, ne transformez pas la scolarité de vos enfants en monnaie de vengeance. Ne faites pas payer à des innocents, les débris d’un couple qui s’est fracassé. Et surtout, ne remplacez pas l’amour filial par le sentiment douloureux d’avoir été abandonnés par celui qui leur devait protection, affection et responsabilité.
Sidzabda
