HomeA la uneREUNION DES CHEFS D’ETAT-MAJOR DE LA CEDEAO EN SIERRA LEONE : Le tout n’est pas de mettre en place une force anti-terroriste

REUNION DES CHEFS D’ETAT-MAJOR DE LA CEDEAO EN SIERRA LEONE : Le tout n’est pas de mettre en place une force anti-terroriste


Cette fois-ci est peut-être la bonne! Après plusieurs annonces qui ne se sont pas révélées concluantes, la “Force en attente” de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), va peut-être finir par voir le jour. En tout cas, les choses se précisent, de plus en plus, sur la mise en place effective de cette force unifiée dont l’un des objectifs est de lutter contre le terrorisme dans la sous-région ouest-africaine. En effet, les chefs d’état-major des pays membres de l’organisation sont réunis depuis le 24 février, à Freetown en Sierra Leone, pour réfléchir sur les mécanismes de mise en œuvre de cette force. Et visiblement, les choses devraient aller plus vite.

 

La CEDEAO donne la preuve qu’elle a appris de ses erreurs

 

En effet, l’objectif à l’interne, est de tout faire pour que cette “Force en attente” n’attende plus, qu’elle puisse voir le jour d’ici à la fin de l’année. C’est dire si la rencontre des hauts gradés des Etats membres de l’organisation sous-régionale, constitue une étape décisive dans la concrétisation de cette ambition. A preuve, c’est au cours de cette réunion que chaque pays devrait annoncer le nombre de soldats qu’il mettra à la disposition de la force. Et pour un début, on parle d’un effectif d’environ 2 000 soldats qui vont être mobilisés. On est, pour l’instant, très loin des 260 000 hommes annoncés comme effectif à terme de la “Force en attente”, un chiffre communiqué lors du dernier sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO en août 2025. Mais c’est déjà un bon début qui tranche avec les grandes annonces qui n’ont jamais été suivies d’effets. C’est le début d’un rêve longtemps nourri par les populations de l’espace communautaire, de voir leurs armées unies un jour pour faire face aux menaces qui mettent en péril leur sécurité et leur quiétude. En décidant enfin de mettre sur pied cette brigade régionale anti-terroriste, la CEDEAO donne la preuve qu’elle a appris de ses erreurs. En effet, certaines populations, notamment celles du Sahel, ont souvent reproché, à juste titre, à l’organisation ouest- africaine, son inaction, voire son impassibilité face à la crise terroriste qui frappait leurs pays respectifs. En vérité, l’organisation était plutôt désireuse de bander les muscles pour déloger ceux qui sont arrivés au pouvoir par les armes dans ces pays, qu’à les soutenir dans leur lutte contre l’hydre terroriste. Mais comme on le dit, “mieux vaut tard que jamais”. Et la CEDEAO a pris la bonne décision en constituant sa “Force en attente”. Face aux menaces multiformes qui viennent de toutes parts, cette force conjointe sera cruciale pour la stabilité et la sécurité régionales. Elle sera d’autant plus nécessaire qu’elle permettra de combattre le terrorisme, le banditisme, l’extrémisme violent, les crimes transfrontaliers et l’instabilité politique. En fait, ce sont les principales missions assignées à cette force unifiée qui, faut-il le préciser, est toujours en gestation. La réalité est qu’elle n’est pas encore effective. Et le plus grand défi sera de travailler à la rendre opérationnelle. C’est dire si le tout n’est pas de mettre en place une force anti-terroriste. Loin de là.

 

La menace terroriste se moque des frontières géographiques

 

Le plus dur et le plus important, c’est de la faire fonctionner. Et ce n’est pas un combat gagné d’avance quand on sait que de pareilles initiatives sur le continent, ont fait chou blanc à cause du nerf de la guerre. En effet, si le G5 Sahel, cette force conjointe qui était composée du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, est morte de sa belle mort, c’est en partie à cause de ses problèmes de financement. C’est dire si la CEDEAO devra résoudre cette épineuse équation sans, pour autant, compromettre l’initiative dans des dépendances extérieures.  Aussi, cette “Force en attente” ne saurait être efficace sur le terrain sans une véritable coopération avec les pays du Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger. En rappel, ces trois pays, sur fond de désaccords profonds avec la CEDEAO, ont quitté l’organisation pour créer l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Ils ont même déjà constitué leur force conjointe. Dans un contexte marqué par une rupture de confiance entre les dirigeants de l’AES et certains chefs d’Etat membres de la CEDEAO, l’autre défi pour l’organisation ouest-africaine, est de rendre cette coopération possible avec ces trois pays qui, à force d’en découdre avec l’hydre terroriste, ont fini par accumuler une certaine expérience dans cette lutte. Cette coopération si elle voyait le jour, ne serait que bénéfique à tout le monde. Une chose est en tout cas sûre : la menace terroriste se moque des frontières géographiques, et aucun pays n’en est à l’abri.

 

“Le Pays”


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