HomeA la uneACCORD DE PAIX PROVISOIRE AU MOYEN-ORIENT: On croise les doigts  

ACCORD DE PAIX PROVISOIRE AU MOYEN-ORIENT: On croise les doigts  


S’achemine-t-on vers la fin de la guerre au Moyen-Orient ? C’est la question que bien des observateurs se posent depuis que les Etats-Unis et l’Iran ont annoncé, le 15 juin dernier, qu’ils étaient parvenus à un protocole d’accord visant à mettre fin aux hostilités et permettre la réouverture du Détroit d’Ormuz. Et on croise les doigts pour que cet accord se concrétise, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que le président américain, Donald Trump, annonce une telle nouvelle. Cette fois-ci sera-t-elle alors la bonne ? On ose l’espérer. Puisqu’au-delà des deux protagonistes qui se sont exprimés sur la question, le médiateur pakistanais est allé aussi de ses déclarations dans le même sens.

 

Le chemin de la paix au Moyen-Orient, reste encore parsemé d’embûches

 

Et à l’en croire, les négociations ont été d’autant plus laborieuses que jusqu’au 14 juin dernier, les responsables qatariens qui sont aussi de la médiation, étaient encore au pays des Ayatollahs pour peaufiner les derniers éléments de cet accord qui prévoit, entre autres, la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, de même que la réouverture du détroit d’Ormuz. Vu d’Afrique, c’est plutôt une bonne nouvelle et l’on espère que l’accord va tenir la route. En tout cas, ce serait un grand soulagement pour tout le monde, au regard des effets pervers de cette crise, aussi bien sur les prix du carburant qui ont connu une hausse vertigineuse, que sur le marché des engrais qui est aussi fortement impacté, au moment où la saison des pluies et des cultures s’installe progressivement dans bien des pays du continent africain. Au-delà, tout porte à croire que les protagonistes ont aussi tout à gagner d’une désescalade parce qu’après plus de trois mois d’hostilités ouvertes, le poids de la guerre se fait sentir de tous les côtés. En effet, sur le plan interne aux Etats-Unis, le locataire de la Maison Blanche qui croyait, au départ, faire une guerre éclaire, n’est pas loin de perdre ses illusions dans un contexte où l’octogénaire président républicain n’a jamais cessé d’essuyer les critiques dans son pays où une grande partie de l’opinion ne cache pas son hostilité à cette guerre. Quant à l’Iran qui subit de plein fouet les frappes américaines et israéliennes, les conséquences de cette guerre sont multiples. Autant dire qu’avec l’annonce de cet accord de paix provisoire, l’espoir est permis. Mais il faut rester prudent. Car, le chemin de la paix au Moyen-Orient, reste encore parsemé d’embûches. A commencer par l’allié israélien de Washington qui a du mal à se départir de son attitude va-t-en-guerre et qui reste toujours imprévisible. Il y a aussi la question de l’avenir du programme nucléaire iranien, qui reste un point d’achoppement majeur. Sans oublier le fait que tout dépendra de la capacité des parties à tenir leurs engagements. Autant dire que le plus dur commence maintenant, dans un contexte où la confiance ne semble pas la chose la mieux partagée entre les belligérants. Avec, d’un côté, des Etats-Unis qui ne voient pas d’un bon œil l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran et qui semblent décidés à l’en empêcher.

 

L’impact d’une éventuelle désescalade au Moyen-Orient, pourrait se ressentir jusqu’en Afrique

 

Et de l’autre, le pays des Ayatollahs qui reste jaloux de sa souveraineté et n’entend pas s’en laisser conter. C’est dire si les négociations qui vont s’ouvrir, ne s’annoncent pas comme une sinécure dans un contexte où les rivalités géopolitiques, militaires et idéologiques restent encore prégnantes. Et rien ne dit que certains acteurs ne travailleront pas à faire capoter l’accord. C’est dire aussi si, à travers ce protocole d’accord, c’est une étape décisive qui vient d’être franchie. Reste à savoir si les protagonistes pourront aller jusqu’au bout du processus, pour donner une chance à la paix. En tout état de cause, si les hostilités cessent et que l’accord aboutit, c’est une situation qui aura un impact positif sur les belligérants qui sont en train de payer un lourd tribut à la guerre. Et Donald Trump pourrait d’autant plus entraîner Benjamin Netanyahu dans son sillage en vue d’infléchir sa position, que le Premier ministre israélien doit quelque part la survie de son régime à l’engagement de Washington pour sa cause. Toujours est-il que l’impact d’une éventuelle désescalade au Moyen-Orient, pourrait se ressentir jusqu’en Afrique en termes de baisse du prix du pétrole et de disponibilité des engrais. Et l’Afrique n’en demande pas moins.

 

« Le Pays »


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