HomeA la uneAFFAIRE 3e MANDAT EN RDC ET EN MAURITANIE : Tshisekedi et Ghazouani franchiront-ils le pas ?

AFFAIRE 3e MANDAT EN RDC ET EN MAURITANIE : Tshisekedi et Ghazouani franchiront-ils le pas ?


La République démocratique du Congo (RDC)  et la Mauritanie sont deux pays éloignés l’un de l’autre, que l’actualité politique rapproche à tout point de vue. En effet, dans ces deux pays qui ont connu l’alternance politique au cours de cette dernière décennie, il se pose, de plus en plus, la question d’un troisième mandat qui, comme on pouvait s’y attendre, divise et ravive les tensions. Si fait que les uns et les autres se posent la question suivante : les  présidents Félix Tshisekedi et Mohamed Ould Ghazouani franchiront-ils le pas ? Si, pour l’instant, il est difficile de répondre à cette question, les deux personnalités donnent tout de même l’impression d’avancer masquées, usant, comme on le sait, de la recette bien connue qui  consiste à sonder l’opinion à travers les sorties de fidèles  lieutenants.

 

Le président Félix Tshisékedi reste droit dans ses bottes

 

C’est, par exemple, le cas depuis maintenant près de deux ans en RDC où le débat sur un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisékedi fait rage. Les choses sont d’ailleurs allées très vite depuis que l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi permettant au chef de l’Etat d’organiser un référendum en vue de briguer un troisième mandat. La suite, on la connaît. Car, l’atmosphère sociopolitique s’est crispée davantage, l’opposition politique et la société civile n’entendant pas s’en laisser conter. Elles font feu de tout bois pour barrer la route au président Félix Tshisekedi. A preuve, après une journée ville morte qui fut un franc-succès, la C64, du nom de la plateforme qui réunit tous les opposants à un éventuel troisième mandat, a remis le couvert en appelant ses ouailles à observer un sit-in devant le siège du parlement. La manif ayant été interdite, l’opposition a décidé de croiser le fer en affrontant les forces de l’ordre qui s’étaient massivement déployées  pour la circonstance. Le bilan fait état de cadavres laissés sur le carreau sans compter les blessés parmi lesquels se compte l’une des figures de proue de l’opposition, en l’occurrence Martin Fayulu. On oublie volontiers les interpellations dont on dit qu’elles se comptent par dizaines. C’est dire si le président Félix Tshisékedi reste droit dans ses bottes. Il n’entend pas reculer et semble prêt à tout, fût-ce par un passage en force, pour obtenir la prolongation de son bail  à la tête de l’Etat. On se rappelle qu’alors opposant, Félix Tshisékedi, aux côtés de ses camarades à qui il ne fait pas de quartier aujourd’hui, s’était opposé par tous les moyens à la volonté de son prédécesseur, Joseph Kabila, de rebeloter pour un énième mandat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la lutte avait payé puisqu’acculé de toutes parts, Kabila n’avait eu d’autre choix que de courber l’échine en se choisissant un dauphin qui, au final, a été battu à plate couture parce que ne faisant pas le poids. En choisissant donc de répéter les mêmes erreurs, tout en s’attendant à des résultats différents, Félix Tshisekedi  file du mauvais coton. On peut même dire qu’il a moins de mérite que Kabila qui, même s’il est  vrai qu’il a cédé sous la pression de la rue, se sera montré plus responsable.

 

Mohamed Ould Ghazouani laisse les élus de son camp, tâter le terrain

 

Mutatis mutandi, on pourrait en dire autant pour le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani. En effet,  voilà un homme qui a su contraindre au renoncement, son mentor d’hier, en l’occurrence, Mohamed Ould Abdel Aziz qui manœuvrait pour s’accrocher au pouvoir. Mais aujourd’hui, Ghazouani semble engagé sur le même chemin. Tout comme son homologue de la RDC,  Mohamed Ould Ghazouani laisse les élus de son camp tâter le terrain. Et la fréquence des sorties de ces dernier, a pris une telle ampleur que la polémique autour d’un éventuel mandat du chef de l’Etat, a commencé à enfler au point même de compromettre, pour ainsi dire, la perspective du dialogue national que les uns et les autres appellent de leurs vœux. Pour autant que  Mohamed Ould Ghazouani ne veuille pas d’un nouveau mandat, il devrait siffler la fin de la récréation à travers une sortie rassurante et sans ambiguïté, qui mettrait au pas les uns et les autres. Mieux, il pourrait choisir de sévir, comme l’a fait le président nigérien d’alors, Mahamadou Issouffou, qui n’avait pas hésité à jeter en prison, ceux qui, parmi ses militants et sympathisants, l’appelaient ouvertement à modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat. Mais comme on le sait, le Niger n’est pas la Mauritanie, si fait que ce qui paraissait indécent à Niamey ne l’est pas forcément à Nouakchott.

 

« Le Pays »


No Comments

Leave A Comment